
Le préfet du Rhône a condamné la récupération politique d'un rassemblement de soutien aux commerçants par un groupe d'ultradroite lundi soir à Lyon.
Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, s'est déclaré furieux après le défilé d'un groupe d'ultradroite ayant récupéré un rassemblement de soutien aux commerçants lundi soir à Lyon, en marge du couvre-feu.
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Un rassemblement de soutien aux commerçants s'est tenu place Bellecour à Lyon avant l'entrée en vigueur d'un couvre-feu.
Le préfet du Rhône s'est déclaré « furieux » mardi, au lendemain du bref défilé d'un groupe d'ultradroite à l'issue d'un rassemblement en soutien aux commerçants et aux forces de l'ordre, lundi soir à Lyon, alors que débutait le couvre-feu.
Le préfet, Étienne Guyot, « est furieux de cette volonté de récupération », a fait savoir la préfecture dans une déclaration envoyée à la presse. Le rassemblement de soutien aux commerçants, qui se voulait apolitique, s'est tenu place Bellecour « avant l'entrée en vigueur du couvre-feu, avec la présence d'élus en écharpe », rappellent les services de l'État, et s'est dispersé « de manière à (le) respecter ».
Environ 500 personnes, selon les organisateurs, s'étaient réunies vers 20 heures après les violences et pillages de samedi, qui ont touché plus de 150 commerces dans la presqu'île de Lyon. La préfecture du Rhône avait annoncé peu de temps auparavant l'interdiction des manifestations de 18 à 21 heures dans l'hypercentre et l'instauration d'un couvre-feu de 21 heures jusqu'à 6 heures mardi. « Au moment de la dispersion, des individus identifiés a posteriori comme appartenant à l'ultradroite se sont alors constitués en groupe après s'être mêlés de manière insidieuse au rassemblement pour le récupérer », rapporte ensuite la préfecture.
Selon une vidéo diffusée par le site Lyon Capitale, le cortège marchait en scandant notamment « La rue, la France nous appartient » ou encore « La racaille en prison ». Une autre vidéo sur les réseaux sociaux montre la tête du groupe tenant une banderole « Anticasseurs Lyon » et « Doucet démission », qui avait été vue sur une grille lors du rassemblement de soutien, et aussi un drapeau tricolore barré d'une croix celtique, symbole de groupuscules d'ultradroite.
Le maire écologiste de Lyon a régi ce mardi matin, condamnant « fermement ce rassemblement et les slogans haineux qui y ont été scandés ». « Alors que Lyon traverse des moments difficiles, nous avons besoin d’apaisement, pas de nouvelles tensions, a-t-il ajouté. Les règles doivent être les mêmes pour tous. J’ai renouvelé au préfet ma demande d’appliquer le plus rigoureusement les règles de l’État de droit et j’ai également sollicité le ministre de l’Intérieur pour qu’il garantisse l’ordre républicain. »
Le groupe de quelques dizaines de personnes s'est ensuite dirigé vers la sortie du périmètre du couvre-feu, et s'est dispersé vers 21 heures en dehors de la zone prescrite, selon les éléments de la préfecture. Le préfet assure qu'il « n'acceptera aucune expression qui tombe sous le coup de la loi parce qu'elle constituerait un appel à la haine et tout attroupement qui générerait un trouble à l'ordre public ».
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