
De Marseille au Maghreb, plongée dans la hiérarchie et le parcours des figures majeures de l'organisation criminelle.
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La DZ Mafia est une organisation criminelle marseillaise impliquée dans le trafic de stupéfiants et des règlements de compte sanglants.
Amine Oualane dit «Mamine»
Incarcéré en France
32 ans
Il est devenu le visage de la DZ Mafia. À Marseille, la seule évocation de son patronyme suffit à susciter la peur chez son interlocuteur : Amine Oualane est considéré par de très nombreuses sources comme étant le véritable patron de l'organisation en France. Né en octobre 1994 et ayant grandi dans la cité des Micocouliers, il a passé près de la moitié de sa vie en détention. Après avoir connu une carrière de braqueur, le trentenaire est monté en puissance en devenant l’un des hommes de main de Karim Harrat, un narcotrafiquant d’envergure arrêté à Dubaï en 2021.
Depuis 2020 et grâce à une courte évasion, celui que l’on surnomme «Mamine» s’est spécialisé dans le recrutement de tueurs à gages. C’est cette branche armée, baptisée les «Jalisco» – en référence à un cartel de la drogue mexicain auquel il voue un culte –, qui aurait permis à la DZ Mafia de conquérir des points de deal sur tout le territoire.
«Mamine», qui utilise des téléphones portables en détention, serait à l’origine de règlements de compte sanglants, dont l’assassinat du frère aîné d’Amine Kessaci. Placé à l’isolement dans les prisons de haute sécurité fin 2025, Amine Oualane aurait toutefois perdu en influence au sein de la DZ Mafia, avec l'apparition de la «DZNG» («DZ Mafia Nouvelle Génération») début 2026. La justice française le soupçonne aussi d’être à l’origine du meurtre de Mehdi Kessaci. Il reste présumé innocent.
Gabriel Ory dit «Gaby»
Incarcéré en France
30 ans
Avec Amine Oualane, Gabriel Ory, dit «Gaby», forme un puissant duo, craint au sein-même de la structure de la DZ Mafia. Né en décembre 1995 et ayant lui aussi grandi dans les quartiers nord de Marseille, Ory semblait prédestiné à intégrer la criminalité phocéenne. Son ascension, similaire à celle de «Mamine», l’a également conduit très jeune en détention. C’est derrière les barreaux qu’il s’est construit son identité criminelle et a acquis son statut de patron du cartel.
Réputé très intelligent et «manipulateur» par une source pénitentiaire, «Gaby» a multiplié les incidents en détention. Dans sa cellule, lui aussi muni de téléphones portables, il est soupçonné d’avoir supervisé la branche «extorsion» de la DZ Mafia. Au cours de l’année 2024, le cartel de la drogue s’était en effet spécialisé dans cette activité criminelle en rackettant des commerçants marseillais pour multiplier ses sources de revenus.
Placé à l’isolement dans l’un des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), Gabriel Ory est par ailleurs soupçonné d’avoir placé un contrat de 120.000 euros sur la «tête» d'un adjoint au chef de la détention du Centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille. Multi-mis en examen dans des dossiers d’assassinat et de complicité d’assassinat, il a été condamné en avril 2026 à 25 ans de réclusion criminelle pour sa participation à une double exécution dans un hôtel en 2019.
Mahdi Zerdoum dit «La Brute»
Incarcéré en France
36 ans
Plus discret que ses prédécesseurs, Mahdi Zerdoum n’en est pas moins dangereux. L’homme est un véritable narcotrafiquant, devenu début 2023 un précieux allié pour Amine Oualane et Gabriel Ory au moment de la création de la DZ Mafia. Âgé de 36 ans et lui aussi détenu en France, ce membre présumé de la «DZ» est devenu un de ses plus fidèles lieutenants en mettant à sa disposition de nombreux points de deal disséminés dans les Quartiers nord. D’abord proche de Mehdi Laribi, désigné comme le fondateur de l’organisation criminelle, il aurait depuis retourné sa veste et contribué à la création de la «DZ Mafia Nouvelle Génération» aux côtés de Gabriel Ory et d’un certain Kamel Mimar.
Réputé très violent, «La Brute» a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en mai 2025 pour une tentative d’assassinat commise en 2021 dans la cité de La Paternelle. «Cela fait quatre ans que je suis en maison d’arrêt, dont deux au quartier d’isolement. Que j’aie ma peine le plus vite possible, je veux passer à autre chose», avait-il dit à l’audience. Ce qui ne l’aurait pas empêché de poursuivre ses basses besognes.
