Afrique du Sud: Plus de 15 000 Malawites autorisés à quitter le pays avant des manifestations anti-immigrés
Quick Look
- L'Afrique du Sud a autorisé plus de 15 000 ressortissants malawites à quitter le pays face à des manifestations anti-immigrés prévues la semaine prochaine, craignant des violences xénophobes.
- Des milliers d'autres attendent des autorisations dans des camps aux conditions précaires.
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Why It Matters
L'Afrique du Sud, pays le plus industrialisé d'Afrique, attire de nombreux migrants en quête d'emploi, mais la concurrence et le chômage élevé attisent le ressentiment xénophobe.
La ministre de la justice sud-africaine, Mmamoloko Kubayi, a déclaré, vendredi 26 juin, que le pays a autorisé plus de 15 000 ressortissants malawites à quitter le pays avant les manifestations anti-immigrés prévues la semaine prochaine, dont beaucoup craignent qu’elles ne dégénèrent en violences. Des milliers d’autres attendent d’obtenir l’autorisation de départ dans des campements de fortune, selon la même source.
Des groupes d’initiative citoyenne ont donné jusqu’au 30 juin aux ressortissants étrangers en situation irrégulière pour quitter le pays et ont appelé à des manifestations dans tout le pays, faisant craindre une recrudescence des violences xénophobes.
Des Malawites étaient regroupés dans des centres aux conditions de vie déplorables dans les villes de Durban et Kwazulu, au KwaZoulou-Natal (sud-est), où ils attendaient des bus pour un voyage de 2 000 kilomètres vers leur pays, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).
Les conditions de vie dans ces camps de fortune sont « intenables », a reconnu la ministre de la justice. « A ce jour, 15 162 ressortissants malawites au total ont fait l’objet d’une procédure d’expulsion et de rapatriement, et d’autres sont encore en cours de vérification », a-t-elle précisé.
Vendredi en fin de journée, plus de 2 000 personnes faisaient la queue à l’extérieur d’un camp de Durban pour que leur dossier soit traité et des milliers d’autres attendaient à l’intérieur, a rapporté un journaliste de l’AFP.
A 6 kilomètres de là, un autre groupe d’immigrés, principalement originaires de la République démocrocratique du Congo (RDC), du Burundi et du Rwanda, campe depuis des semaines devant un bâtiment administratif. A Kwazulu, environ 1 500 Malawites, notamment des hommes, sont rassemblés au milieu des ordures et des détritus derrière une clôture, avec pour seuls bagages quelques sacs et valises.
Plusieurs étrangers tués
Les craintes croissantes en matière de sécurité, à la suite du pillage de commerces et aux agressions visant des étrangers, ont contraint plusieurs pays, dont le Malawi, le Ghana, le Nigeria, le Mozambique, le Zimbabwe, le Kenya et la RDC, à proposer des rapatriements volontaires à leurs ressortissants.
L’Autorité sud-africaine de gestion des frontières a affirmé avoir pris en charge le rapatriement de 8 230 ressortissants étrangers − dont 6 709 Malawites et 1 521 Zimbabwéens − entre le 12 et le 24 juin au poste-frontière de Beitbridge, à la frontière avec le Zimbabwe.
L’Afrique du Sud est en état d’alerte depuis plusieurs semaines, à la suite de troubles xénophobes parfois violents qui ont fait au moins trois morts, selon des sources officielles. Les autorités mozambicaines ont fait état de cinq morts parmi leurs ressortissants. Un Malawite a également été tué lors d’une manifestation à Kwazulu, a déclaré Mme Kubayi.
« Le pays le plus industrialisé d’Afrique, l’Afrique du Sud est depuis longtemps une destination de choix pour les personnes à la recherche d’un emploi, même si son taux de chômage avoisine les 32 %. La concurrence pour des emplois a attisé le ressentiment, et certains Sud-Africains tiennent les migrants pour responsables de la pauvreté et de la criminalité.
Les précédentes flambées de violence visant des ressortissants étrangers en situation irrégulière avaient fait 62 morts lors d’émeutes en 2008.
What to Watch
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Les manifestations prévues la semaine prochaine pourraient entraîner des violences xénophobes.
Likely · Within days
Open Questions
- Les manifestations prévues dégénéreront-elles en violences ?
- Combien d'autres étrangers sont en situation irrégulière et attendent un départ ?
- Quelles mesures seront prises pour prévenir de futures flambées de violence ?





