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BackEN DIRECT - Colère sociale : «Nous allons désobéir», des gilets jaunes appellent à un rassemblement sur la place de la Concorde à Paris samedi
EN DIRECT - Colère sociale : «Nous allons désobéir», des gilets jaunes appellent à un rassemblement sur la place de la Concorde à Paris samedi
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EN DIRECT - Colère sociale : «Nous allons désobéir», des gilets jaunes appellent à un rassemblement sur la place de la Concorde à Paris samedi

Agression de policiers, incendies dans des lycées et manifestations sous haute tension marquent l'actualité sociale française.

Quick Look

  • La France fait face à une recrudescence de violences en marge des mouvements lycéens et sociaux.
  • Entre agressions de policiers, incendies d'établissements scolaires et manifestations syndicales tendues, le gouvernement tente de répondre par des sanctions et des négociations.

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Why It Matters

Le mouvement lycéen et les revendications salariales intersyndicales se cristallisent autour de la question du pouvoir d'achat et de la sécurité dans les établissements scolaires.

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Un des trois adolescents soupçonnés d’avoir participé à l’agression d’une policière le 1er octobre à Paris en marge du mouvement lycéen a été placé sous contrôle judiciaire mais pas les deux autres, a appris l’AFP vendredi de source judiciaire. Cette décision a provoqué la colère du syndicat policier Alliance.

À la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo de l’agression, sur laquelle la policière est projetée au sol d’un coup de pied, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique». Un adolescent de 15 ans puis deux de 16 ans ont été interpellés et doivent comparaître devant le tribunal pour enfants à Paris le 23 février. Le juge des enfants avait alors refusé leur placement sous contrôle judiciaire, conduisant le parquet de Paris à interjeter l’appel de ces ordonnances.

Mercredi, comme l’a révélé Actu17, la cour d’appel de Paris a au contraire décidé de placer un des mineurs - qui ne s’est pas présenté à l’audience - sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter son domicile entre 22H00 et 06H00, obligation de suivre une scolarité, interdiction d’entrer en contact avec les coprévenus et la victime, et obligation de suivi psychologique. Le contrôle judiciaire doit encore lui être notifié. La cour a par ailleurs confirmé la mesure éducative judiciaire provisoire. Pour les deux autres mineurs, jusqu’ici inconnus de la justice, comme celui de 15 ans, la cour a confirmé le refus de contrôle judiciaire.

Elle a en revanche prononcé une mesure éducative judiciaire provisoire avec interdiction de quitter son domicile entre 22H00 et 06H00 pour celui suspecté d’avoir donné une «balayette» à la policière, et elle a confirmé la mesure éducative judiciaire déjà prononcée pour «celui suspecté d’avoir filmé et diffusé la scène sur les réseaux sociaux». Ces décisions ont suscité la colère du syndicat Alliance police nationale. «La honte!», a-t-il réagi jeudi sur X. «Une collègue traquée aux cris de “tuez-la!”, jetée au sol, frappée à coups de pied (...) Les trois mineurs mis en cause sont libres ! Voilà le symbole de notre faillite judiciaire !», a dénoncé l’organisation, avant d’ajouter: «L’impunité tue l’autorité !»

Plusieurs dizaines de proviseurs ont formé vendredi près de Toulouse une chaîne humaine pour dire «stop à la violence», au lendemain de l’irruption, au lycée de Tournefeuille, de personnes qui ont déclenché un incendie dans l’établissement. «On sent qu’on a franchi un seuil dans l’escalade de la violence. Si ça continue, il va y avoir un mort. Les collègues sont épuisés moralement et physiquement», a témoigné l’un d’eux, Yvon Manac’h, devant le lycée polyvalent Françoise de Tournefeuille.

Jeudi matin à Tournefeuille, une trentaine de jeunes masqués et vêtus de noir ont fait irruption dans le hall du lycée, tirant des mortiers de feux d’artifice, provoquant un incendie dans un local de la vie scolaire, sans faire de victimes. L’établissement de cette ville de 30.000 habitants dans l’agglomération de Toulouse, fermé vendredi, a été la cible d’incidents à trois reprises depuis le début du mouvement de protestation des lycéens, selon la proviseure Karine Rabiot, qui a été blessée le 1er octobre après avoir reçu un pavé sur un pied.

