
Entretien avec le skipper Armel Le Cléac'h, qui se confie sur son histoire intime avec la Route du Rhum, ses traumatismes passés et son ambition pour l'édition à venir.
À l'approche de la Route du Rhum 2026, le skipper Armel Le Cléac'h se confie sur sa relation complexe avec cette course transatlantique qui lui a résisté par le passé, évoquant ses souvenirs d'enfance, son terrible accident en 2018 et son ambition de victoire.
AI-generated summary
Armel Le Cléac'h a connu plusieurs déboires sur la Route du Rhum, notamment en 2014, 2018 avec un chavirement, et 2022.
Il y a des courses que l'on gagne, il y en a que l'on perd et il y a celles qui vous accompagnent toute une vie. Pour Armel Le Cléac'h, la Route du Rhum est un peu tout cela à la fois. Il l'a d'abord regardée avec des yeux d'enfant, il y avait les bateaux, les grands marins, Saint-Malo, l'Atlantique. Depuis, il a traversé les océans, fait le tour du monde, gagné le Vendée Globe, connu l'ivresse des victoires et cette étrange solitude des marins quand la terre disparaît derrière eux, mais la Route du Rhum lui résiste. Elle l'a même parfois rudoyé. En 2014, une blessure à la main le prive du départ. En 2018, son bateau chavire au large des Açores et, pendant quelques secondes, il pense mourir. En 2022, sa dérive casse à peine la course commencée. Il revient à terre, répare et repart comme si, entre lui et cette course, l'histoire n'était jamais tout à fait terminée. Le 1er novembre 2026, il sera encore une fois à Saint-Malo, à la barre du Maxi Banque Populaire XI pour traverser l'Atlantique jusqu'à Pointe-à-Pitre.
franceinfo : Pourquoi, après tout ce que la mer vous a donné et tout ce qu'elle vous a pris, avez-vous encore envie de repartir ?
Armel Le Cléac'h : J'ai ça, j'aime d'abord la compétition, j'aime le sport, puis j'aime surtout la voile. Bien sûr, j'aime naviguer en mer. C'est vrai que la Route du Rhum, pour moi, c'est une longue histoire. J'ai eu la chance d'y participer à quatre reprises. Les deux premières fois, ça s'est plutôt bien passé parce que j'ai terminé une fois sur le podium en 2010, en IMOCA, les bateaux du Vendée Globe en monocoque.
"Depuis, l'histoire en multicoque est très compliquée et on repart cette année avec une ambition forte d'essayer de gagner. C'est clairement l'objectif."
Armel Le Cléac'h
à franceinfo
Ça fait presque, je dirais, quatre ans qu'on a la tête vers cette Route du Rhum. Quasiment, après l'arrivée de la précédente à Pointe-à-Pitre, on était déjà en train de se projeter sur celle de cette année.
Cette course, vous la connaissez bien, parce que vous la regardiez déjà enfant. Que représentait-elle pour le petit garçon que vous étiez ?
Ma première aventure avec la Route du Rhum, c'est 1986. J'avais neuf ans, je découvrais l'ambiance d'un départ de grande course. J'étais venu en famille avec mes parents, mes frères et sœurs. J'commençais à peine l'Optimist à cet âge-là. J'étais loin d'imaginer ce qu'était l'aventure en mer en plein Atlantique. Je me rappelle notamment d'un bateau qui s'appelait Royal, qui était équipé par Loïc Caradec, qui était un des plus grands bateaux au départ, qui m'avait impressionné parce qu'il avait un très grand mât. Je crois que le deuxième jour de course, au petit matin, au petit-déjeuner, on entend à la radio que son bateau avait chaviré et qu'on n'avait plus de nouvelles du marin qui, malheureusement, ne sera pas retrouvé. Après, j'ai eu la chance de passer de l'autre côté de la barrière quelques années plus tard et d'être acteur d'abord dans une équipe, d'accompagner un skipper qui partait. Puis, en 2006, j'ai effectué ma première Route du Rhum, il y a 20 ans, pour me lancer dans l'aventure d'un premier tour du monde qui aura lieu deux ans après sur le Vendée Globe.