Mehdi Laribi dit «Tic»
Incarcéré en Algérie
26 ans
Son interpellation, au mois de juillet 2026, est le fruit de longues tractations diplomatiques entre Paris et Alger. Mehdi Laribi, surnommé «Tic» par ses pairs, est considéré par la police judiciaire comme le fondateur de la DZ Mafia. Avant d’être un narcotrafiquant, il est passé par le cinéma et a incarné des rôles d’enfants dans plusieurs films, notamment Les Diables du réalisateur Christophe Ruggia. L’une de ses apparitions, sous le nom de «Rachitique», lui vaudra par la suite son surnom dans le milieu.
Dans les années 2010, il règne avec son frère Lamine sur le trafic de drogue de la cité Bassens, son quartier d’origine, avant d’être condamné à ses côtés à plusieurs années de réclusion criminelle pour un triple assassinat. À sa sortie de détention en 2021, Mehdi Laribi prend le large. Direction l’Algérie, dont il possède la nationalité, avec pour objectif de reprendre les Quartiers nord à ses concurrents. C’est dans cette optique qu’il aurait fait alliance avec «Mamine», «Gaby» et «La Brute», avant de perdre en influence et d’être éjecté de la structure criminelle originelle sur fond de litige commercial. Placé en détention provisoire en Algérie, il ne devrait pas être extradé mais pourrait être jugé au Maghreb dans le cadre du dossier «Octopus» monté par les gendarmes de la Section de recherches (SR) de Marseille.
Kamel Mimar dit «Scarface»
En fuite au Maghreb
39 ans
Il est considéré comme le chaînon manquant de la DZ Mafia. Un temps incarcéré en France, Kamel Mimar a profité d’une permission de sortie pour s’évader loin de l’Hexagone en 2024. Aujourd’hui âgé de 39 ans, il aurait récupéré les rênes de l’organisation criminelle à Mehdi Laribi et placé plusieurs de ses lieutenants sous son commandement à travers la création de la «DZ Mafia Nouvelle Génération» (DZNG). Un temps affilié à la «bande des carmes» de Félix Bingui, patron du clan Yoda, celui que l’on surnomme «Scarface» serait désormais à la tête des opérations d’une partie de la DZ Mafia. «Ils avaient récupéré la cité de La Paternelle avec Félix Bingui. Ce dernier a fait fortune avec ce réseau de stupéfiants et n’a pas voulu partager ses gains avec Mimar. Il s’est donc associé avec la DZ Mafia», confie une source proche du dossier.
Sous son impulsion, la «DZ» est notamment entrée en conflit avec le clan des «Blacks» de la cité Félix-Pyat pour le contrôle d’un point de vente de cocaïne. Surtout, Kamel Mimar aurait contribué à la mise à l’écart de Mehdi Laribi en se rapprochant notamment de Gabriel Ory. Toujours recherché par les autorités françaises, «Scarface» continue de se cacher loin des frontières françaises. Selon des sources concordantes, il aurait trouvé refuge au Maghreb, mais n’aurait plus donné signe de vie depuis quelque temps.
Mohamed Djeha dit «Mimo»
Interpellé en Algérie
45 ans
«Djeha connaît beaucoup de flics, il a beaucoup d’argent», confiait une source de la police judiciaire lors d’une audition en lien avec l’affaire «Trident». C’est au travers de cette affaire de corruption présumée qu’est ressorti le nom de Mohamed Djeha, surnommé «Mimo» ou «Suarez» sur les boucles d’échanges cryptés Sky ECC. Ce narcotrafiquant algérien, qui ne fait pas officiellement partie de la DZ Mafia, est soupçonné d’avoir pactisé avec l’organisation criminelle pour poursuivre ses activités. À Marseille, «Mimo» est connu pour être le boss incontestable de la cité de La Castellane, à l’intérieur de laquelle il a installé un réseau de stupéfiants extrêmement sophistiqué pendant de nombreuses années. Il a longtemps été l'une des cibles «prioritaires» de l'Office anti-stupéfiants (Ofast).
Perçu comme un «fantôme» par les autorités, Djeha avait été arrêté en juin 2023 à Oran par les autorités algériennes. Son réseau, qui générait des dizaines de millions d’euros de chiffre d'affaires à l’année, a été démantelé en avril 2025 par la police judiciaire (PJ) marseillaise. La situation pénale de Mohamed Djeha, qui a un temps été incarcéré après son arrestation, n’est pas formellement connue des autorités françaises. Des sources estiment qu’il pourrait même avoir été libéré sous contrôle judiciaire.

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