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Évacuation d'un campement de sans-abris devant le Samu social de Paris
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France Info8/14/2026Society2 min readFrance

Évacuation d'un campement de sans-abris devant le Samu social de Paris

Un important dispositif policier a délogé 400 demandeurs de toits installés depuis plus d'un mois devant le siège du Samu social de Paris.

Quick Look

  • Un important dispositif policier a évacué 400 demandeurs d'asile et sans-abris installés depuis plus d'un mois devant le siège du Samu social de Paris.
  • Face à des propositions d'hébergement limitées, la plupart retournent à l'errance.

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Why It Matters

Un campement s'était formé depuis plus d'un mois devant le siège du Samu social de Paris, alimenté par une grève de 51 jours et la non-reconduction de places d'hébergement hivernales.

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Un lourd dispositif policier est venu déloger les 400 demandeurs de toits installés depuis plus d'un mois devant le siège du Samu social de Paris. Face à la centaine de places proposées par l'Etat, la plupart d'entre eux retournent à l'errance.

"Papa regarde y'a la police"¸ lance un jeune garçon qui passe au milieu de la foule encerclée par une centaine de CRS. En contrebas, un de leur fourgon bloque l'accès de la rue Jean-Baptiste Berlier (13e arrondissement). Une vingtaine d'autres sont garées sur le bas-côté.

"Quand je suis arrivé vers 6h15 beaucoup de familles terrifiées étaient déjà en train de partir", rapporte Pauline Agazzi, référente d'Utopia 56 Paris. Ce matin, devant le siège du Samu social où 450 familles dont 150 enfants dorment depuis plus d'un mois, se trouvent plus de policiers que d'individus concernés par l'avis d'expulsion publié hier par la Préfecture de police.

La foule se compose presque exclusivement de journalistes, politiques et militants à qui la police restreint l'accès au campement. Un peu plus tôt dans la matinée la police y a pénétré "en bousculant" des grévistes, rapporte Elena Sauteray, éducatrice en centre d'hébergement Samu social Paris (Syndicat CGT).

"Vous vous êtes engagé à ce que la police ne rentre pas si nous laissions les agents de la préfecture faire leur évaluation sociale seuls", lance-t-elle à l'attention d'une cadre de l'institution qui semble mal à l'aise.

La veille une réunion se tenait entre la CGT et le Conseil d'administration du Samu social pour trouver une solution à la grève qui traverse l'institution depuis 51 jours. "À l'issue des négociations, la direction nous dit qu'elle s'engage à trouver des solutions d'hébergement sans réelles garanties"¸ rappelle Elena Sauteray.

Le mouvement avait pris en juin après la décision du préfet de région de ne pas maintenir les 1200 places d'hébergements supplémentaires ouvertes cet hiver alors que le service est surchargé. Les grévistes avaient alors été rejoints par des familles expulsées et l'association Utopia 56 pour demander un toit devant le siège du Samu social.

L'agente de la préfecture coupe court à la discussion qui n'aura pas "lieu ici". Devant elle, femmes et enfants sortent en file indienne de l'intérieur de la cour avant de franchir une rubalise surélevée par deux CRS porte bouclier. "Vous allez où ?", tente une journaliste. "On ne sait pas", lui répond une dame. "Ces familles ont eu un abri pendant un mois et là elles n'ont nulle part où aller", analyse Pauline Agazzi, référente d'Utopia 56 Paris qui pense que certaines rejoindront "des accueils de jour".

Un retour à l'errance qui ne présente pas "les mêmes garanties de sécurité, d'alimentation et d'hygiène que sur le campement", rappelle Jordan Bernard, représentant CGT Samu social qui évoque la venue régulière de la Protection maternelle infantile (PMI) pour les femmes enceintes. "L'État applique une politique criminelle", tranche-t-il.

Autorisés à entrer après plus d'une heure, les bénévoles d'Utopia 56 entassent des dizaines de couvertures sous l'œil avisé d'une trentaine de CRS. Les effets qui resteront sur place "seront considérés comme abandonnés et détruits", rappelle le communiqué de la Préfecture de police.

À l'intérieur du lobby où se dresse ce qui reste du campement, les services de la ville et de la préfecture font le tour des familles pour proposer leur solution. "Bourges c'est bon ? Vous prenez vos affaires on y va", lâche précipitamment l'un des agents à une femme. "Pourquoi je devrais bouger de Paris", interroge une autre.

Ici depuis "pratiquement un mois" avec sa femme enceinte de cinq mois, Sylla* raconte passer des appels sans réponse "tous les jours" pour trouver un logement. Le couple se voit finalement proposer un hébergement temporaire de 35 jours.

D'après les chiffres de la Préfecture de police de Paris, 52 personnes se sont vues proposer un hébergement via le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO) et "62 adultes et enfants en situation de vulnérabilité ont été mis à l'abri ce matin" dont 55 en Île-de-France et 7 en "Sas régionaux".

La dernière catégorie avait déjà été refusée deux semaines auparavant. "Ce sont des hébergements de 3 semaines maximums en dehors de Paris avec une orientation à la fin. Mais une orientation peut être juste une nuit d'hôtel", sourit nerveusement Elena Sauteray.

Pour rappel, Utopia 56 indiquait ce mercredi 12 août que 300 nouvelles personnes hébergées à l'occasion du plan Grand froid avaient commencé à recevoir des SMS d'expulsions.

Open Questions

  • Quel sera le sort à long terme des familles évacuées ?
  • Comment se résoudra la grève au sein du Samu social ?

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This article was originally published by France Info.

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