EN DIRECT Mobilisation du 17 octobre : Cortèges sauvages à Paris et premières actions dans plusieurs villes de France...
Incidents, cortèges sauvages et attaques de locaux de presse émaillent une journée de mobilisation nationale contre la vie chère et les politiques gouvernementales.
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Plusieurs manifestations et incidents émaillent la journée nationale de mobilisation du 17 octobre en France, marquée par des tensions, des interpellations à Paris et en province, ainsi qu'une attaque contre le siège de CNews.
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Why It Matters
Journée nationale de mobilisation du 17 octobre en France contre la vie chère, la hausse des prix et le budget gouvernemental.
À Clermont-Ferrand, plusieurs centaines de personnes dont beaucoup de jeunes, ont défilé dans les rues derrière une banderole rouge « une seule solution la révolution ».
« Nous sommes là parce que ça fait trois semaines qu’on crie nos revendications et elles ne sont pas entendues. Nous sommes là par solidarité avec les lycées délabrés », dit Lise, 16 ans, scolarisée en première dans un lycée du centre-ville.
« La convergence des luttes est extrêmement importante pour montrer au gouvernement que ce n’est pas une cause qui est importante, mais qu’il y a également d’autres personnes qui souhaitent se faire entendre, c’est une colère générale, on a des problèmes communs », a déclaré Julia Kudada sur France Info ce samedi.
Avec une essence et un diesel atteignant 10 à 11 lei le litre (près de 2 euros), les Roumains ont de plus en plus de mal à faire le plein. « Les temps sont vraiment durs. Mais nous, on ne va pas se mettre à tout casser », rit Gabriel, un chauffeur de VTC.
A Lyon, des manifestants ont ovationné un couple qui venait de se marier à la mairie du 7e arrondissement.
À Lyon, les policiers ont dispersé à coups de grenades lacrymogènes près de 300 personnes rassemblées devant l’université Lyon-3 peu après 10 heures après que des manifestants ont commencé à crier « Siamo tutti antifascisti », a constaté l’AFP.
Gare Montparnasse, environ 150 jeunes se sont rassemblés puis se sont engagés dans la rue de Rennes, scandant « Macron nous fait la guerre et sa police aussi », a constaté une journaliste de l’AFP. La police a chargé rue du Vieux Colombier et a bloqué une grosse partie du groupe entre les immeubles et un cordon de police, selon la même source.
Rencontrée devant la gare Montparnasse, Blanche, lycéenne de seconde (prénom modifié), attendait des amis. Elle a préparé une pancarte « une jeunesse mobilisée est une puissance qui effraie même les bombes atomiques (Thomas Sankara) » et manifestera « pour qu’il y ait des fonds pour l’éducation publique, que tous les lycéens aient des conditions adéquates dans leurs classes ».
Rue du Faubourg Saint-Denis, un cortège d’environ 200 manifestants, pour certains masqués, faisaient face à des policiers casqués, en milieu de matinée, et la situation s’est tendue, ont constaté des journalistes de l’AFP.
La police a lancé des gaz lacrymogènes pour repousser la manifestation sauvage et à l’entrée de la rue, niveau du boulevard Magenta, les manifestants scandaient « Siamo Tutti antifascisti » et « Acab », selon la même source.
En milieu de matinée à Paris, deux cortèges sauvages se sont formés entraînant l'intervention des forces de l'ordre pour les disperser, a annoncé la préfecture de police (PP) en faisant état de 61 interpellations à 11 heures.
Le premier cortège, un rassemblement syndical, composé d'une centaine de personnes, selon la PP, s'est formé dans le secteur de la gare du Nord avant de rejoindre la rue du faubourg Saint-Denis.
Le second, composé de lycéens et d'une ampleur similaire, a débuté rue de Rennes, a complété la préfecture de police en précisant qu'à 11 heures, 61 interpellations et 589 contrôles préventifs avaient été réalisés et quatre amendes forfaitaires délivrées.
