Un rapport parlementaire préconise des mesures radicales pour freiner la consommation de boissons énergisantes et alcoolisées chez les jeunes.
Une mission d'information de l'Assemblée nationale française recommande d'interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans et de durcir la régulation sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, face aux risques pour la santé des jeunes.
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Une mission d'information parlementaire évalue les risques sanitaires liés aux boissons énergisantes et alcoolisées chez les jeunes.
Sera-t-il bientôt impossible pour un mineur d’acheter une cannette de Redbull ? Lancée en février dernier, une mission d’information de l’Assemblée nationale sur ce sujet rend ce mercredi les conclusions de son rapport pour mettre un coup d’arrêt à la consommation de boissons énergisantes et de boissons alcoolisées prêtes à boire chez les jeunes. Et certaines de ses propositions sont radicales. Parmi les six recommandations des deux rapporteurs du texte, les députés Sandrine Runel (PS) et Yannick Neuder (LR), figure ainsi l’interdiction de la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans.
Soulignant que la caféine que ces boissons contiennent «présente davantage de risques» pour la santé chez les enfants et adolescents, les élus jugent «nécessaire» cette interdiction. Celle-ci s’appliquerait aussi à la vente dans les distributeurs automatiques, entraînant donc la suppression de ces boissons proposées via ce biais, l’âge des consommateurs étant impossible à vérifier. Ils s’en prennent à un marché «en expansion depuis l’autorisation de leur commercialisation intervenue en 2008», écrivent-ils, «passé de 184 millions d’euros en 2016 à 781 millions d’euros en 2025, pour une croissance de près de 15% en volume au cours de la dernière année écoulée». Une croissance portée par les deux marques historiques Red Bull et Monster, mais aussi par de nouveaux entrants, comme Ciao Energy lancée en juin dernier par les influenceurs Squeezie, Lena Situations et Inoxtag.
Des boissons dont les enfants, adolescents et jeunes adultes sont particulièrement friands, ceux-ci étant attirés par «l’image qu’ils se font de leurs effets, largement entretenue par les stratégies marketing des fabricants». Les deux rapporteurs, membres de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, observent par ailleurs que d’autres pays ont déjà mis en place une telle interdiction aux mineurs ou au moins de 16 ans, comme la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Roumanie, la Norvège ou la province canadienne du Québec.
Des boissons fortement alcoolisées
Les cinq autres recommandations visent quant à elles plutôt les boissons alcoolisées prêtes à boire, dont «les principaux acteurs du marché demeurent méconnus», souligne le rapport : Cody’s Drinks - avec le Vody -, Lavish, Damoiseau, Féfé ou Smirnoff. Mais le texte pointe que «de grandes marques ont récemment lancé leur gamme de boissons alcoolisées prêtes à boire, à l’image de Pernod Ricard ou Campari». Si ce marché est encore «de taille très modeste en France» - 0,6 % des volumes d’alcool mis à la consommation, selon la Fédération française des spiritueux -, les rapporteurs préfèrent mettre le holà tout de suite. En effet, il pourrait «connaître un doublement de sa valeur d’ici 2035», selon une étude relayée dans leur texte.
Une croissance à freiner de toute urgence, estiment-ils, au vu des risques sanitaires que ces boissons présentent, dus notamment à leurs taux d’alcool particulièrement élevés. Par exemple, «dans une seule canette de Vody se trouve autant d’alcool pur que dans quatre doses de vodka , quatre demis de bière blonde – soit un litre de bière – ou encore quatre verres de vin rouge standards à 12 % vol.», alertent-ils. Ils pointent également les «risques combinés» de ces breuvages, qui mélangent souvent de l’alcool et des boissons énergisantes. Elles rencontrent pourtant un succès certain chez les jeunes, séduits par leur caractère bon marché et par leurs «codes marketing attractifs», rapportent les deux députés : packaging aux couleurs vives, goûts sucrés…
Un amendement au projet de budget de la Sécu et une proposition de loi
Ainsi, Sandrine Runel et Yannick Neuder recommandent notamment d’étendre la taxe dite «prémix» - déjà étendue dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 - «à tous les prémix présentant un titre alcoométrique volumique supérieur à 12 % vol.» Plus largement, la députée socialiste et l’ancien ministre de la Santé souhaitent «faire véritablement respecter l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs», en renforçant les contrôles des commerces et les sanctions. Ils proposent de faire passer à 50.000 euros l’amende en cas de vente d’alcool à des mineurs.
En outre, jugeant que la «loi Evin » n’est «plus adaptée à la réalité des réseaux sociaux», ils veulent «modifier le code de la santé publique pour mettre un terme à l’autorisation de la propagande et de la publicité en faveur des boissons alcooliques sur les services de communication en ligne». Dernière recommandation, ils suggèrent de «rendre obligatoire l’apposition du message de prévention “l’alcool est dangereux pour la santé” sur tous les contenants de boissons alcooliques titrant plus de 18 % vol.».
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