Canicule : les oraux du bac maintenus dans la plupart des lycées malgré la chaleur
Quick Look
- Malgré une alerte rouge canicule, la majorité des oraux du baccalauréat ont été maintenus lundi 22 juin dans les lycées français.
- Certaines académies ont reporté des épreuves, tandis que d'autres ont pris des mesures pour s'adapter à la chaleur.
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Why It Matters
Une alerte rouge canicule a été déclenchée dans 49 départements français le 22 juin, affectant les conditions de passage des épreuves orales du baccalauréat pour des milliers de candidats.
Une alerte rouge canicule et un grand oral du bac à assurer : il en faut davantage pour qu'Aaron perde son sang-froid. Lunettes de soleil sur le nez, cet élève de la série technologique STI2D arrive devant le lycée Fernand-Renaudeau à Cholet (Maine-et-Loire), lundi 22 juin, pour passer son épreuve. Soit le dernier rendez-vous du baccalauréat, d'un coefficient 14 pour sa filière (10 pour la série généraliste). Il est 10h30 et le thermomètre grimpe déjà à 33°C. Le lycéen espère dérouler son discours dans l'un des préfabriqués de l'établissement, qui sont climatisés, contrairement aux salles "anciennes". Comprendre : bien plus chaudes.
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"J'espère qu'il y aura un ventilo. Mais au pire, je me dis que l'épreuve dure seulement 40 minutes. Ça devrait pas être trop insupportable", anticipe le candidat, après une nuit difficile où il a dormi avec "une bouteille d'eau congelée" sur le torse pour se rafraîchir. Avant de s'engouffrer dans le lycée, il précise : "J'ai bien réussi mes épreuves écrites la semaine dernière. Donc, pour avoir la mention 'assez bien', je peux me permettre d'avoir 5. J'ai regardé ça sur un simulateur."
Le Maine-et-Loire fait partie des 49 départements concernés par une vigilance rouge aux chaleurs extrêmes ce jour-là. Et, comme Aaron, des milliers de candidats ont passé une épreuve orale du baccalauréat, qu'il s'agisse du grand oral ou de l'oral de français, dans ces conditions. Cinq académies – Bordeaux, Lyon, Montpellier, Poitiers et Nantes – ont fait le choix, dans certains lycées, de reporter ces examens lorsqu'ils étaient initialement prévus l'après-midi. Ces décisions sont prises par les recteurs "au vu des réalités locales, de l'isolement du bâtiment, de la mise à disposition de petits climatiseurs ou ventilateurs", a expliqué vendredi Edouard Geffray.
Cela concerne pour l'instant 5 233 candidats, selon le ministre de l'Éducation nationale. "Pour les trois prochains jours, l'immense majorité des élèves qui doivent passer" un oral le "passeront bien à l'heure prévue par leur convocation", a confirmé Edouard Geffray lundi, alors que la canicule est partie pour durer jusqu'à vendredi. L'académie de Nantes, à laquelle est rattaché Cholet, rapporte à franceinfo que seulement huit de ses centres d'examen ont reporté des épreuves orales.
"Avec le toit en tôle, ça peut monter très vite"
Au lycée Fernand-Renaudeau, cela n'a pas été le cas. "L'année prochaine, nous n'aurons plus ces modulaires climatisés, qui ont été installés le temps de travaux à l'internat. Or, le risque d'une nouvelle vague de chaleur ou canicule en juin est très important, et je ne sais pas comment on s'organisera", redoute cependant le proviseur Gérard Heinz, membre du bureau national du syndicat SNPDEN-Unsa. Dans les classes de son établissement, construit dans les années 1960, les maigres rideaux occultants bleus accrochés aux fenêtres sont bien inoffensifs face à la chaleur caniculaire.
Mais cette année, donc, les candidats des séries générale et technologique ont la chance de passer leur oral dans des salles climatisées, à 27°C maximum. "Le différentiel avec l'extérieur est tellement important que cela suffit", glisse le proviseur. Ce que confirme Layed, un candidat de STI2D qui sort de son grand oral, son dossier sous le bras. "Dieu merci, la salle était climatisée, sinon j'aurais parlé cinq minutes de moins avec la chaleur", juge cet élève.
