Collision de trains en Espagne : Les multiples opérateurs sur les voies de train peuvent-ils favoriser les accidents ?
Après le déraillement meurtrier près d'Urda impliquant la compagnie Iryo, des voix s'interrogent sur l'impact de l'ouverture à la concurrence sur la maintenance du réseau.
Quick Look
- Un accident ferroviaire près d'Urda, en Espagne, a causé 69 morts.
- La compagnie Iryo est impliquée, soulevant des questions sur la sécurité ferroviaire et l'impact de la concurrence sur la maintenance des infrastructures.
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Why It Matters
L'Espagne a connu deux accidents ferroviaires majeurs en quelques mois, impliquant la compagnie Iryo. Le débat porte sur l'impact de la libéralisation du rail sur la maintenance.
Un coupable trop facile ? Après la tragédie ferroviaire qui a fait au moins 69 morts et une centaine de blessés ce mercredi près d’Urda, au sud de Tolède, en Espagne des voix s’élèvent pour questionner la part de responsabilité de la multiplication des opérateurs privés depuis l’ouverture à la concurrence dans cet accident. D’autant plus qu’il s’agit du deuxième accident de train en Espagne en l’espace de quelques mois, après le drame du 18 janvier 2026, en Andalousie, qui avait fait 46 morts dans le déraillement d’un train Iryo, la même compagnie impliquée dans l’accident de ce mercredi.
Un accident « impossible » en France ?
« Ce serait tentant de faire ce raccourci, mais en fait, non, estime auprès de 20 Minutes Philippe Lorand de l’Union internationale des chemins de fer (UIC). Il faut bien sûr attendre les résultats de l’enquête, et je crois comprendre qu’il s’agirait d’une erreur humaine. Le modèle de sécurité européen est harmonisé même si les pays gardent des spécificités. Je ne pense pas qu’il y ait de lien à faire », tranche le spécialiste.
Plus tôt ce jeudi, l’ancien ministre des Transports du gouvernement Barnier, François Durovray, a affirmé au micro de BFM TV « qu’en France, ce type d’accident est impossible, voire très improbable. D’abord parce que nous disposons de sécurité à plusieurs niveaux. En cas de défaut de signalisation d’un train, tous les autres se mettent à l’arrêt et même en cas de perte de signal de localisation, les signaux électriques sur les rails vont continuer à indiquer la position du train », a développé l’éphémère ministre, qui a par ailleurs ajouté qu’en France « lorsqu’un train repart, c’est nécessairement à vue et à petite vitesse, de l’ordre de 40 km/h ». Un protocole de redémarrage qui concerne également l’Espagne, précise Philippe Lorand, et qui ne semble pas avoir été respecté dans la tragédie de ce mercredi.
L’arrivée de « la concurrence met sous tension le réseau »
Pour Cédric Gimenez, secrétaire général PACA CGT-Cheminot, « il ne faut pas faire le parallèle de la France avec l’Espagne. Mais il y a clairement un défaut de maintenance depuis l’ouverture à la concurrence. Des nouveaux opérateurs sont arrivés. Sur la ligne Marseille-Nice, avec l’arrivée de Transdev et de Sud Azur, cela représente 14 trains en plus par jour. C’est très bien pour les usagers, mais cela met sous tension le réseau et les opérateurs privés qui, s’ils payent un péage, n’abondent pas au fonds d’entretien et d’investissement des infrastructures ».
Aussi, le syndicaliste pointe une différence entre les lignes à grande vitesse, sur lesquels on met beaucoup de moyens, et les TER et trains du quotidien. « Il n’y a plus d’inspection des voies par exemple », rappelle Cédric Gimenez, alors qu’un train TER assurant la liaison Rouen-Caen a déraillé le 11 septembre dernier après avoir rencontré un obstacle sur la voie.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Ouverture d'une enquête officielle sur les causes de l'accident.
Very likely · Within days
Open Questions
- Quelles sont les causes exactes de l'accident d'Urda ?
- Le protocole de redémarrage a-t-il été respecté ?



