
Un accident ferroviaire entre un train Renfe et une rame Iryo a fait au moins 68 morts et de nombreux blessés près de Tolède.
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La collision s'est produite près d'Urda sur la ligne Madrid-Séville à la suite d'une panne informatique et d'une erreur humaine au centre de contrôle.
La Guarda civil a reçu, à ce jour, 64 signalements de la part de personnes faisant état de la disparition de proches à la suite de l’accident ferroviaire survenu ce mercredi à Urda (Tolède), rapport El País. Selon des sources de la Guarda civil ayant communiqué avec l’agence Efe, ces signalements ont été enregistrés dans les différents bureaux mis en place à l’intention des familles des victimes.
Les forces de l’ordre ont ouvert quatre bureaux «ante mortem» à Madrid, Séville, Cordoue et Tolède - villes correspondant aux points de départ, de passage et de destination des trains accidentés - afin de permettre aux proches, sans nouvelles des personnes qui se trouvaient à bord, de déposer un signalement. Dans ces bureaux, les agents recueillent des informations susceptibles de faciliter les opérations d’identification - telles que la présence de cicatrices ou de tatouages chez les passagers dont on est sans nouvelles - et prélèvent des échantillons d’ADN auprès des proches parents (au premier degré), en vue d’une comparaison avec les corps retrouvés.
Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a réclamé jeudi «l’éclaircissement» des causes à l’origine de l’accident ferroviaire ayant fait la veille au moins 69 morts à Urda, selon le dernier bilan communiqué par les autorités régionales.
Le dirigeant socialiste a également appelé à «une réparation, au moins sur le plan matériel» pour «les familles des victimes de cette terrible tragédie».
Le cauchemar se répète sur les rails espagnols. La collision de deux trains à grande vitesse ce mercredi 28 octobre près de Tolède a fait au moins 68 morts et des dizaines de blessés, moins d’un an après une précédente catastrophe qui a profondément choqué le pays. Pointé du doigt par les oppositions, le gouvernement socialiste avait pourtant enclenché un plan d’urgence. Mais ce nouvel accident fait ressurgir les craintes sur le bon fonctionnement du réseau ferroviaire ibérique.
Le réseau de train à grande vitesse est pourtant une fierté en Espagne : avec 4000km, nos voisins ont le deuxième plus grand réseau du monde, devancés seulement par la Chine et loin devant la France (2800km). Deux compagnies, Ouigo España, filiale de la SNCF, et Iryo, soutenue par la compagnie nationale italienne, y concurrencent depuis 2021 et 2022 la compagnie historique Renfe. Une ouverture à la concurrence qui a provoqué une explosion du trafic et fait baisser les tarifs.
L’Europe ferroviaire était sous le choc mercredi après la collision rarissime entre deux trains à grande vitesse sur la même voie dans la région de Tolède en Espagne, qui a provoqué la mort d’au moins 68 personnes. A Bruxelles, la Commission européenne s’est déclarée prête à apporter son aide aux autorités espagnoles. Le ministre français des transports Philippe Tabarot a fait part de sa «vive émotion» sur X et dit «attendre avec beaucoup d’attention des explications» sur la catastrophe.
Sur Linkedln, des responsables de compagnies ferroviaires européennes - continent berceau de la grande vitesse - se sont émus de la catastrophe. «L’accident de train en Espagne me laisse stupéfaite. Il touche la famille du chemin de fer en plein coeur» écrit la directrice générale de l’Allemande Deutsche Bahn, Evelyn Palla. Le PDG de la SNCF française Jean Castex a fait part de sa «tristesse», a envoyé ses «condoléances» et sa «solidarité», en français et en espagnol. La société de chemins de fer belge Infrabel s’est déclarée «profondément touchée» par cet «accident ferroviaire dramatique».
68 victimes, des dizaines de blessés, dont plusieurs en état grave. Et des scènes dantesques, décrites par les rescapés à leur sortie des deux trains entrés en collision sur la ligne Madrid Séville, à Urda, dans la province de Tolède, à 120 kilomètres au sud de la capitale. L’une des pires catastrophes ferroviaires espagnoles, alors que le sinistre podium avait déjà été bousculé par l’accident d’Adamuz, 46 morts, survenu sur la même ligne il y a seulement neuf mois, le 18 janvier dernier.
Et si la triste journée de ce mercredi manquait de désespoir, les Espagnols ont appris que la tragédie avait été provoquée par les actions « inexplicables » d’Adif, le gestionnaire du réseau. Le qualificatif est celui du ministre des Transports, Oscar Puente, qui a livré en début d’après-midi un sobre récit des faits.