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En revanche, le lycée accueille aussi des candidats de CAP, dans un bâtiment qui ne dispose pas de la climatisation. "Ils travaillent dans des conditions d'examen déplorables", s'inquiète Gérard Heinz. Vers 11 heures, cinq jeunes adultes du CAP ébénisterie passent leur épreuve de construction de meuble sous 31°C, sans possibilité de faire baisser la température. "Avec le toit en tôle, ça peut monter très vite", redoute un formateur de la voie professionnelle, alors que cette épreuve s'étale sur trois jours.
"Pour se concentrer, je trouve ça moins bien"
Au lycée Europe-Robert-Schuman, en périphérie de la ville, l'organisation des oraux a été revue à la hâte, en prévision de la canicule. Pour compenser l'absence de climatisation, quarante ventilateurs ont été achetés par l'établissement. "Ce matin, les salles ont été aérées de 5 heures à 7h30. Elles sont aussi utilisées sur des horaires spécifiques en fonction de leur exposition au soleil", décrit le proviseur François-Régis Surzur. Un couloir, qui brasse un peu plus d'air frais qu'ailleurs, est réquisitionné pour faire patienter des élèves avant leur passage devant le jury.
Vers 14 heures, devant le portillon de l'établissement, Antoine se satisfait de venir passer la dernière épreuve de son bac généraliste, en dépit des 39°C. Il craignait un report jusqu'au dernier moment. "Si je suis en vacances ce soir, moi, ça me va !", lâche-t-il dans un sourire, les mains dans les poches de son bermuda. Son ami Louis est moins emballé : "Pour se concentrer, je trouve ça moins bien. Déjà, en mai, quand il y a eu la première vague de chaleur, je n'arrivais pas à rester attentif". "Oui, mais on n'est qu'au début de la canicule. Il faut se dire que mercredi, les professeurs seront moins concentrés pour écouter. Autant qu'on passe les premiers", tente de le rassurer Antoine.
Le grand oral est prévu pour durer jusqu'au 1er juillet au plus tard. Cette période s'étendra-t-elle au-delà à l'avenir ? Afin de s'adapter aux vagues de chaleur de plus en plus précoces et intenses, conséquence du réchauffement climatique, Edouard Geffray a plusieurs fois promis, ces derniers jours, une réflexion de fond sur le calendrier des examens. "Je ne ferai plus d'écrit au baccalauréat ou au brevet les après-midis, c'est fini. On va réfléchir sur les oraux, c'est un peu plus compliqué parce que les masses sont un peu plus importantes. (...) Ce n'est pas pareil d'être 30 dans une salle ou d'être deux", a-t-il déclaré vendredi.
Une épreuve d'ébénisterie suspendue face à la chaleur
A la sortie de son oral, Nina* estime qu'"il faisait un peu chaud, mais que c'était supportable". Elle est rassurée : "Normalement, je ne résiste pas bien à la chaleur, j'avais peur de faire un malaise." Eric, lui, a le cerveau et le corps en surchauffe. Il faisait "entre 30 et 35°C" dans la salle où il s'est exprimé face aux jurés, évalue-t-il. "En plus de beaucoup transpirer, je n'ai pas réussi à trouver mes mots", regrette celui qui avait enfilé sa plus belle chemise blanche par-dessus un t-shirt.
D'autres candidats ne seront pas allés au bout de leur épreuve. Dans l'atelier d'ébénisterie du lycée Fernand-Renaudeau, l'épreuve pratique a finalement été suspendue lundi, un peu avant 15 heures. La température à l'intérieur atteignait 37,4°C. Un aménagement a été décidé avec le rectorat, rapporte le proviseur Gérard Heinz. L'épreuve reprendra mardi à 7 heures, une heure plus tôt que prévu, et elle se terminera à 15 heures. Lundi, il a fait jusqu'à 41°C à Cholet, soit 18°C de plus que la température normale à cette saison, selon Météo-France. Et les prochains jours devraient être tout aussi éprouvants.
*Le prénom a été modifié à la demande de l'intéressée.
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Le ministère de l'Éducation va réformer le calendrier des examens pour mieux anticiper les vagues de chaleur.
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