Blocage des lycées : Gérald Darmanin veut faire payer les parents des casseurs, les syndicats appellent au dialogue
Quick Look
- Face à la multiplication des dégradations lors des blocages de lycées, Gérald Darmanin propose de faire payer les parents des casseurs via la responsabilité civile.
- Les syndicats SNALC et CGT soutiennent les revendications des lycéens mais dénoncent les violences et appellent au dialogue, tandis que le ministre de l'Éducation Sébastien Lecornu présente une feuille de route pour résoudre la crise avant fin octobre.
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Why It Matters
Le mouvement de blocage des lycées est parti de la région parisienne mi-septembre et s'est étendu, marqué par des incidents, des affrontements avec les forces de l'ordre, des incendies et des saccages d'établissements. Le gouvernement recense 5 000 interpellations, dont 85 % de mineurs, 24 établissements incendiés ou saccagés et 78 personnels de l'éducation nationale blessés.
Faut-il faire payer la facture des réparations des dégâts causés par le mouvement de blocus des lycées aux parents des casseurs ? Face à la multiplication de ces dégâts, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a durci le ton vendredi, sur RTL, faisant part de sa volonté de «demander la responsabilité civile des parents».
«Oui bien, entendu, et le tribunal peut déjà le faire», a réagi ce lundi matin sur France 2 Jean-Rémi Girard, président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC). Mais «la difficulté est de prouver que telle personne est responsable de telle dégradation», a-t-il ajouté, affirmant par exemple que l’incendie du lycée Mandela, à Nantes, n’aurait pas été déclenché par les élèves de l’établissement. Jean-Rémi Girard appelle ainsi à faire la distinction entre les lycéens et les casseurs, qui n’ont parfois rien à avoir avec les lycées.
Le président du SNALC a assuré par ailleurs «soutenir» les revendications des lycéens (voir le post juste en dessous). «L’école ne va pas bien, elle est en crise, c’est fou qu’on ne s’en rende compte qu’aujourd’hui», a-t-il déploré.
Invitée de TF1 ce lundi matin, Sophie Binet a apporté le soutien de la CGT à la mobilisation des lycéens et étudiants. Alors qu’elle était interrogée sur les rassemblements prévus mardi, la secrétaire générale du syndicat a assuré que «la CGT sera là» et que ses militants seraient présents «pour protéger les lycéens». Elle a également exprimé «tout le soutien de la CGT au personnel et aux élèves blessés».
Sophie Binet a vivement critiqué la gestion des premières mobilisations. «On ne gère jamais une mobilisation lycéenne comme ça, on n’envoie pas les policiers comme ça», a-t-elle estimé, jugeant qu’il fallait au contraire «laisser le personnel éducatif ouvrir le dialogue». «Les violences desservent toujours les revendications», a-t-elle toutefois insisté.
La dirigeante syndicale a également pointé la dégradation des conditions d’étude. «Les conditions d’étude ont rarement été aussi dégradées», a-t-elle affirmé. Alors que le budget 2027 est actuellement débattu à l’Assemblée nationale, elle réclame notamment l’annulation des 1588 suppressions de postes d’enseignants prévues dans le texte.
La «feuille de route» adressée par Sébastien Lecornu dimanche à ses ministres pour faire face à la mobilisation lycéenne est un simple exercice de «communication», a dénoncé ce lundi matin sur France 2 Jean-Rémi Girard, professeur de français et président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC). «À un moment, il va falloir mettre des choses concrètes sur la table, pas juste des courriers», ajoute-t-il. Prioriser les remplacements de professeurs ? «On n’a pas de remplaçants. On va les trouver où ?» Aménager les locaux ? «Ça ne dépend pas de l’État donc ça ne coûte pas cher de le dire. Ça dépend des régions.»
Ainsi, le SNALC «soutient» les revendications des lycéens, et Jean-Rémi Girard se dit «très agacé» car les «réalités» dénoncées «ne sont pas nouvelles». «L’école ne va pas bien, elle est en crise, c’est fou qu’on ne s’en rende compte qu’aujourd’hui. […] On défend le fait de pouvoir manifester sans empêcher ceux qui veulent aller en cours d’aller en cours. Mais il ne s’est rien passé, le système s’est dégradé petit à petit, et quand le dialogue ne marche pas, certains vont sur autre chose… C’est triste qu’il faille commencer à casser et à foutre le feu pour que d’un seul coup le gouvernement réagisse. Il était où quand le lycée n’allait déjà pas bien ?», poursuit-il.
