Benjamin Haddad défend sa lecture de Paul Morand face aux critiques de LFI
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Le ministre Benjamin Haddad répond aux critiques de Mathilde Panot (LFI) concernant sa référence à Paul Morand, défendant la séparation de l'homme et de l'œuvre littéraire.
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Why It Matters
Benjamin Haddad a salué Paul Morand sur X, suscitant les critiques d'élus LFI en raison du passé collaborateur de l'écrivain.
«Je suis un fou de littérature. Et je l’assume : je lis Balzac, Flaubert, Grossman, Roth, Houellebecq, Vargas Llosa, Olga Tokarczuk ou Le Carré», a écrit Benjamin Haddad jeudi, sur X. Le ministre délégué chargé de l’Europe répondait à un message sur le même réseau social de la cheffe de file des députés LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, qui lui reprochait de faire «l’éloge» d’un «auteur antisémite, traître à la patrie et partisan de Philippe Pétain et de Pierre Laval».
L’auteur en question ? Paul Morand (1888-1976), l’écrivain, diplomate et académicien, figure majeure de la littérature de l’entre-deux-guerres, dont l’antisémitisme était notoire et qui, en 1940, choisit Vichy plutôt que la France libre. Auteur maréchaliste sous l’Occupation, puis ambassadeur du régime à Berne, il fut révoqué à la Libération.
Le Figaro le dépeignait dans un article en «triste diariste de Vichy». Benjamin Haddad voit toutefois en lui «le plus grand chroniqueur des années folles», comme il l’a écrit sur X le 6 septembre dernier, citant les deux recueils de nouvelles qui ont fait connaître Morand, Ouvert la nuit (1922) et Fermé la nuit (1923). Un hommage que le député insoumis Manuel Bompard avait qualifié sur X de «scandaleux».
Quelques jours plus tard, au micro de Sud Radio, réagissant au boycott de la chaîne BFMTV par La France insoumise, Benjamin Haddad accusait le parti d’«installer un climat antijuifs, antirépublicain, de chaos, d’intimidation des journalistes». Lui rappelant son éloge de Paul Morand, Mathilde Panot s’est alors étonnée que le ministre «ose venir parler».
«Bien sûr que Morand était un salaud et un collabo. Personne ne l’ignore», s’est défendu Benjamin Haddad. «Mais refusez-vous de lire le Voyage ou Guerre de Céline ? Refusez-vous de toucher à L’Homme pressé ? Ou de lire les auteurs compromis avec le stalinisme ? C’est votre choix mais il est bien triste», a poursuivi le ministre, sur le thème de la séparation de l’homme et de l’artiste.
Et Benjamin Haddad de conclure, s’adressant toujours à Mathilde Panot : «J’ai la faiblesse de penser qu’on peut à la fois aimer Annie Ernaux et les Hussards», cette génération d’écrivains de l’après-guerre - Roger Nimier, Michel Déon, Antoine Blondin, Jacques Laurent - qui admiraient beaucoup Paul Morand. «Je vous laisse à vos autodafés.»
Open Questions
- Mathilde Panot répondra-t-elle à la dernière prise de parole du ministre ?




