Directive sur la transparence salariale : l'inaction coûte des milliards aux femmes européennes
Quick Look
- La directive européenne sur la transparence salariale, visant à réduire l'écart de rémunération hommes-femmes, n'a pas été transposée par l'Irlande et la plupart des États membres avant la date limite du 7 juin.
- Une étude estime que cette inaction coûte 28 milliards d'euros par an aux femmes européennes.
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La directive européenne sur la transparence salariale vise à lutter contre la discrimination salariale et à contribuer à réduire l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes au sein de l'Union européenne. Conformément à cette réglementation, les employeurs seront tenus de communiquer des informations sur les salaires et de prendre des mesures si leur écart de rémunération entre les hommes et les femmes dépasse 5%.
La directive devait être transposée par les gouvernements avant le 7 juin, mais l'Irlande, à l'instar de la plupart des autres États membres de l'UE, n'a pas respecté ce délai.
Une inaction qui coûte cher aux travailleuses européennes
Selon une étude de l'Institut syndical européen, une salariée perdra en moyenne 672€ par an par rapport à ce qu'elle gagnerait si l'écart salarial entre les hommes et les femmes était réduit de 10% grâce à la transparence salariale.
Cela signifie que les 43 millions de femmes travaillant dans des entreprises relevant de la directive perdront collectivement 28 milliards d'euros par an par rapport à ce qu'elles gagneraient en cas de réduction de 10% de cet écart.
Une urgence pour la Confédération européenne des syndicats
Pour la Confédération européenne des syndicats (CES), ces chiffres montrent pourquoi les États membres devaient faire preuve d'urgence pour transposer la directive dans leur législation nationale.
"Le coût des mesures en faveur de la transparence salariale est faible pour les entreprises, mais cette analyse montre que l'inaction des gouvernements nationaux coûtera aux travailleuses des milliards en salaires perdus", souligne Esther Lynch, secrétaire générale de la CES.
"C'est tout à fait inacceptable alors que les femmes subissent déjà depuis des décennies une discrimination salariale."
Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats
à RTE
Le gouvernement irlandais a assuré que les mesures relatives à la transparence salariale entreraient en vigueur progressivement et que, dans l'intervalle, les employeurs ne seraient pas sanctionnés en cas de non-respect.
Le ministère de l'Enfance, du Handicap et de l'Égalité irlandais a indiqué que la législation déjà adoptée en matière d'écart de rémunération entre les hommes et les femmes transposait une grande partie de la directive, et que des travaux étaient en cours pour transposer les dispositions restantes dans les meilleurs délais.






