Blocage des lycées : le gouvernement appelle à la reprise des cours, les syndicats dénoncent une simple communication
Quick Look
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé une feuille de route à ses ministres pour répondre à la mobilisation lycéenne, appelant à la reprise des cours là où la sécurité le permet, tandis que les syndicats dénoncent un simple exercice de communication et réclament des mesures concrètes comme le remplacement des professeurs et l'amélioration des locaux.
- Des centaines de lycées seront partiellement ou totalement fermés lundi, avant une nouvelle journée de mobilisation mardi, marquée par des tensions, des violences et des appels à une « semaine noire » sur les réseaux sociaux.
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Why It Matters
Le mouvement de blocage des lycées a commencé mi-septembre en région parisienne et s'est étendu nationalement, marqué par des incidents, des affrontements avec les forces de l'ordre, des établissements incendiés ou saccagés, et des blessés parmi le personnel éducatif. Les lycéens dénoncent l'insalubrité des bâtiments, les classes surchargées, les absences non remplacées et les inégalités liées à Parcoursup.
La «feuille de route» adressée par Sébastien Lecornu dimanche à ses ministres pour faire face à la mobilisation lycéenne est un simple exercice de «communication», a dénoncé ce lundi matin Jean-Rémi Girard, professeur de français et président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC). «A un moment, il va falloir mettre des choses concrètes sur la table, pas juste des courriers», ajoute-t-il. Prioriser les remplacements de professeurs ? «On n’a pas de remplaçants. On va les trouver où ?» Aménager les locaux ? «Ça ne dépend pas de l’Etat donc ça ne coûte pas cher de le dire. Ça dépend des régions.»
Dans une lettre adressée ce dimanche à ses ministres, au premier rang duquel le ministre de l’Éducation nationale, Sébastien Lecornu exhorte son équipe gouvernementale à «engager cinq chantiers pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels». Ces travaux, qui devront aboutir à des propositions «avant fin octobre», doivent «prolonger le dialogue engagé avec les représentants lycéens, les organisations syndicales et les parents, dans les établissements et les académies», explique le premier ministre, après une semaine de blocages de lycées entachée de tensions et de violences.
Dans sa lettre, Sébastien Lecornu souhaite que les cours reprennent dès lundi 5 octobre partout où la sécurité le permet, et fixe un calendrier pour répondre à une partie des revendications, à la veille d’une journée de mobilisation redoutée.
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Des centaines de lycées vont à nouveau fermer au moins partiellement lundi, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, que des syndicats appellent à rejoindre, et alors que fleurissent sur les réseaux sociaux des appels à un blocage dur. Le début d’une «semaine noire»?
Sur les 3700 lycées du pays, les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans 400 à 500 établissements où les conditions de sécurité ne sont «pas réunies», a indiqué dimanche le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. En Ile-de-France, plus d’un tiers des lycées seront fermés lundi, soit plus de 160 établissements, selon la présidente LR de la région, Valérie Pécresse.
L’Union syndicale lycéenne a promis un «acte III» mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des «violences urbaines». Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations de mardi. La CGT a elle promis d’être «aux côtés» des lycéens, pour notamment «sécuriser» les manifestations, et a appelé les salariés de l’énergie, en grève, à les rejoindre.
Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens. «Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche, dans le rassemblement à Saint-Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari.
Comme ces derniers jours, les rassemblements seront en théorie interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. A Nancy, les manifestations seront par exemple prohibées dans l’ensemble du centre-ville de lundi à 06H00 jusqu’à mercredi 07H00, selon la préfecture.
Bienvenue dans ce direct consacré à l’actualité autour du blocage des lycées. Des centaines de lycées seront à nouveau fermés au moins partiellement lundi, avant un «acte III» mardi.
Les étudiants réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.
Parti mi-septembre de région parisienne, le mouvement s’est étendu et enflammé la semaine dernière, marquée par une multiplication d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre. L’exécutif recense 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l’Éducation nationale blessés», «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés, selon le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Les cours reprendront partiellement lundi dans les établissements où la sécurité le permet, mais de nombreux lycées resteront fermés ou fonctionneront en mode dégradé.
Likely · Within days
Une nouvelle journée de mobilisation aura lieu mardi, avec un risque élevé de tensions et de confrontations avec les forces de l'ordre.
Very likely · Within days
Open Questions
- Le gouvernement parviendra-t-il à faire reprendre les cours dans les établissements où la sécurité n'est pas assurée ?
- Les mesures annoncées par Sébastien Lecornu seront-elles suffisamment concrètes pour apaiser la mobilisation ?
- Le mouvement va-t-il s'intensifier mardi avec l'« acte III » promis par l'Union syndicale lycéenne ?
- Les régions auront-elles les moyens d'agir sur l'aménagement des locaux scolaires ?




