EN DIRECT - Meeting LFI au Bourget : Jean-Luc Mélenchon arrive sur scène
Alors que Jean-Luc Mélenchon réunit des milliers de militants au Bourget pour présenter son programme, ses adversaires politiques, Édouard Philippe et Marine Le Pen, multiplient les critiques.
Quick Look
- Jean-Luc Mélenchon réunit jusqu'à 20 000 personnes au Bourget pour présenter son programme présidentiel.
- L'événement survient dans un contexte de tensions au sein du PCF et de vives critiques de la part d'Édouard Philippe et Marine Le Pen.
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Why It Matters
Le PCF a menacé d'exclure les députés soutenant Jean-Luc Mélenchon au lieu de Fabien Roussel. Le meeting se tient au Parc des expositions du Bourget, lieu symbolique des campagnes présidentielles passées.
C’est un chiffre rare pour un meeting politique. La veille du rassemblement, 17.000 militants étaient inscrits.
Aujourd’hui, jusqu’à 20.000 personnes étaient attendues pour assister à ce grand rassemblement en présence de Jean-Luc Mélenchon.
La députée Clémence Guetté, responsable du programme LFI, a été la première à prendre la parole, pour introduire l’événement de l’après-midi.
Mathilde Hugnet, députée d’Île-et-Vilaine et Aly Diouara, le maire de la Courneuve, sont sur scène pour parler d’écologie et d’alimentation.
Les discours sont entrecoupés de petits films. La salle est pleine selon notre journaliste sur place, Célestine Gentilhomme.
Le Conseil national (parlement) du Parti communiste a fait savoir samedi que tout adhérent qui soutiendrait un autre candidat que le dirigeant du mouvement Fabien Roussel se mettrait «de lui-même en dehors du parti». Cette décision vise les quatre députés communistes, dont leur chef de file Stéphane Peu, qui ont annoncé vendredi soutenir la candidature du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.
Outre les députés communistes (Stéphane Peu, Nicolas Sansu, Elsa Faucillon et Soumya Bourouaha), cinq élus ultramarins avaient annoncé leur soutien à Jean-Luc Mélenchon.
«Par respect de la vie démocratique de notre parti», tout adhérent «se doit de respecter le choix majoritaire», estime l’instance communiste dans un communiqué.
Début septembre, les militants du PCF avaient voté à 72% pour soutenir la candidature à l’Elysée du secrétaire national du parti Fabien Roussel, qui avait été reconduit dans ses fonctions en juillet.
Si les Français avaient à choisir entre «la droite extrême» de Marine Le Pen et «la gauche radicale», «on aurait les deux durablement», a mis en garde samedi Édouard Philippe, qui a attaqué la «vision communautariste» et «l’économie administrée» de Jean-Luc Mélenchon.
«Aujourd’hui, l’élection présidentielle, c’est une polarisation progressive» entre «la candidate de la droite extrême et les candidats de la gauche radicale», où «tout ce qui est perçu comme étant au milieu est sommé d’avoir à choisir entre l’ordre et le chaos», a expliqué le candidat Horizons lors d’une réunion publique à La Ciotat (Bouches-du-Rhône).
Mais «une France dans laquelle il faudrait choisir entre la droite extrême et la gauche radicale, c’est une France dans laquelle on aurait les deux et durablement», a-t-il mis en garde.
Dans cette «opposition» RN-LFI, Édouard Philippe a expliqué voir «beaucoup de points communs», notamment «une détestation de la construction européenne» et la volonté de «sortir de l’Otan».
L’ancien Premier ministre a ensuite attaqué M. Mélenchon, qui présente son programme samedi. «Je ne sais pas si j’ai envie d’une nouvelle France» car «je crois profondément à l’universalisme républicain», a-t-il dit, reprochant au candidat insoumis de tenir «des positions qui reposent sur une vision communautariste des choses».
Jean-Luc Mélenchon a répondu sur X à la candidate RN, qui a critiqué vivement son programme, remarquant «qu’elle attaque principalement sur l’immigration et la police».
«Pour une autoproclamée ’patriote’, elle commence par dire son opposition à une tradition française depuis le XVIe siècle : le droit du sol. Par contre, elle ne parle pas de son refus de la retraite à 60 ans, de la hausse du SMIC ou du blocage des prix. Le RN c’est presque du Édouard Philippe», a-t-il fustigé, épinglant au passage le candidat Horizons à la présidentielle.
