
Des milliers d'enseignants et de chefs d'établissement font face à des coupures d'accès à leurs outils de travail suite à une cyberattaque massive.
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Une cyberattaque survenue le 25 juillet a entraîné le vol de millions de données de l'Éducation nationale. Le ministère a suspendu l'accès à certaines applications par mesure de sécurité.
"Déjà que la rentrée est stressante, c'est encore un stress de plus. Après 39 ans de carrière, je n'en peux plus !" Sur le site TotalBug, où les internautes peuvent signaler des problèmes de connexion, de nombreux utilisateurs s'exaspèrent des dysfonctionnements rencontrés avec des outils numériques de l'éducation nationale, notamment dans l'académie de Nantes et celle de Toulouse. "Toujours impossible de se connecter à la messagerie et autres services. Aucune info. Super pour préparer la rentrée et communiquer", écrit l'un d'eux.
Avec la préparation de la rentrée scolaire, certains proviseurs, principaux et enseignants ont découvert qu'ils n'avaient plus accès à leur messagerie ou à leurs outils en ligne. Ces coupures sont en lien avec les mesures de sécurité prises après une cyberattaque survenue du 25 juillet, rapporte Le Monde. Mardi, des pirates ont revendiqué avoir "absorbé" des millions de données de l'Education nationale. Elèves, parents, enseignants, personnels administratifs sont concernés par ce vol de données, affirme le groupe de hackers ZeroBytes, qui a également revendiqué le vol des données du fisc.
"Je ne sais toujours pas où je vais à la rentrée"
Au total, les hackers affirment avoir récupéré environ 346 millions de lignes d'informations qui proviennent principalement des académies de Créteil et Versailles, ainsi que d'I-Prof, un outil administratif utilisé par les enseignants. Après la révélation de la cyberattaque, le ministère de l'Education nationale avait affirmé également conduire "un plan de renforcement de la sécurité de ses systèmes d'information". Le ministère précise au Monde qu'à titre de prévention "l'accès à des applications métiers a été suspendu pendant l'été pour quelques académies", avant d'ajouter que ces services "sont progressivement rétablis".
A quelques jours de la rentrée scolaire, ces connexions impossibles ont des conséquences très concrètes pour certains. "Je ne sais toujours pas où je vais à la rentrée. C'est pas top pour l'organisation personnelle", dit Karen, toujours sur le site TotalBug. Des chefs d'établissement sont également bien en peine pour tout mettre en place avant le coup d'envoi de l'année scolaire. "Je ne peux ni envoyer la liste des fournitures aux parents, ni contacter les enseignants pour leur donner le déroulé de la prérentrée le 31 août, ni avoir des informations sur les dernières affectations, ni payer les factures reçues au cours de l'été", affirme au Monde Gérard Heinz, proviseur à Cholet (Maine-et-Loire). Membre du syndicat des personnels de direction, le SNPDEN-Unsa, il assure être au "chômage technique".
"Nous sommes le 21 août et on se tourne les pouces."
Gérard Heinz, proviseur à Cholet
"On ne peut pas se connecter à l'Intranet de l'Education nationale", confirme dans Ouest-France un chef d'établissement près d'Angers (Maine-et-Loire), qui dépend de l'académie de Nantes. "Heureusement qu'on a avancé le travail avant les vacances scolaires. Mais là, on tourne un peu en rond."
Dans l'académie de Bordeaux, les chefs d'établissement peuvent désormais se connecter depuis leurs établissements, mais il est toujours impossible d'utiliser ces outils à distance. "Nous n'avons pas accès, par exemple, à l'application qui nous permet de savoir qui sont les enseignants affectés sur nos établissements. (...) On travaille donc à l'aveugle sur les emplois du temps, faute de savoir où on peut positionner leurs heures de cours", assure au Monde Nicolas Bonnet, proviseur d'un lycée professionnel à Libourne (Gironde).

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