«On avait besoin de se réunir aujourd’hui, pour dire stop, stop aux violences qui sont inadmissibles de la part d’individus extérieurs au lycée, ou pas, et très organisés», a-t-elle déploré. «On n’est pas contre le mouvement, mais on sent une montée en puissance, de façon incontrôlée.»

«Ça suffit», a abondé Rémi Poumeyrol, proviseur du lycée Clément Marot à Cahors, qui a décrit des «violences inédites», comme des tirs de mortiers de feux d’artifice qui ont nécessité la mise en sécurité des personnels et élèves de son établissement. Sur le pont de 06H00 à 20H00, il a confié son «ras-le-bol», sa «fatigue» et son «inquiétude». «Le droit de manifester oui, mais des intrusions, des blocages, des saccages, ce n’est pas possible», a-t-il dit.

À l’origine du rassemblement, Yvon Manac’h, proviseur du lycée de Fonsorbes, près de Toulouse, regrette «une radicalisation» et «un niveau de violence sans précédent». «Nous avons des personnels de direction menacés sur les réseaux sociaux, leurs enfants sont menacés, des collègues bousculés, blessés», énumère Yvon Manac’h, également secrétaire académique du Syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN).

Mettant en avant le fait que les réformes dans l’éducation se font «sur le temps long», il appelle les lycéens au calme, tout en disant comprendre «le malaise, le mal-être de la jeunesse qui ne croit plus à l’ascenseur social».

Sous la grisaille automnale, la pointe sud-est de l’immense place Bellecour, à Lyon, est désormais sertie d’une drôle de palissade blanchâtre. Les plaques de tôle de plusieurs mètres de haut interdisent l’accès (même visuel) à la carcasse du pavillon de l’office du tourisme, ravagé par les flammes le 17 octobre en marge de la manifestation contre la vie chère. Derrière, les experts s’activent pour déterminer l’état structurel d’un bâtiment érigé en 1852 par l’architecte en chef de la ville de l’époque, Tony Desjardins. Leurs observations demeurent pour l’instant parcellaires, personne n’ayant pu entrer dans les lieux depuis l’incendie, en raison du risque d’effondrement du toit.

Dans le brasier, la température est montée à plus de 1000° C. «Cela a courbé le toit», indique Christophe Marguin, vice-président délégué au tourisme de la métropole de Lyon, à la tête de l’office du tourisme. «La priorité était la sécurisation, poursuit Gautier Chapuis, adjoint délégué au patrimoine à la ville de Lyon, propriétaire des lieux. Nos experts en structure vont poursuivre l’analyse sur l’enveloppe du bâtiment, mais il est trop tôt pour savoir ce qu’il va advenir par la suite». Ces expertises seront menées par la ville avec une entreprise qui va être mandatée.

Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray s’est rendu vendredi dans un lycée des Yvelines pour défendre la méthode ayant permis d’élaborer une liste des 200 lycées à rénover «en priorité», étrillée par les Régions.

Accompagné de la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, le ministre a jugé important de «lever toute forme d’incompréhension» après avoir discuté avec les équipes et des élèves du lycée Jules-Ferry de Conflans-Sainte-Honorine, l’un des 200 établissements de cette liste diffusée par le gouvernement sur la base de la consultation lycéenne menée en octobre.

«Ce ne sont pas forcément les lycées les plus vétustes, comme je l’ai vu de manière raccourcie, mais ce sont les lycées sur lesquels il y a eu le plus de contributions, relativement en l’occurrence au bâtiment scolaire», a-t-il souligné devant la presse.

«Ce qui est intéressant, justement, c’est de confronter le nombre de contributions au réel», a-t-il ajouté, en précisant que le lycée francilien en question était «un des très nombreux lycées» de la région «en cours d’embellissement» dans le cadre d’un plan de 2,5 millions d’euros.