Vous êtes deuxième en 2018 de la Route du Rhum. Vous avez peu dormi, la mer est forte et soudain un flotteur se détache. Le bateau bascule. Vous vous retrouvez suspendu à un cordage et vous savez que si vous lâchez, vous risquez de ne jamais pouvoir rejoindre le bateau. Vous avez raconté qu'à cet instant, pendant une fraction de seconde, vous vous êtes dit, "Je vais mourir". Redevient-on le même marin après avoir pensé ça et après avoir vécu ça ?
C'est, d'abord, un des moments les plus difficiles de ma carrière. C'est sûr qu'un accident comme celui-là, c'est très rare et heureusement. Il faut imaginer comme si vous étiez sur l'autoroute et puis vous perdez les deux roues de la voiture et on est lancé à pleine vitesse. Il y a une des coques qui se détache parce qu'il y a une casse mécanique et, finalement, c'est l'instinct de survie qui prend le dessus. On s'attache à ce qu'on peut et, puis, il y a l'après-accident où on essaie d'abord de récupérer physiquement et mentalement. Ce dont j'avais besoin pour avancer, c'était de comprendre pourquoi j'en suis arrivé à cette situation. Est-ce que je n'avais pas bien utilisé mon bateau ? Est-ce que j'ai fait une mauvaise manœuvre ? Est-ce que j'ai trop sollicité la plateforme ? En fait ce n'était pas le cas, ce n'était pas lié à ma façon d'utiliser le bateau et, du coup, ça m'a rassuré dans le fait que, jusqu'à cet accident, tout allait bien, j'étais capable de mener ce genre de machine. C'est aussi pour ça que derrière, je me suis relancé dans l'aventure, tout en ayant quand même aussi l'approbation de mes proches et, notamment, de ma famille proche bien sûr. Ma femme, mes enfants, parce qu'eux le vivent par procuration. Je voulais d'abord être sûr qu'ils étaient ok, ils m'ont donné le feu vert parce que je leur ai expliqué qu'effectivement c'était un accident très rare et qu'on n'était pas du tout à tenter l'impossible avec ces machines.
Si vous gagnez enfin la Route du Rhum, est-ce que ce serait une victoire sportive de plus ou est-ce que, quelque part, vous refermeriez une histoire commencée quand vous étiez enfant devant les images de cette course ?
J'aimerais venir vous le raconter dans quelques semaines.
"Je pense que, d'abord, c'est une belle aventure humaine."
Armel Le Cléac'h
à franceinfo
Le résultat sportif, bien sûr, il est important, mais avec l'âge, avec l'expérience, j'ai appris aussi à prendre plus de sens, finalement, dans ce qu'on fait avec les gens qui nous entourent. Oui, j'aimerais, finalement, leur offrir cette victoire dans quelques semaines. On ne sait pas quel scénario on va avoir, on ne connaît pas la météo du départ. On le saura quelques jours avant de partir à Saint-Malo et c'est ce qui fait toute la richesse de notre métier.
AI outlook — possibilities, not facts
Armel Le Cléac'h prendra le départ de la Route du Rhum le 1er novembre 2026 à Saint-Malo.
Very likely · Within months

Flag football, a non-contact variant of American football, is gaining popularity in France. A mixed and strategic sport, it will be an Olympic discipline at the Los Angeles Olympic Games in 2028, offering new visibility to this still confidential practice.

Due to demonstrations planned in Paris, the police headquarters banned the PSG-Lyon match initially scheduled for Sunday from taking place. The meeting is postponed to Monday October 26, ahead of the Ballon d'Or ceremony.

The official store of Olympique de Marseille on Canebière was looted during high school demonstrations against the high cost of living. The club confirmed the facts on Monday.

Peres Jepchirchir, Olympic and world marathon champion, is provisionally suspended by the AIU after testing positive for EPO before the Sydney marathon. This case is in addition to the 140 Kenyan athletes sanctioned for doping since 2017.

Storm Austen hits northwest France with winds exceeding 150 km/h in Saint-Malo. The Route du Rhum boats are severely shaken and access to the departure village has been closed as a safety measure.

French rugby will pay tribute this weekend to Cléa, a 17-year-old player from the Union du Bassin Marmandais who died following an accident during a match on October 17.