En déplacement dans les Bouches-du-Rhône, l’ancien premier ministre, candidat à la présidentielle, a présenté ce samedi matin son «grand tour» de France. Il a défendu la démarche de ces plus petites réunions, «pour poser des questions» pour « écouter ce que propose le candidat », pour «comprendre le sens de ses propositions» et «échanger sereinement».
Une bonne campagne, pour lui, «c’est aussi la discussion respectueuse et attentive». «La démocratie ce n’est pas simplement la culture du clash et de la formule, c’est aussi une conversation apaisée avec nos concitoyens».
Le programme de La France insoumise «n’est pas un projet pour redresser le pays» mais un «projet de démantèlement de la France», a accusé samedi sur X Marine Le Pen, après la publication d’une version actualisée du projet de Jean-Luc Mélenchon.
«Le programme de La France insoumise n’est pas un projet pour redresser le pays. C’est un projet de démantèlement de la France. Il pousse jusqu’à son terme la logique de déconstruction engagée par Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir», affirme la candidate du Rassemblement national, voyant une continuité entre l’action de l’ancien président de la République et le projet de la gauche radicale.
Marine Le Pen pointe une «accumulation de mesures dangereuses», du «rétablissement du droit du sol intégral, y compris à Mayotte» au «démantèlement de la BAC et (au) désarmement des polices municipales» en passant par une «politique de décroissance» et la «fermeture progressive de nos centrales nucléaires».
Ce «projet qui désarme, qui renonce, qui décroche et qui divise (...) ne prépare pas l’avenir de la France : il organise son affaiblissement et son effacement», assène la candidate d’extrême droite.
Édouard Philippe tient une réunion publique ce samedi matin à La Ciotat (Bouches-du-Rhône). Il entame un «grand tour» avec des réunions publiques dans toutes les régions françaises «jusqu’à la fin du mois de décembre», et a réaffirmé vendredi son refus de la primaire et de débattre avec ses concurrents, une «opération consistant à diviser la droite et le centre».
«Je vais aller dans toutes les régions, et je vais parcourir le pays, organiser des rencontres, des réunions publiques avec les Français», a dit le candidat Horizons à l’élection présidentielle lors d’un déplacement dans les Bouches-du-Rhône.
A gauche, le choix du Parc des expositions du Bourget comme lieu de meeting n’est pas anodin. C’est là que le candidat socialiste François Hollande a tenu en janvier 2012 son meeting devenu célèbre, au cours duquel il a asséné: «Mon véritable adversaire (...) c’est le monde de la finance».
C’est également là - et cette référence parle sûrement plus à Jean-Luc Mélenchon qui honnit François Hollande - que François Mitterrand a tenu son dernier meeting de premier tour lors de sa campagne pour la réélection en 1988.
L’ancien président socialiste reste en effet toujours une figure tutélaire pour le candidat Insoumis qui fut membre du PS pendant plus de 30 ans.
Après Clermont-Ferrand le mois dernier et avant Le Havre le mois prochain, La France insoumise effectue ce week-end un retour en région parisienne, là où elle est le plus implantée, avec ce meeting au Parc des expositions du Bourget, en Seine-Saint-Denis. Vendredi, 17.000 militants étaient inscrits pour cet événement. Jusqu’à 20.000 personnes attendues au total.
Samedi, avec ce meeting, «nous avons trois objectifs: la démonstration de la force et de la dynamique de notre campagne, la mise en valeur de notre équipe et la présentation de notre programme», explique à l’AFP le coordinateur de LFI et directeur de campagne, Manuel Bompard.
Car cet événement suit la sortie en librairie vendredi du programme présidentiel des Insoumis, la nouvelle version de «L’Avenir en commun», forte de 1069 propositions.
Et le mouvement de gauche radicale, toujours féru d’innovations technologiques, entend donner à voir de manière originale à quoi ressemblerait leur programme appliqué.
«On diffusera un court-métrage, entre fiction et réalité, avec des passages entre la scène et l’écran, pour montrer comment L’Avenir en commun va changer la vie des gens», indique l’entourage de Jean-Luc Mélenchon à l’AFP.
Open Questions
- Quelles seront les conséquences disciplinaires réelles pour les députés communistes ?
- Quel impact aura la présentation du programme sur les intentions de vote ?