Jeudi, plusieurs responsables de régions ont contesté la méthode utilisée par le gouvernement pour établir cette liste, certains pointant des chiffres «faux», d’autres une absence de concertation avec les collectivités en charge de la gestion de ces établissements.

«Demain nous irons à Concorde à 14h et nous y resterons jusqu’à 19h», a annoncé Benjamin Ball, membre de la coordination des gilets jaunes, à l’issue d’un entretien avec la préfecture de police. «Nous appelons à y aller. Nous appelons à désobéir massivement et nous appelons à ne pas aller au parcours alternatif imposé par la préfecture», a-t-il ajouté.

«Il y a le camp de la démocratie et de la République, celui dans lequel nous sommes, et il y a le camp de la dérive autoritaire, celui d’Emmanuel Macron», a estimé Benjamin Ball, dénonçant que les parcours de manifestations soient «coups après coups imposés par le président de la République». «Nous allons désobéir, et nous allons le faire dans le lieu très symbolique qu’est la Concorde», a-t-il expliqué.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a affirmé vendredi qu’interdire l’accès aux salles de classe comme le font certains élèves dans le cadre du mouvement lycéen est «illégal», promettant des «sanctions».

«Nos élèves ont besoin d’étudier», a martelé le ministre en déplacement dans un lycée à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), aux côtés de la présidente du conseil régional d’Île-de-France, Valérie Pécresse.

«Il y a, à peu près, 0,5% de lycées qui font l’objet de blocages ce matin, dont des élèves qui maintenant, à l’intérieur des établissements, tentent d’interdire à leurs camarades l’accès aux salles de cours. Je rappelle que c’est illégal. […] Il y aura des sanctions», a affirmé le ministre.

Ce chiffre correspond à une vingtaine d’établissements bloqués sur les quelque 3700 que compte la France, soit deux fois moins que mardi (48), jour d’appel national au blocage des lycées et des facs.

Il y avait forcément un peu d’impatience à retrouver ce jeudi le folklore des cortèges. Peut-être aussi une pointe d’appréhension pour Raphaël Glucksmann, lui qui a été chassé de la rue sous un flot d’insultes il y a deux ans à Saint-Étienne. Alors, pour ne pas revivre ce mauvais film, une armée d’élus socialistes a pris soin d’entourer le candidat, arrivé discrètement sur la place de la République. Il n’a pourtant pas fallu attendre longtemps pour entendre résonner les premiers sifflets dans le défilé parisien. Puis, les premières salves d’invectives lancées par des troupes de militants : «Tout le monde déteste le PS», «Casse-toi !», «Honte à toi !», «Vendu !»… «Raphaël, président !», ont répliqué en chœur les partisans du social-démocrate, amassés derrière une grande banderole.

Mais ces quelques mots de soutien n’ont pas suffi à couvrir les huées qui ont accompagné chacun des pas du candidat social-démocrate. À quelques mètres de lui, une pancarte exhibait son visage incrusté dans une cuvette de toilettes. Tout de noir vêtu, Raphaël Glucksmann, lui, est resté impassible, même lorsqu’un homme a tenté de jeter des tracts Insoumis sur la délégation socialiste. L’eurodéputé continuait même d’arborer un large sourire, comme pour désarçonner ses détracteurs. «Le sujet, c’est la mobilisation des travailleurs. S’il y a des militants politiques qui sont hostiles à notre présence, je m’en fous. Je m’en contrefous !», a-t-il d’ailleurs lâché devant les caméras, avant le départ du mouvement intersyndical. Voilà la preuve, estiment ses proches, que leur champion est victime de harcèlement et même d’intimidation de la part de militants radicaux, qui chercheraient à le faire taire.

Invitée sur RTL, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a salué la mobilisation de jeudi. «On a été plus d’un million hier, il faut maintenant des réponses à la hauteur», a-t-elle déclaré, à quelques jours de sa réception à Matignon lundi. Elle confirme également la demande d’une hausse de 100 euros du smic et des «vraies dynamiques salariales» alors que le tassement des grilles fait que «vous pouvez évoluer dans une entreprise et avoir une augmentation très faible».

