Classement de Shanghai : pourquoi il ne faut pas paniquer si votre université n'y figure pas
Publié chaque 15 août, le célèbre classement mondial des universités est souvent critiqué pour sa méthodologie axée presque exclusivement sur la recherche et les sciences dures.
Quick Look
- À l'approche de la rentrée, le classement de Shanghai panique certains étudiants.
- Pourtant, jugé trop axé sur la recherche et critiqué par les experts, il s'avère peu pertinent pour choisir sa licence ou son master.
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Why It Matters
Le classement de Shanghai est publié chaque 15 août pour évaluer les meilleures universités mondiales selon des critères principalement axés sur la recherche.
Les universités aussi ont le droit à leur Ballon d’or. Chaque 15 août, le classement de Shanghai diffuse son top des meilleures universités à travers le monde. A quelques semaines seulement de la rentrée universitaire, cette sélection a de quoi faire flipper plus d’un étudiant : que faire si son université n’est pas dans le « hall of fame » de la planète ?
Rassurez-vous Si jamais votre établissement n’est pas dans le top 10 ou 100 ou 1.000, inutile de prendre les jambes à votre cou. Car aussi médiatique soit le classement de Shanghai, il est aussi très contesté (comme le Ballon d’or, décidément). Une étude de 2019, menée par les chercheurs Jean-Charles Billaut, Denis Bouyssou et Philippe Vincke, jugeait que les critères du classement sont « non pertinents » et concluait que ce catalogue « n’est pas un outil pertinent pour juger de la "qualité" des institutions académiques, guider le choix des étudiants ou des familles ».
Un classement sur la recherche plus que sur les cours
En effet, le classement de Shanghai a une méthodologie bien particulière pour hiérarchiser les universités entre elles. Les notes dépendent de six facteurs :
Le nombre d’anciens élèves prix Nobel ou médaille Fields, « l’équivalent » du prix Nobel de mathématiques, au sein de l’université.
Le nombre d’enseignants-chercheurs prix Nobel ou médaille Fields.
Le nombre de « Highly Cited Researchers », (chercheurs très cités) de l’université selon la liste annuelle de Clarivate, qui regroupe les chercheurs les plus cités dans leur discipline (environ 0,1 % des plus cités mondiaux).
Le nombre d’articles de recherche publiés dans les deux revues les plus prestigieuses (Nature et Science) sur les cinq dernières années
Le nombre total d’articles publiés par l’université et indexés dans Science Citation Index-Expanded (SCIE) et Social Science Citation Index (SSCI) sur l’année précédente.
Enfin, le petit nouveau, la performance « per capita ». On prend la somme des cinq indicateurs précédents, puis on la divise par le nombre d’enseignants-chercheurs en équivalent temps plein de l’université. Cet indicateur a été ajouté pour atténuer un peu le biais de taille, qui favorisait les grosses universités (plus vous avez d’enseignants-chercheurs, plus statistiquement vous avez de chance d’en avoir avec une Médaille Fiels dans le lot).
Reste donc que « la plupart des critères sont fixés sur la recherche », pointe Hugo Harari-Kermadec, professeur en sociologie de l’éducation à l’université d’Orléans, et auteur du Classement de Shanghai. L’université marchandisée (Le Bord de l’eau, 2019). « Il n’y a pas le moindre élément qui est un quelconque rapport avec la qualité de l’éducation proposé, pas de questions sur les anciens enseignants ou anciens étudiants. »
Autre gros biais, en surgratifiant les Nobel et les Fiels, le classement de Shanghai privilégie les « sciences dures » (qui sont nominées), plutôt que les sciences humaines et sociales.
Choisissez une discipline, pas une fac
Le classement peut donc servir « à la limite » en thèse, estime Marie Duru-Bellat, professeure émérite de sociologie à Sciences Po, mais paraît bien inutile en licence ou master pour déterminer sa faculté. A la base, la Chine a créé ce classement pour aider ses propres étudiants à déterminer où faire leur thèse à l’étranger, retrace la spécialiste… et non pas que pour un Français en Licence stresse du choix de sa faculté.
Qui plus est, « aucun étudiant ne choisit son université en premier lieu avant de choisir une discipline. On ne va pas se dire à la sortie du bac "Je veux aller à Saclay" et trancher ensuite quelle formation on va faire. », s’amuse Hugo Harari-Kermadec. Rendant là encore, le classement bien peu pertinent. Et encore moins en France, « où le niveau des universités reste globalement très homogène ».
Le très sous-coté Parcoursup
Marie Duru-Bellat complète : « Pour les étudiants, Parcoursup est une mine d’informations, souvent peu exploitée, bien plus pertinente. » Notamment le taux de réussite, les débouchées, le taux d’emploi après 18 mois, soit des critères « nettement plus utiles et pertinents » que le nombre de Prix Nobel dans votre faculté.
Open Questions
- Quels nouveaux critères pourraient remplacer le classement de Shanghai à l'avenir ?


