
Du 5 au 9 octobre 2026, la gendarmerie nationale a accueilli à Lille son « Crypto Workshop » réunissant des enquêteurs de 26 pays pour renforcer leurs compétences en traçage des transactions Bitcoin et autres actifs numériques, dans un contexte de hausse des enlèvements liés aux cryptomonnaies en France, avec 47 dossiers recensés depuis janvier 2026 selon le Pnaco.
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La gendarmerie française organise régulièrement des formations spécialisées en cybercriminalité, notamment sur les cryptomonnaies, face à l'augmentation des crimes liés aux actifs numériques. Le Parquet national anticriminalité organisée a signalé une hausse significative des enlèvements liés aux cryptomonnaies depuis 2023.
Lille, début octobre. Dans une salle remplie d’enquêteurs venus de 26 pays, les écrans affichent des transactions Bitcoin et tout le monde cherche à remonter le fil de l’argent sale jusqu’à son détenteur. La gendarmerie accueillait du 5 au 9 octobre 2026 la nouvelle édition de son « Crypto Workshop », alors que la France encaisse une vague d’enlèvements liés aux cryptomonnaies dont la gendarmerie détaillait déjà la riposte en septembre.
La nouvelle est bonne, et il faut le dire. Elle ne fera pas disparaître pour autant les rançons réclamées en Bitcoin.
Crypto Workshop de Lille : 26 pays penchés sur les mêmes blockchains
Le groupe crypto de l’Unité nationale cyber (UNCyber) de la gendarmerie pilote le rendez-vous avec l’appui logistique du centre de formation cyber du ministère de l’Intérieur. Peu de discours au programme. Les participants ont surtout planché sur des cas réels, disséqués en ateliers, pour apprendre à lire une blockchain comme on épluche un relevé bancaire.
D’après le bilan publié par l’UNCyber sur LinkedIn, l’édition 2026 a franchi plusieurs caps. Pas moins de 26 pays y étaient représentés, des États-Unis à l’Australie en passant par la Norvège, la Slovénie, la Hongrie et le Royaume-Uni. Europol (l’agence de coopération policière de l’Union européenne) coorganisait l’événement avec le Danemark.
Deux premières méritent l’attention. Un magistrat a participé pour la première fois : un Américain détaché auprès d’Eurojust (l’agence européenne qui coordonne les parquets nationaux). L’antenne de Metz a aussi fait ses débuts, signe que la formation descend vers les unités de terrain. Ce détail compte. Un enquêteur capable de tracer une rançon depuis Metz, ce sont des heures gagnées sur un dossier où chaque minute pèse lourd.
Dans son bilan, l’unité résume l’esprit du stage par une formule, « Anticiper, partager, décrypter », et pose l’enjeu sans détour :
Face à des usages toujours plus complexes des cryptomonnaies dans les activités criminelles, mieux maîtriser les actifs numériques et leurs mécanismes constitue un levier essentiel pour identifier les auteurs, remonter les flux financiers et renforcer l’efficacité des investigations.
Unité nationale cyber de la gendarmerie, sur LinkedIn
Enquêteurs crypto : la France n’a plus le luxe d’attendre
Le contexte donne tout son poids à ce stage. Le Parquet national anticriminalité organisé (Pnaco) a recensé en France 135 enlèvements ou tentatives liés aux cryptoactifs depuis 2023. Le compteur affichait 18 faits en 2024, puis 67 en 2025 et déjà 47 dossiers sur les quatre premiers mois de 2026. Un tous les deux ou trois jours.
Dans ce type d’affaire, la violence est artisanale et la rançon numérique. C’est là que les enquêteurs crypto entrent en scène. La gendarmerie l’a raconté dans son immersion consacrée aux cryptorapts, publiée en septembre : pendant que les unités d’intervention préparent la libération des otages, un groupe dédié aux cryptoactifs et au blanchiment suit la rançon en temps réel pour tenter de la bloquer.
Le principe tient en peu de mots. Une blockchain comme celle de Bitcoin est un registre public où chaque transfert reste inscrit pour toujours. Les adresses ne portent pas de nom, mais elles laissent des traces : vous envoyez des fonds vers une plateforme qui vérifie l’identité de ses clients, et le fil se reconnecte à une personne bien réelle. Un enquêteur formé y voit davantage un masque de carnaval qu’une cape d’invisibilité.
Traçage crypto : applaudir, oui, mais les yeux ouverts
Soyons lucides pour autant. Cinq jours d’ateliers à Lille ne comblent pas des années de retard face à des réseaux qui recrutent leurs exécutants sur les messageries et blanchissent par des circuits rodés. Les criminels lisent aussi les rapports de police. Mélangeurs de transactions, ponts entre blockchains et plateformes installées hors de portée des juges européens leur offrent autant de parades, et la course ne s’arrête jamais.
Le traçage arrive aussi, par définition, après le crime. Il aide à retrouver une rançon, rarement à empêcher qu’un commando sonne à votre porte. La prévention passe par d’autres chantiers, à commencer par la protection des données personnelles des détenteurs. La fuite de la base clients de Ledger, en 2020, a montré à quel point une adresse postale associée à un achat de wallet peut transformer un particulier en cible.
Reste un contre-pied que la communauté crypto ne manquera pas de soulever. Les outils qui démasquent un ravisseur peuvent tout aussi bien scruter n’importe quel portefeuille. La frontière entre enquête et surveillance mérite un vrai débat, mais elle ne justifie pas de laisser des gendarmes désarmés face à des rançons réclamées en Bitcoin.
AI outlook — possibilities, not facts
Le nombre d'enlèvements liés aux cryptomonnaies en France continuera d'augmenter en 2026 si aucune mesure préventive supplémentaire n'est prise.
Likely · Within months
La gendarmerie nationale étendra progressivement la formation « Crypto Workshop » à davantage d'unités de terrain suite au succès de l'antenne de Metz en 2026.
Very likely · Within months

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