Face à la hausse des prix du carburant, de l’énergie et un « budget de récession », « si on ne se mobilise pas, le gouvernement ne bougera pas », a déclaré samedi Fabien Roussel, le candidat communiste à l’élection présidentielle.
« Les Français ont peur, ils sont inquiets, ils ont raison […]. C’est pour ça que nous devons être très nombreux, paysans, salariés, lycéens, lycéennes, il faut que tous ensemble on arrive à être unis pour peser sur les choix du gouvernement » a ajouté M. Roussel, présent à un rassemblement de quelques centaines de personnes à Valenciennes (Nord).
« Alors qu’il y a des mesures fortes à prendre pour défendre le pouvoir d’achat des Français […], le gouvernement fait tout l’inverse » avec son projet de budget 2027 prévoyant 54 milliards d’euros d’économies, a encore estimé le chef du PCF. « C’est un budget de récession, c’est un budget qui va tétaniser l’économie, qui va tétaniser les entreprises, et surtout tuer la consommation », a-t-il martelé.
L’incendie qui a ravagé tôt samedi un bâtiment de la faculté de lettres de Rouen à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime) est vraisemblablement d'« origine criminelle » au regard des « premières constatations » réalisées, a indiqué une source proche du dossier.
« Informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence », a réagi la chaîne d'information qui est dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. « Nous déplorons toutes violences envers quiconque que ce soit pour nous ou pour nos confrères », a précisé la chaîne.
Les forces de l'ordre ont procédé samedi matin à Paris à 40 interpellations à la suite de contrôles réalisés pour faire respecter les arrêtés d'interdiction de manifester dans de larges secteurs de la capitale, selon un premier bilan de la préfecture de police.
Le siège parisien de CNews a été pris pour cible par une centaine de personnes samedi, à l'orée d'une journée nationale de mobilisation, a indiqué la préfecture de police de Paris, qui fait état de 21 interpellations.
A Marseille, le grand boulevard du Prado a été momentanément bloqué par des poubelles et des trottinettes avant d'être dégagé par les CRS qui emboîtaient le pas aux manifestants.
À Lyon, « un groupe de 40 individus a été dispersé » près d'un pont sur le Rhône reliant la Presqu'île au centre-ville, « après une tentative d'entrave à la circulation », selon la préfecture, et un groupe d'une dizaine de personnes dispersé aussi près de la raffinerie de Feyzin.
A Rennes, une vingtaine de personnes ont installé un barrage filtrant, avec des poubelles et des grosses palettes, aux abords d’un grand centre commercial.
Christophe, un artisan menuisier de 47 ans, un ancien gilet jaune, dit avoir été blessé en 2018 lors de l’acte trois par un tir de LBD. « Aujourd’hui, on en arrive à une répression sur nos propres enfants », s’indigne-t-il auprès de l’AFP.
La mobilisation sociale prévue le 17 octobre pourrait rassembler davantage de manifestants qu’initialement anticipé, les autorités tablant désormais sur 150.000 participants en province et quelque 40.000 à Paris, selon des estimations policières communiquées vendredi.
Les autorités recensent près de 500 actions potentielles à travers le pays, tandis que plus de 90 manifestations sont encore en préparation, selon l’entourage du ministre de l’Intérieur. Le gouvernement redoute des incidents dans les cortèges, particulièrement à Paris et dans les grandes métropoles, où des militants d’ultragauche pourraient, selon lui, chercher à provoquer des affrontements avec les forces de l’ordre.
Emmanuel Macron a lancé vendredi, depuis Bruxelles, un appel à l’apaisement. Tout en réaffirmant son attachement à la liberté de manifester, le chef de l’État a exhorté les participants à faire preuve de responsabilité, rappelant que l’exercice de ce droit devait s’accompagner du respect des personnes et des biens.
What to Watch
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Poursuite des manifestations et des contrôles de police renforcés
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Open Questions
- Quel sera le nombre total de manifestants à l'issue de la journée ?
- Quelles suites judiciaires pour les interpellations ?

