
La secrétaire générale de la CGT a prévenu que le mouvement durerait si le gouvernement ne revoyait pas sa copie budgétaire. De son côté, le Défenseur des droits s'est saisi de plusieurs signalements, notamment après la blessure d'un adolescent de 14 ans.
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La contestation lycéenne agite la France depuis quinze jours pour dénoncer les conditions d'enseignement et les difficultés d'accès à l'enseignement supérieur.
«Si c’est ça votre réponse à la mobilisation, elle va durer longtemps», la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a adressé un avertissement au ministre de l’Économie, Roland Lescure, ce dimanche sur France 2. Alors que la contestation lycéenne se poursuit depuis plusieurs semaines, la syndicaliste a appelé le gouvernement à revoir sa copie budgétaire, sous peine de voir le mouvement s’installer dans la durée.
«La mobilisation lycéenne vous met devant vos responsabilités. Les jeunes sont ce que nous avons de plus précieux», a-t-elle lancé, rappelant qu’un nouvel appel à l’action était prévu mardi 13 octobre. «Ne pensez pas vous sortir de cette mobilisation par des mesures cosmétiques», a-t-elle prévenu, dénonçant des classes surchargées, des heures de cours non assurées et les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur. Elle a notamment pointé du doigt Parcoursup, évoquant «100.000 jeunes sans réponse».
LA MENACE DE SOPHIE BINET
Les professeurs remplaçants seraient donc payés à ne rien faire ? C’est ce qu’une bonne partie de l’opinion publique a retenu de l’intervention du ministre de l’Éducation, jeudi soir, à l’issue de la quatrième journée de contestation lycéenne. En annonçant au journal de 20 heures de TF1 qu’il allait affecter « plusieurs milliers » de professeurs remplaçants « dans les prochaines heures » dans les établissements les plus en difficulté, Édouard Geffray a interloqué parents et communauté éducative.
S’il a enfin apporté une réponse concrète et immédiate à l’une des revendications du mouvement lycéen qui agite la France depuis quinze jours, en creux, sa solution interroge sur la capacité soudaine à trouver des enseignants là où, toute l’année, on les cherche. À la rentrée de septembre, au moins un professeur manquait à l’appel dans 65 % des collèges et des lycées, selon le syndicat des proviseurs SNPDEN-Unsa.
En reconnaissant que « 3 000 » professeurs spécifiquement dédiés au remplacement (les « TZR » dans le jargon, pour « titulaires sur zone de remplacement ») n’étaient, à ce jour, pas « devant les élèves », le ministre a exposé au grand jour les failles de la machine Éducation nationale. Ce vivier, Édouard Geffray ne l’a pas sorti du chapeau, il l’a simplement affecté aux nécessités de la crise.
«L’urgence est à la massification», assure l’UNEF de Nanterre dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. «Il faut qu’on soit le plus nombreux possible à rentrer dans la bagarre aux côtés des lycéens». Ces étudiants assurent avoir «obtenu» de la présidence de l’université «la réouverture de la fac dès demain ainsi que la banalisation des absences toute la semaine». «Cela signifie que tous les étudiants qui le souhaitent peuvent se mobiliser sans aucune forme de sanction».
Las, ils demandent à nouveau à se «mobiliser» ce lundi matin à 9h00 devant la faculté de Nanterre.
Le Défenseur des droits (DDD), autorité administrative indépendante chargée notamment de veiller au respect de la déontologie par les forces de l’ordre, a annoncé dimanche avoir reçu 28 saisines individuelles depuis le début du mouvement lycéen. «Compte tenu des nombreux incidents» lors de la mobilisation des lycéens, le DDD a estimé dans un communiqué «qu’il est impératif de concilier la sécurité à la protection des droits et libertés des personnes, particulièrement lorsqu’il s’agit de mineurs».
L’autorité administrative, incarnée depuis juillet par l’ex-ministre François-Noël Buffet, a «reçu 28 saisines individuelles depuis le début des mobilisations», saisines qui sont encore en cours d’«examen», a souligné le DDD. «Compte tenu de la gravité du premier incident porté à sa connaissance», le DDD a par ailleurs indiqué au Figaro avoir décidé, le 1er octobre, de s’autosaisir des faits survenus à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), où un jeune de 14 ans a été gravement blessé au visage par un tir de grenade lacrymogène.
