
Grièvement blessé lors d'un incendie en 2016 à Gabian, l'ancien pompier volontaire Lucas Canuel aspire à devenir professionnel.
Dix ans après l'incendie tragique de Gabian qui a coûté la vie à son coéquipier et l'a grièvement blessé, Lucas Canuel se confie sur son épreuve et ambitionne de devenir sapeur-pompier professionnel.
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Le 10 août 2016, un incendie de 170 hectares à Gabian a piégé un camion de pompiers en raison d'un matériel défectueux, causant un décès et de graves blessures.
Revenir sur les lieux, même dix ans après l'incendie, est toujours une épreuve pour Lucas. Il était pompier volontaire et avait 22 ans. Ce jour-là, il a perdu dix doigts, une partie de son visage et l'un de ses camarades. "Dix ans après, malgré tout, j'ai appris à vivre avec ces images qu'on peut qualifier d'horreur. Mais ça fait toujours quelque chose au fond de moi-même, parce que je revis ce que j'ai vécu il y a dix ans et les images reviennent", confie Lucas Canuel, pompier blessé lors de l’incendie de Gabian.
Un drame dû à un matériel défectueux
Le 10 août 2016, 170 hectares de garrigue brûlent à Gabian, dans l'Hérault. Le feu, incontrôlable, a pris au piège son camion. "On s'est réfugié dans le camion pour se protéger et mettre l'autoprotection, ce nuage d'eau qui est censé protéger les pompiers en cas de passage du feu. Et celle-ci a dysfonctionné ce jour-là. Et on s'est retrouvé sans masque d'air respirable et sans autoprotection au milieu du brasier", raconte-t-il.
Ce drame, dû à un matériel défectueux, a coûté la vie à son coéquipier. Mais malgré ce décès, Lucas veut devenir pompier professionnel. "Je veux pas qu'il y ait d'autres Jérémie Beier, mais je fais ça pour les copains, pour pas qu'il y en ait d'autres", dit-il. Pour sa maman, la vie a basculé ce jour-là. "Vous passez d'une journée ordinaire à, comment dire ? L'impensable", s'émeut-elle.
"Ça serait une juste et belle reconnaissance de mon engagement de sapeur-pompier volontaire"
Après trois mois de coma, une dizaine d'opérations et plusieurs mois de rééducation, Lucas se souvient avec émotion de ses premiers pas. "C'est une deuxième naissance", glisse sa mère. "Tu imagines, maintenant je cours, je joue au foot", ponctue Lucas. Aujourd'hui, il ne compte pas ses heures d'entraînement et il a un objectif en tête. "Dix ans après le drame, Lulu n'a qu'un seul rêve, c'est d'être sapeur-pompier professionnel, malgré mon handicap", assure-t-il.
Pour lui, aucun doute, il a encore sa place dans une caserne. "Je peux avoir un poste à responsabilité dans l'encadrement, comme mes études le permettent. Et ça serait une juste et belle reconnaissance de mon engagement de sapeur-pompier volontaire", avance-t-il.
Lucas Canuel veut maintenant commencer sa deuxième vie. Un bel hommage à son surnom, le phénix.

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