
Affrontements, pillages et convergence des luttes ont marqué les manifestations dans le centre-ville de Marseille.
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Des rassemblements sociaux et des manifestations ont eu lieu à Marseille le 17 octobre, marqués par des tensions et des violences urbaines.
A Marseille, les rassemblements du 17 octobre se sont déroulés dans une ambiance chaotique : affrontements avec les CRS, pillage des magasins, saccage d’une salle de l’hôtel de ville, dégradation d’un commissariat de police municipale… Dans les rues du centre-ville, des restes de centaines de grenades lacrymogènes jonchent le sol. Il y a aussi des barrières renversées, des poubelles brûlées et des vitrines de magasins éventrées.
Joachim et Mathias, étudiants, se sont retrouvés entre les tirs de gaz lacrymogènes et les casseurs cagoulés. "On était dans la foule et on ne pouvait plus ouvrir les yeux puisqu'on avait les yeux qui pleuraient", raconte l'un d'eux. "Le premier truc qui a été pillé quand on est arrivé, c'était le Monoprix. Après, il y a eu le SFR, on a vu qu'il y a eu le Foot Locker. Ils ont essayé d'attaquer l'armurerie qui est à côté", témoigne-t-il.
"On avait des pancartes et c'est vrai qu'autour de nous, il n'y avait pas de pancartes."
Un étudiant qui manifestait samedi à Marseille
à franceinfo
L'étudiant "espère que les revendications ne vont pas être cachées par les pillages puisque, en fait, tous les mecs qui sont habillés en noir avec des masques, ils n'ont pas de pancartes, ils n'ont pas de revendications et ça vient invisibiliser tout ce que nous, on a à dire. Moi j'ai une pancarte. Une pour l'écologie et pour une meilleure répartition des richesses aussi."
"Réussir à politiser le mouvement pour obtenir des choses"
Les pillages, "c'était trop", murmure Ahmed. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a des choses à dire, explique-t-il, venu manifester pour la première fois à cause de la hausse des prix des carburants. "Je suis un jeune étudiant en alternance et je fais de longs trajets. 2,25 euros le litre, c'est pas possible. Je me demande vraiment pourquoi Macron ne veut pas baisser l'essence", s'interroge-t-il.
L'essence, l'inflation, la dégradation des services publics : voilà ce qui revient dans la bouche de ceux qui voulaient se faire entendre. Sylvain, artisan, a remis son gilet jaune et ne veut pas retenir les scènes d'émeutes, mais plutôt la convergence des luttes. "Je crois que je n'ai jamais vu un truc d'une telle ampleur, même à Marseille. Moi je me pose vraiment la question de la suite, de l'après, mais j'ai l'impression qu'il se passe quelque chose avec les travailleurs, les étudiants et qu'on va réussir à politiser le mouvement pour obtenir des choses", explique-t-il.
A ses côtés, Léa, aide à domicile, porte elle aussi un gilet jaune. "De toute façon, Macron et son monde essaieront de diaboliser le mouvement comme ils l'ont fait avec les gilets jaunes, estime-t-elle. Moi ce que j'ai vu, c'est vraiment des jeunes qui sont organisés, qui se battent pour leur avenir, c'est plein d'espoir." Certains espèrent donc que les rassemblements continueront, malgré la casse.
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Poursuite potentielle des rassemblements malgré les violences
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