«Les premières démarches nécessaires à l’instruction du dossier sont actuellement en cours», a-t-il souligné. Le Défenseur des droits, qui n’a pas de pouvoir de contrainte, «sera particulièrement vigilant au respect et à la bonne application des règles de déontologie» par les forces de l’ordre, a-t-il ajouté.
La poursuite des blocus inquiète en tout cas les plus de 10.000 étudiants en médecine qui commencent lundi les épreuves du très ardu concours de l’internat, déterminant pour le choix de leur spécialité. Le concours étant national, toute perturbation dans un seul des centres d’examen répartis sur le territoire national peut entraîner une annulation de celui-ci dans tous les centres.
Un blocage de ces examens «n’aurait d’impact que sur les étudiants» et provoquerait «une grande détresse», a prévenu vendredi sur France Info Thibault Patey, président de l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine), qui par ailleurs «soutient» les «revendications des mobilisations étudiantes».
Dimanche soir, le premier ministre Sébastien Lecornu a rendu public un décompte des contributions à la plateforme de concertation lancée par le gouvernement à l’adresse des lycéens. «Plus de 76.500 lycéens ont déjà participé à la consultation nationale lancée sur Agora».
Il a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 qui reprendront «certaines propositions formulées» sur la plateforme. Ces contributions seront également «analysées académie par académie, puis établissement par établissement», pour y apporter «des réponses adaptées», a-t-il promis.
Les lycéens entament lundi une nouvelle semaine de leur mobilisation débutée mi-septembre avec en point d’orgue un «acte V» des manifestations mardi, qui sera déterminant pour un mouvement que le gouvernement espère en phase de décrue.
L’exécutif espère d’autant plus un reflux de la mobilisation lycéenne et étudiante qu’une journée d’action lancée sur les réseaux sociaux, notamment pour le pouvoir d’achat, doit se tenir le samedi 17 octobre, réveillant le souvenir des Gilets jaunes.
Vendredi, le gouvernement communiquait sur une «nette décélération» dans les blocages et rassemblements lycéens. Selon le ministère de l’Éducation, «plus de 96% des lycées» étaient ouverts vendredi matin (141 établissements fermés sur 700), contre 157 la veille.
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Acte V des manifestations lycéennes prévu mardi 13 octobre
Very likely · Within days

The high school mobilization begins its third week with “act 5” this Tuesday, October 13. After a drop in participation noted on October 8, students and unions are trying to relaunch the movement before the All Saints' Day holidays.

The high school mobilization begins its third week with blockades of establishments. A new strike call is launched for Tuesday, as the government attempts to respond to demands through replacement announcements and a consultation.

The inter-union and high school students are calling for a new day of strike and demonstrations on Tuesday in France to defend education, despite government announcements and concerns around the medical internship competition.
According to Sébastien Lecornu, 71% of the 76,500 contributions collected on the government consultation platform relate to the organization of school time, 51% to difficulties linked to buildings and 28.5% to absent teachers. The platform, open until October 23, aims to develop an action plan to improve high schools.

Young people aged 18 to 19 from the Génération Paty project presented their book at the Samuel Paty college in Conflans-Sainte-Honorine, where they shared their experience of the trial of the accomplices in the assassination of the teacher and exchanged with third-year students on freedom of expression and the spread of rumors.

Hundreds of high school students from all over France gathered in a general assembly in Paris to structure the movement, extend mobilization to workers and imagine new modes of action.