«Dans le privé et le public, on n’arrive plus à boucler les fins de mois.» Face au refus déjà affiché du patronat, elle dénonce un «réflexe pavlovien» et estime que la balle est dans leur camp. Pareil pour le gouvernement qui «ne peut pas attendre la présidentielle» pour répondre à leurs attentes. Pour elle, il y a aussi la question des aides aux entreprises pour lesquelles il faudrait revoir «la conditionnalité», faute d’«évaluation suffisante» sur leur utilité réelle.

«On n’a pas franchi la ligne d’arrivée, mais on a franchi des étapes importantes» dans les négociations sur les salaires, a assuré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur TF1. Alors que l’exécutif doit réunir une «conférence sociale» lundi, il s’est dit favorable à une hausse anticipée du smic au 1er décembre. «Je trouve que le symbole est important, ça montre qu’on agit.» Le cas échéant, la décision devrait être prise la semaine prochaine pour être appliquée à temps.

Quant au montant, Jean-Pierre Farandou a évoqué «la barre des 1500 euros net», la jugeant «importante», sans pour autant s’engager sur une somme, alors que les syndicats réclament 100 à 150 euros nets de plus. Le smic est aujourd’hui à 1477,93 euros par mois.

Le ministre du Travail veut également «agir vite sur les négociations dans les branches», alors que les hausses successives du smic ont rattrapé les salaires du bas des grilles. Un vœu pieux formulé par le gouvernement depuis plusieurs années, sans aucun effet. Mais cette fois, «on est prêt à agir», promet Jean-Pierre Farandou. «On a un décret qui est prêt, et qui inciterait très fort les branches à relever leurs minima», sous peine de voir leurs charges augmenter.

L’intersyndicale à l’origine de la journée de manifestations de jeudi décidera de la suite de la mobilisation à l’issue de la conférence sociale organisée lundi par Matignon, déplorant l’absence de rendez-vous pour les fonctionnaires et les jeunes, a-t-elle indiqué vendredi.

«Les organisations syndicales le redisent, la seule chose qui arrêtera la mobilisation c’est la réponse aux revendications portées depuis plusieurs semaines par les salariés, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités», écrivent la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa, la FSU et Solidaires, au lendemain d’une journée nationale de mobilisation sociale pour les salaires.

«L’intersyndicale se retrouvera à nouveau ce lundi à l’issue de la réunion organisée à Matignon et décidera des suites de la mobilisation», écrivent les syndicats dans leur communiqué, prenant également acte du fait que les fonctionnaires et les jeunes, mobilisés en nombre, «n’ont même pas de rendez-vous».

Le communiqué dénonce aussi «les entraves inacceptables à l’exercice du droit de manifester» jeudi, via des «interdictions et modifications de parcours» et «la répression des manifestations de Toulouse et de Lyon».

Apportant «tout leur soutien aux militants et manifestants blessés», les syndicats demandent que la lumière soit faite sur ces événements.

Dans un climat encore sous tension dans les lycées, le principal syndicat des chefs d’établissement, le SNPDEN-Unsa, s’inquiète de voir un nombre inhabituel de proviseurs envisager de quitter leurs fonctions ou demander une mutation. Son secrétaire général, Bruno Bobkiewicz, a évoqué «une cinquantaine de collègues» dans cette situation, au micro de RTL jeudi 5 novembre. Bien que ce chiffre ne soit qu’une estimation établie par le syndicat à partir d’entretiens réalisés avec des chefs d’établissement, il interpelle Olivier Beaufrere, proviseur et secrétaire national éducation et pédagogie.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Conférence sociale à Matignon le lundi suivant.

    Very likely · Within days

Open Questions

  • Quelle sera la décision finale sur la hausse du SMIC ?
  • Comment le gouvernement compte-t-il sécuriser les lycées face aux intrusions ?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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