Le président du SNALC appelle toutefois ses collègues à la «prudence» lors des prochaines journées, qui s’annoncent «extrêmement compliquées». «On est beaucoup à avoir assisté à des choses parfois très violentes», affirme Jean-Rémi Girard, qui précise que 80 personnels de l’éducation ont été blessés depuis le début du mouvement. «Là, ce qui nous fait peur, c’est que des personnels de l’éducation nationale soit agressés», alors que les professeurs sont «aussi victimes de la dégradation du système éducatif».
«Il faut que tous nos politiques désescaladent», appelle Jean-Rémi Girard. «Il faut qu’ils arrêtent de se renvoyer la balle et de s’engueuler les uns et les autres, il faut qu’ils travaillent ensemble. […] Il faut faire quelque chose pour nos lycées, nos lycéens, notre école, et que le message soit un message de consensus politique.»
Dans une lettre adressée ce dimanche à ses ministres, au premier rang duquel le ministre de l’Éducation nationale, Sébastien Lecornu exhorte son équipe gouvernementale à «engager cinq chantiers pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels». Ces travaux, qui devront aboutir à des propositions «avant fin octobre», doivent «prolonger le dialogue engagé avec les représentants lycéens, les organisations syndicales et les parents, dans les établissements et les académies», explique le premier ministre, après une semaine de blocages de lycées entachée de tensions et de violences.
Dans sa lettre, Sébastien Lecornu souhaite que les cours reprennent dès lundi 5 octobre partout où la sécurité le permet, et fixe un calendrier pour répondre à une partie des revendications, à la veille d’une journée de mobilisation redoutée.
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Des centaines de lycées vont à nouveau fermer au moins partiellement lundi, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, que des syndicats appellent à rejoindre, et alors que fleurissent sur les réseaux sociaux des appels à un blocage dur. Le début d’une «semaine noire»?
Sur les 3700 lycées du pays, les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans 400 à 500 établissements où les conditions de sécurité ne sont «pas réunies», a indiqué dimanche le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. En Ile-de-France, plus d’un tiers des lycées seront fermés lundi, soit plus de 160 établissements, selon la présidente LR de la région, Valérie Pécresse.
L’Union syndicale lycéenne a promis un «acte III» mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des «violences urbaines». Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations de mardi. La CGT a elle promis d’être «aux côtés» des lycéens, pour notamment «sécuriser» les manifestations, et a appelé les salariés de l’énergie, en grève, à les rejoindre.
Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens. «Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche, dans le rassemblement à Saint-Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari.
Comme ces derniers jours, les rassemblements seront en théorie interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. A Nancy, les manifestations seront par exemple prohibées dans l’ensemble du centre-ville de lundi à 06H00 jusqu’à mercredi 07H00, selon la préfecture.
Bienvenue dans ce direct consacré à l’actualité autour du blocage des lycées. Des centaines de lycées seront à nouveau fermés au moins partiellement lundi, avant un «acte III» mardi.
Les étudiants réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.
Parti mi-septembre de région parisienne, le mouvement s’est étendu et enflammé la semaine dernière, marquée par une multiplication d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre. L’exécutif recense 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l’Éducation nationale blessés», «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés, selon le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le gouvernement présentera des propositions concrètes avant fin octobre pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels, comme annoncé dans la feuille de route de Sébastien Lecornu.
Likely · Within weeks
Les cours reprendront partiellement ou totalement lundi 5 octobre dans les établissements où la sécurité le permet, conformément à la directive de Sébastien Lecornu.
Very likely · Within days
Une nouvelle journée de mobilisation majeure aura lieu mardi, avec un risque élevé de blocages durs et de tensions, comme annoncé par l'Union syndicale lycéenne et la CGT.
Likely · Within days
Open Questions
- Comment prouver la responsabilité individuelle des casseurs pour les dégradations commises ?
- Quelles mesures concrètes seront prises avant fin octobre pour résoudre la crise de l'éducation ?
- Comment distinguer les lycéens légitimes des casseurs externes lors des mobilisations ?
- Quel sera l'impact du « acte III » prévu mardi sur la poursuite du mouvement ?




