
Une comédie sociale sur l'émancipation des femmes dans l'Espagne des années 1970, sortie en France le 11 novembre
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Le film « Pioneras », sorti en France sous le titre « À jamais les premières », s'inspire des souvenirs d'enfance de la réalisatrice Marta Diaz de Lope Diaz. Il raconte l'histoire des premières femmes ayant joué au football en Espagne dans les années 1970, face à l'hostilité des autorités et de la société. L'Espagne a reconnu son équipe nationale féminine en 1981 et est aujourd'hui championne du monde féminine et masculine.
Au pays des machos, dans les années 1970, les filles souhaitant jouer au ballon plutôt qu'à la poupée avaient intérêt à prévoir des bouchons d'oreilles. "Retourne dans ta cuisine, garçon manqué !", "Putains !", "On voit vos culs"... Voici quelques-unes des expressions fleuries que les premières femmes ayant osé disputer aux hommes leur pré carré, le terrain de football, ont pu entendre avant d'entrer en jeu.
En Espagne, cette comédie de mœurs s'intitule Pioneras, qui signifie "pionnières". Elle sort en France mercredi 11 novembre sous un nouveau titre qui ravira les supporters de l'Olympique de Marseille : À jamais les premières, référence amusante à la première victoire d'un club français en Ligue des champions en 1993.
La réalisatrice Marta Diaz de Lope Diaz, également co-scénariste du film, s'est inspirée de ses souvenirs d'enfance. "Dans la cour de récréation, j'étais la seule fille qui jouait au football avec les garçons. J'ai toujours eu cette impression de faire quelque chose que je n'aurais pas dû, ou d'être à un endroit qui ne m'était pas destiné." Même si l'histoire du film se déroule en 1970, la cinéaste pense qu'elle reste d'actualité : "Combien de générations de filles ont grandi en entendant dire que le football n'était pas pour elles ?" Son film vise à briser ce stéréotype en racontant l'histoire des premières à s'être rebellées contre cette idée, ouvrant la voie "à toutes celles qui ont suivi et à toutes celles qui viendront".
Une sélection espagnole championne du monde
Rappelons qu'en 2023, à Sydney, les joueuses de l'équipe nationale espagnole ont gagné face à l'Angleterre leur première Coupe du monde. La sélection masculine l'ayant emporté l'été dernier face à l'Argentine, l'Espagne est donc tenante du titre dans les deux sexes. Le 26 octobre, c'est une joueuse catalane, Alexia Putellas qui s'est vue octroyer le Ballon d'or féminin pour la troisième fois, égalant le record établi par sa compatriote Aitana Bonmati. Sur un total de huit Ballons d'or, les Espagnoles en ont remporté six !
L'héroïne de Pioneras s'appelle Natividad, "nativité" en français. Avec un tel prénom, elle fréquente, cela va sans dire, une école catholique. Cette adolescente réservée voue une passion secrète au football. Sa mère, qui l'élève seule, préfère la cantonner à la maison où elle doit s'occuper de ses frères et sœurs. Nati – son surnom – joue en cachette avec les garçons du quartier de Villaverde, à Madrid. Ils l'acceptent dans leurs rangs, mais ne lui font jamais de passes. Nati apprend donc à dribbler et à marquer des buts en ne comptant que sur elle-même.
Quand Javier Poga – personnage inspiré par Rafael Muga, premier sélectionneur de l'équipe féminine – décide de constituer un onze féminin, il le fait d'abord pour créer l'événement et ramener du public dans les tribunes. Avant de découvrir que ces jeunes femmes, issues de milieux variés, ont un vrai potentiel. Il trouve même que la "géniale" Nati joue mieux que son meilleur attaquant masculin. Avec l'appui d'une journaliste sportive, obligée d'écrire ses articles sous un pseudonyme masculin pour être jugée crédible, il décide de parier sur l'avenir du foot féminin. Il se bat, avec des moyens parfois discutables, pour créer la première sélection nationale espagnole.
Une comédie sociale sur l'émancipation
À jamais les premières est une comédie sociale qui, au travers du football, traite de l'émancipation des femmes et des injonctions pesant sur les jeunes, y compris les garçons, dans les sociétés patriarcales. Un monde de carcans persistant dans certains pays. On pense au cas extrême de l'Afghanistan où les talibans ont depuis cinq ans effacé les femmes de l'espace public, leur interdisant notamment de faire du sport.
Dans le film, le football féminin est vu d'un très mauvais œil par les autorités. Une responsable n'hésite pas à prétendre qu'il peut "affecter la capacité de procréation". Les femmes plus âgées y voient une perversion. Le président de la Fédération de football n'est pas contre, mais il trouve que "ce n'est pas très féminin" et souhaite que le foot reste pour ces dames un simple amusement. Elles n'ont pas de vestiaires, pas d'équipements adaptés à leur taille. Il faudra beaucoup de détermination et de courage aux héroïnes du film pour affronter les mères, les pères, les grands frères... et tous les quolibets.
Malgré un scénario bien trop prévisible, la réalisatrice de Pioneras fait montre d'une vraie tendresse pour ses personnages et sait les rendre attachants. Dans sa galerie de portraits : une coiffeuse, une infirmière, une étudiante engagée contre le franquisme, une journaliste passionnée de football, un promoteur sportif ambitieux et baratineur, un jeune garçon qui n'aime pas le foot, un grand frère présomptueux... Leurs parcours s'entrelacent et finissent par tisser la matière de ce petit film humaniste et gentiment militant. Les décors "vintage", très réussis, nous replongent dans l'atmosphère de l'Espagne du début des années 1970.
Cette fiction, basée sur des faits historiques, intègre des images d'archives bien réelles. En Espagne, il a fallu attendre 1981 pour que la Fédération de football reconnaisse son équipe nationale féminine. Elle participera à la prochaine Coupe du monde organisée au Brésil en 2027. À partir de 2031, la Fifa a même annoncé que "compte tenu des progrès remarquables réalisés récemment par le football féminin à travers le monde", le nombre d'équipes en compétition passerait de 32 à 48, comme pour l'épreuve masculine.
À jamais les premières invite les futures championnes à tacler tous les préjugés pouvant persister.
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Le film connaîtra un succès modéré en France auprès du public intéressé par le football féminin et les questions d'égalité
Possible · Within weeks
La Coupe du monde féminine 2027 au Brésil verra une participation accrue avec l'expansion à 48 équipes annoncée par la Fifa
Very likely · Within months

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