
Dix jours après les révélations de Mediapart attribuant à Jordan Bardella des écrits antisémites de 2013, le président du Rassemblement national maintient une stratégie de démenti formel, annonce une seconde plainte pour «faux et usage de faux» et rejette l'idée de présenter des excuses pour des propos de jeunesse.
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Mediapart a publié des écrits attribués à Jordan Bardella datant de 2013, présentant un contenu antisémite et complotiste, ce que Bardella conteste formellement depuis les révélations.
Pouvait-il adopter une autre ligne de défense que celle tenue depuis l’éclatement de l’affaire ? Dix jours après que Mediapart a attribué à Jordan Bardella toute une série d’écrits antisémites datant de 2013, et pour lesquels le journal en ligne a avancé ses preuves, la stratégie du président du Rassemblement national (RN) ne bouge pas d’un iota. Celle du démenti formel. Une dénégation répétée à chaque occasion, comme ce jeudi soir sur LCI, où il accordait sa première interview depuis celle donnée à CNews le soir des révélations.
Face à Darius Rochebin, le trentenaire a encore «contesté formellement les accusations et les propos ignobles» rapportés par le site cofondé par Edwy Plenel, ainsi que ses méthodes d’enquête et ses sources. Des propos antisémites et complotistes qu’il répète n’avoir «jamais tenus», assurant n’avoir «aucune leçon à recevoir en matière de lutte contre l’antisémitisme» - a fortiori de Mediapart -, un combat qu’il promet de «toujours» mener.
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Si la défense peut paraître figée, elle se double d’une contre-attaque. Après une plainte en diffamation contre Mediapart, une seconde, pour «faux et usage de faux», est en préparation, annonce Jordan Bardella. À l’en croire, le site a «menti», puisque l’authentification des conversations par un huissier, présentée comme acquise lors de la publication, ne serait intervenue que le lendemain. Fustigeant des «méthodes de barbouzes» et un «timing troublant» à six mois et demi de la présidentielle, il écarte toute piste de fuite interne au RN. Pas à l’extérieur : «Nous n’excluons rien».
Reste qu’en coulisses, au RN et ailleurs, plusieurs voix déplorent que le président du RN n’ait pas assumé ses éventuels égarements d’adolescent. «Pardon, mais je ne vais pas plaider l’erreur de jeunesse pour des positions qui ne sont pas les miennes», réplique le dauphin de Marine Le Pen, quitte à se priver d’une option qui aurait peut-être pu clore la question. Sous l’insistance de son interlocuteur, il persiste : «Vous me présentez des propos et des positions qui ne sont pas les miennes et qui ne sont pas les miens. Donc de quoi je me rendrais coupable ? Pardon, on est dans une démocratie, dans un État de droit. On a des institutions judiciaires pour se défendre, il existe un droit pénal, un droit de la presse.»
Et d’appeler à davantage de «principes» et à «un peu de normalité dans le fonctionnement des institutions» face à «l’hystérie généralisée», nourrie selon lui par la presse, qui laisserait penser qu’il est «un criminel et un assassin en série». «Il va falloir se calmer maintenant et accepter de parler de la France, de parler des sujets qui concernent nos compatriotes», a-t-il conclu, comme pour tenter d’évacuer au plus vite ce dossier encombrant.
AI outlook — possibilities, not facts
Jordan Bardella poursuivra sa stratégie de démenti et de contre-attaques judiciaires contre Mediapart.
Very likely · Within weeks
Le Rassemblement national tentera de recentrer le débat sur les thèmes nationaux plutôt que sur cette controverse.
Likely · Within weeks

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