
Une enquête du New York Times révèle que xAI utilise de vieux réacteurs d'avion convertis pour alimenter son data center dans le Mississippi, malgré des controverses environnementales.
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Le développement de l'intelligence artificielle nécessite une quantité d'énergie considérable, poussant les entreprises technologiques à chercher des sources d'électricité alternatives face à la lenteur des raccordements au réseau.
De vieux moteurs à réaction d’avions sont recyclés aux États-Unis pour produire de l’électricité dans les data centers, révèle une enquête du New York Times publiée mardi 3 novembre. La réutilisation de moteurs d’avion pour créer de l’énergie n’est pas nouvelle, des moteurs à piston ont notamment déjà été réutilisés comme pompes d’irrigation. Mais l’utilisation de moteurs à réaction convertis comme source principale d’énergie pour des installations aussi gigantesques, est inédite.
La société américaine xAI d’Elon Musk spécialisée dans le développement de l’intelligence artificielle, a ainsi installé huit turbines converties en générateurs d’électricité dans l’un de ses immenses centres de données situé dans le Mississippi. Cet aménagement n’est pas sans avoir de sérieuses conséquences environnementales. En effet les permis délivrés par l’administration Trump autorisent ces générateurs à émettre deux fois plus de monoxyde de carbone que des turbines standards et fixent également un plafond légal d’émission des polluants désignés comme composés organiques volatils (COV) revu à la hausse de +25 %.
Une demande en augmentation
ProEnergy, le fabricant de générateurs à réaction de xAI, a été l’un des premiers à se lancer sur le projet en réutilisant des turbines General Electric, couramment employées dans les avions Boeing. Selon Landon Tessmer, un cadre de ProEnergy, chaque turbine recyclée peut produire 50 mégawatts d’électricité, soit suffisamment pour alimenter chacune plus de 15.000 foyers. Il a aussi affirmé lors d’une conférence donnée à Denver en septembre, que la demande des centres de données en moteurs d’avion dépassait désormais largement celle des services publics traditionnels, autrefois les premiers sur le marché.
Le Pinal Airpark est l’un des plus grands sites de démantèlement d’avions commerciaux au monde, avec plus de 300 appareils entreposés. Lorsque des avions hors service y sont acheminés, les moteurs sont les premières pièces à être démontées. Auparavant ils étaient principalement récupérés par des acteurs du secteur de l’aéronautique, mais en 2025 le Pinal Airpark a aussi constaté une forte hausse de demandes de moteurs d’avions par des développeurs du secteur de l’énergie. Les ingénieurs modifient ensuite les turbines pour qu’elles fonctionnent au gaz naturel ou au diesel au lieu du kérosène, plus coûteux. Ils ajoutent aussi des générateurs électriques, un système de refroidissement pour compenser les températures plus élevées au sol, des dispositifs anti-polluants et des carénages pour réduire le bruit des réacteurs.
Non conforme aux normes d’émissions
L’un des principaux freins à la création de data centers est en effet l’approvisionnement de ces centres en électricité, alors que le développement de l’intelligence artificielle nécessite un besoin en énergie toujours plus considérable. Or les demandes de raccordement au réseau électrique local prennent des années et celui-ci s’avère parfois insuffisant. Tandis que l’installation de turbines aux normes est très coûteuse, la réutilisation de vieilles turbines d’avions apparaît comme une solution beaucoup plus rapide et économique.
L’avocat Patrick Anderson, du Southern Environmental Law Center, dénonce une réutilisation des moteurs d’avion non conforme aux règles d’émissions de polluants. Son groupe conteste l’autorisation accordée par le Mississippi aux turbines de xAI, accusant notamment l’entreprise américaine de sous-estimer ses émissions de polluants. Le groupe a aussi porté plainte contre xAI pour avoir exploité un autre ensemble de générateurs à essence sans permis et pour avoir exposé une population majoritairement noire à des polluants atmosphériques. Ses émissions polluantes représentent aussi un sérieux risque pour les plus de 100.000 personnes qui vivent dans un rayon de huit kilomètres autour de la centrale.
AI outlook — possibilities, not facts
Poursuite des contestations juridiques par le Southern Environmental Law Center
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