Des milliers d’émeutiers à Marseille, le maire Benoît Payan «demande des comptes»
Quick Look
- À Marseille, une manifestation contre la vie chère a rapidement dégénéré en affrontements violents entre forces de l’ordre et manifestants, avec pillages du centre commercial Bourse, intrusion dans l’hôtel de ville et caillassage de fourgons de police.
- Le maire Benoît Payan a dénoncé un manque de moyens policiers et demandé des comptes, tandis que le préfet a évoqué entre 7 000 et 8 000 émeutiers et pilleurs, faisant état de 29 blessés parmi les forces de l’ordre.
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Why It Matters
Une manifestation contre la vie chère a été organisée à Marseille, dans un contexte de tensions sociales liées au coût de la vie.
Fnac pillée, intrusion dans l’hôtel de ville, centre commercial Bourse dévalisé, affrontements d’une violence inouïe entre les forces de l’ordre et les manifestants, caillassage de fourgons de police… À Marseille, la manifestation contre la vie chère a très vite dégénéré. Le maire, Benoît Payan (DVG) a même dénoncé un manque de moyens policiers et «demandé des comptes» après l’intrusion dans la mairie et les premiers pillages que le préfet des Bouches-du-Rhône a attribuées à «7 à 8000 émeutiers et pilleurs».
«Je demande des comptes, parce que je ne vais pas laisser les choses en l’état. Je veux savoir ce qui s’est passé. Je veux savoir pourquoi, dans cette ville, des gens ont pu impunément casser», a déclaré Benoît Payan (DVG) lors d’un point presse peu après que quelques dizaines de personnes ont forcé les portes d’entrée de la mairie sur le Vieux-Port.
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«Il a fallu que j’appelle le président de la République, le premier ministre et le ministre de l’Intérieur, que je les ai au téléphone pour leur demander des renforts», a-t-il regretté, dénonçant le manque selon lui de forces de l’ordre prépositionnées, assurant que «ce matin, il y avait une compagnie de CRS pour Marseille, Marseille c’est la deuxième ville de France, Marseille c’est cinq fois Lyon en surface, c’est deux fois et demie Paris...»
Le commissariat central de la police municipale sur la célèbre Canebière, à quelques centaines de mètres de là, a également été la cible de «casseurs», a-t-il dénoncé, affirmant avoir pourtant «demandé par écrit à la préfecture de police qu’il soit sécurisé».
Un buste de Marianne à terre
Selon le maire «ils se sont tranquillement déplacés, ils sont venus devant la mairie, là il y avait un cordon de CRS qui a effectué un tir de bombe lacrymogène sur des casseurs, c’est des black blocks, ce ne sont absolument pas des manifestants, il y a eu un rideau de fumée, puis ensuite je ne sais pas ce qui s’est passé, il y a eu un mouvement de la part des CRS et la porte de la mairie s’est retrouvée libre», et quelques dizaines de personnes sont entrées, jetant notamment à terre un buste de Marianne, symbole de la République,« une intrusion »insupportable«.
Le préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Witkovski a de son côté indiqué lors d’un point presse en fin d’après-midi avoir «engagé dès ce matin cinq unités» sur la ville et avoir «déplacé (...) une unité supplémentaire qui est arrivée vers 15h, 15h15» se refusant à confirmer l’origine de la décision de faire appel à des renforts.«Nous estimons que nous faisons face aujourd’hui à entre 7 et 8.000 pilleurs, émeutiers, il n’y a pas d’autre terme», a-t-il poursuivi, faisant état de 29 blessés, dont deux grièvement, parmi les forces de l’ordre.
«On ne fait pas de maintien d’ordre. On fait du rétablissement de l’ordre», a-t-il dit, évoquant une «situation pas encore maîtrisée», avec plusieurs incendies et «au moins 30 à 40 commerces pillés en centre-ville». Une tentative de pillage a notamment visé une armurerie.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Une enquête sera ouverte sur les circonstances de l’intrusion dans l’hôtel de ville et les pillages.
Very likely · Within days
Des renforts de forces de l’ordre seront maintenus à Marseille dans les jours suivants.
Likely · Within days
Open Questions
- Quelles étaient les revendications précises des manifestants initialement pacifiques ?
- Qui étaient exactement les individus identifiés comme « black blocks » ou casseurs ?
- Quelles mesures seront prises pour prévenir de tels débordements lors de futures manifestations ?