«Mais quel est ce système de sécurité digne du tiers-monde, reposant sur la simple erreur d’un opérateur qui interprète mal les protocoles d’exploitation, commet une erreur de jugement ou perd sa concentration quelques secondes ?» s’insurge le site de droite El Español au lendemain de la collision entre deux trains en Espagne. «Et pourquoi cette erreur ne s’est-elle pas produite pendant des décennies, et qu’aujourd’hui, à peine neuf mois après l’accident d’Adamuz, une catastrophe similaire se produit à nouveau à cause de la faute d’un seul opérateur ?»
El Español n’est pas le seul média local à charger Pedro Sánchez au lendemain du drame, comme le relève le Courrier international. «Sánchez est le Premier ministre et doit faire plus que simplement reconnaître que ces tragédies sont inacceptables», renchérit La Vanguardia. «Il s’agit d’une affaire qui exige une responsabilité politique, et l’accident ne saurait être excusé par une simple “erreur humaine” alors qu’il y a également eu une défaillance du système de sécurité», estime le quotidien catalan centriste. «Deux accidents en un an, deux fois responsables», ajoute le titre conservateur ABC. «Cela démontre la double responsabilité de son gouvernement face à l’incompétence manifeste dans la gestion des infrastructures.»
Quand le gouvernement espagnol évoque une erreur humaine derrière le drame, la presse le renvoie à sa propre responsabilité. «Le hasard et les erreurs de jugement d’une seule personne peuvent engendrer des tragédies insupportables», commente par exemple El Confidencial. «Mais dans certains cas, ces accidents sont la conséquence de longues chaînes de commandement qui partent du sommet et se répercutent jusqu’aux opérations quotidiennes», observe-t-il. En d’autres termes, «ils sont le résultat d’une situation structurelle.» El Mundo ajoute que la succession d’accidents aussi graves en moins d’un an «n’est pas le fruit du hasard, mais bien la conséquence de la dégradation complète du système, due à un gouvernement négligent».
«C’est inexplicable». Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a la mine grave en évoquant la collision survenue mercredi près d’Urda, dans la province de Tolède, qui a fait au moins 68 morts selon les premiers bilans. En cause, une défaillance informatique du système de sécurité ferroviaire LZB, suivie d’une série de décisions au centre de contrôle d’Atocha, à Madrid.
Entre la panne, survenue vers 8h30, et le choc, autour de 8h53, 23 minutes se sont écoulées. L’AVE 2080, parti de Madrid à 7h54 en direction de Séville avec 397 passagers, a parcouru environ 25 kilomètres après avoir reçu l’autorisation de reprendre sa route. Devant lui, l’Iryo 6076, qui transportait 147 personnes après être parti à 8h, était toujours à l’arrêt.
Cette catastrophe a suscité des interrogations sur la sécurité du réseau ferroviaire espagnol après que le ministre des Transports a évoqué «une erreur» et des «circonstances inexplicables» qui ont abouti à la collision.
L’enquête suit son cours, mais le gouvernement socialiste fait face à de vives critiques concernant la gestion du réseau ferroviaire, notamment de la part de l’opposition de droite et d’extrême droite. «L’Espagne a le droit de savoir ce qui se passe avec ses infrastructures, dans quel état se trouvent les voies et les systèmes de sécurité», a notamment exigé le chef du Parti populaire (PP, droite), Alberto Nuñez Feijoo.
La collision s’est produite dans la région de Castille-La-Manche mercredi matin lorsqu’un train à grande vitesse de la compagnie nationale Renfe est entré en collision avec un train à l’arrêt appartenant à la compagnie espagnole privée Iryo. Le ministre des Transports Óscar Puente a indiqué que le système de signalisation était tombé en panne, provoquant tout d’abord «l’arrêt automatique» de six trains se trouvant dans la zone, dont les deux trains accidentés.
Mais quelques minutes plus tard, le centre de contrôle a ordonné la reprise en marche du train Renfe, une décision «erronée» et «inexplicable», selon les termes d’Óscar Puente. En un quart d’heure, ce train de la Renfe a parcouru 25 kilomètres, selon le ministre, avant de heurter, à une vitesse encore inconnue et en pleine ligne droite, le train Iryo, resté lui à l’arrêt. Le centre de contrôle avait «largement le temps pour vérifier l’erreur, mais ils ne l’ont pas rectifiée», a souligné M. Puente.
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