Barre des 1 500 euros, 10% d'augmentation, 100 euros en plus… Quelles sont les propositions du gouvernement et des syndicats sur le smic ?
L'intersyndicale réclame une revalorisation anticipée du salaire minimum lors de la réunion organisée par le Premier ministre à Matignon le 9 novembre.
Quick Look
- L'intersyndicale demande une hausse du Smic lors de la conférence sociale du 9 novembre à Matignon.
- Le Smic est fixé à 12,31 euros brut de l'heure.
- La CFDT réclame 100 euros net par mois de plus, la CGT 10% supplémentaires, et Force ouvrière un Smic à 2 000 euros.
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Why It Matters
Le Smic est actuellement fixé à 12,31 euros brut de l'heure, soit 1 867,02 euros brut par mois pour 35 heures hebdomadaires. Il est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation, et une hausse supplémentaire s'applique en cours d'année si l'inflation dépasse 2%. Le dernier « coup de pouce » gouvernemental date de juillet 2012.
Bientôt un "coup de pouce" sur les fiches de paie ? L'intersyndicale à l'origine de la journée de manifestations du jeudi 5 novembre va demander une hausse du smic lors de la conférence sociale organisée lundi 9 novembre par le Premier ministre à Matignon. Mais entre syndicats, patronat et gouvernement, les revendications et les concessions sur le sujet diffèrent.
Le smic, qui correspond au salaire horaire minimum légal en dessous duquel le salarié ne peut pas être rémunéré, est actuellement fixé à 12,31 euros brut de l'heure (9,74 euros net), soit 1 867,02 euros brut par mois pour un salarié travaillant 35 heures par semaine (1 477,93 euros net). Chaque 1er janvier, il est revalorisé automatiquement en fonction, notamment, de l'inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres. Sur cette base, il a été augmenté de 1,18% à partir du 1er janvier 2026.
Des grilles de salaires décriées
Une hausse automatique s'applique également en cours d'année si l'inflation dépasse 2%. Tel a été le cas au 1er juin (+2,41%), du fait notamment de la forte hausse des prix de l'énergie. Au-delà des augmentations mécaniques, le gouvernement peut donc donner "un coup de pouce" au smic, ce qui n'a pas été le cas depuis juillet 2012, après l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, à hauteur de 0,6%.
Les principaux syndicats veulent une augmentation supérieure à la revalorisation automatique. La CFDT demande une hausse de 100 euros net par mois, tandis que la CGT réclame 10% en plus, soit environ 150 euros net. Chez Force ouvrière, "nous demandons un smic à 80% hauteur du salaire médian, soit 2 000 euros", a affirmé leur secrétaire général, Frédéric Souillot, sur le site de l'organisation. Enfin, la CFTC attend également "une augmentation du smic de façon anticipée et au-delà de l'inflation", a expliqué son président, Cyril Chabanier, invité sur franceinfo jeudi.
Les syndicats demandent également que les grilles de salaires des branches professionnelles ne comportent plus aucun niveau sous le smic, et que les entreprises où cette situation est observée soient sanctionnées financièrement. Si les travailleurs concernés perçoivent dans tous les cas le salaire minimum, ces grilles provoquent un tassement des rémunérations, les employés pouvant progresser dans l'échelle des salaires tout en restant "collés" au salaire minimum pendant de longues années.
Le patronat réclame l'allègement des cotisations
Du côté du gouvernement, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a jugé "important", vendredi sur TF1, d'essayer de "franchir la barre" des 1 500 euros net pour le smic mensuel. Cela correspond à une hausse d'environ 1,5% (22,07 euros net par mois), bien en deçà des demandes des syndicats.
Les organisations patronales, elles, réclament un allègement des cotisations patronales pour pouvoir faire face à une potentielle hausse du smic. "Pour le moment, on n'a pas d'ouverture concrète sur les allègements de charges, qui permettraient de redonner de l'oxygène aux entreprises pour satisfaire à court terme les demandes de revalorisations salariales", a déclaré vendredi le Medef à l'AFP. Il reste trois jours au gouvernement pour tenter de trouver un compromis avant la réunion de lundi. L'intersyndicale décidera des suites de la mobilisation à son issue.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le gouvernement proposera une hausse du Smic inférieure aux demandes syndicales lors de la conférence sociale du 9 novembre.
Likely · Within days
L'intersyndicale décidera de nouvelles actions de mobilisation après la conférence sociale si ses revendications ne sont pas satisfaites.
Likely · Within days
Open Questions
- Quel montant de hausse du Smic le gouvernement acceptera-t-il lors de la conférence sociale du 9 novembre ?
- Quelles suites l'intersyndicale donnera-t-elle à la mobilisation après la réunion de lundi ?
- Le gouvernement accordera-t-il un allègement des cotisations patronales demandé par le Medef ?







