
Large vainqueur dès le premier tour avec plus de 66 % des voix, Raphaël Glucksmann fait face aux tensions avec La France insoumise et tente de unifier sa famille politique.
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Raphaël Glucksmann a remporté la primaire de la gauche sociale-démocrate avec plus de 66 % des voix dès le premier tour.
Le candidat de la gauche sociale-démocrate Raphaël Glucksmann a demandé lundi à Jean-Luc Mélenchon de «désavouer ses supporters (qui) agressent», après avoir été victime dimanche soir d’un «enfarinage», quelques heures après sa victoire à la primaire.
«À chaque événement qu’on organise, chaque manifestation dans laquelle on se rend, il y a des militants insoumis qui harcèlent, qui insultent ou qui enfarinent ou qui menacent», a-t-il déploré sur France Inter.
À Paris dimanche soir, il est pour l’instant difficile de dire s’il s’agissait d’un militant insoumis qui lui a versé un sac de farine sur la tête, mais ce phénomène «est récurrent», a-t-il expliqué, affirmant avoir été victime de militants insoumis lors d’un déplacement récent à Nancy par exemple.
Un peu plus tôt dans la soirée, une jeune femme qui a reconnu être «mélenchoniste», avait déjà lancé du riz sur Raphaël Glucksmann dans la rue. Il s’est fait aussi huer par des sympathisants LFI.
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon «doit décider si les sept mois qui viennent, ça va être ce type d’événement tout le temps. Et s’il décide que ce n’est pas ça, il doit désavouer formellement que ses supporters aggressent», a ajouté M. Glucksmann. L’eurodéputé a affirmé que «ce genre de comportement ne l’impressionnait pas», et qu’il n’avait «pas peur».
Au lendemain de sa très large victoire à la primaire sociale-démocrate (plus de 66% des voix), Raphaël Glucksmann assure : «On aura besoin de tout le monde». Le leader de Place publique souhaite que son ancien rival, Olivier Faure, «fasse partie de cette campagne». Avec 14% des voix, le mandat du premier secrétaire du Parti socialiste (PS) pourrait être remis en jeu. «Je ne suis pas cadre du PS, je vais parler aux Français, aux citoyens. Le PS n’est pas Renaissance ou LFI. C’est un parti démocratique», a rétorqué le candidat officiel. Avant de reconnaître : «Olivier Faure n’est plus majoritaire au sein de son propre parti».
Raphaël Glucksmann a aussi assuré que l’ex-président, François Hollande, et probable candidat lui aussi, «l’a félicité». «Je veux qu’il soit dans notre équipe. Je veux que Bernard Cazeneuve, les Écologistes participent. Je vais parler avec François Hollande», a-t-il encore promis.
«Enfin, la bataille commence», a lancé sur France Inter le vainqueur de la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann. «On chasse l’esprit de défaite de nos âmes et de nos cœurs», se félicite celui qui a remporté la compétition à plus de 66% des voix.
«Je n’en peux plus de cette gauche qui ne croit plus en la victoire. On a réveillé une sorte de fierté», a encore détaillé le fondateur de Place publique. «Je sens une immense responsabilité. Toute ma vie politique m’a préparé à ce moment historique», a lancé l’eurodéputé.
Le patron de Reconquête et ex-candidat à la présidentielle de 2022, Éric Zemmour, devrait «bientôt» officialiser son retour dans la course élyséenne. Interrogé sur les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, le polémiste a assuré ne «pas vraiment» croire à la sincérité du trentenaire.
«Ce que dit Jordan Bardella sur son téléphone portable m’intéresse assez peu», a-t-il encore argué au sujet des conversations privées de 2013. «C’est de la petite politique», a assuré l’homme, préférant «d’abord voir les problèmes importants de la France». Celui qui a recueilli 7% des suffrages à la dernière présidentielle, a raillé : «Jordan Bardella est en voie de marginalisation au sein du RN».
Maire de Rouen et premier secrétaire délégué du PS, Nicolas Mayer-Rossignol voit dans la victoire et le score de Raphaël Glucksmann dimanche au premier tour de la primaire de la gauche une «vraie satisfaction». «La participation est très élevée, beaucoup plus que tout ce que les commentateurs prédisaient. Peu de gens pariaient sur un score aussi élevé de Raphaël Glucksmann», se félicite-t-il au micro de Public Sénat.
«Beaucoup de gens sont venus voter pour dire : on veut ce retour d’une gauche claire, sincère, pro-européenne, qui n’a pas peur de s’affirmer», poursuit celui qui est aussi responsable du programme présidentiel de Raphaël Glucksmann. Et de lancer un appel au rassemblement : «Rejoignez-nous : c’est maintenant que la vraie bataille face à l’extrême droite, pour réorienter le pays, pour la France et les Français, commence. On a besoin de tout le monde.»
Invité de la matinale de TF1, Philippe Brun, député PS de l’Eure, estime qu’en plebiscitant Raphaël Glucksmann dès le premier tour de la primaire du camp sociale-démocrate, les sympathisants socialistes «ont dit très clairement qu’ils souhaitaient mettre fin à la politique de zigzag et de magouille d’Olivier Faure depuis maintenant 8 ans. […] Ça fait 8 ans qu’on zigzague. On n’a pas de programme. On n’a pas d’incarnation. On sous-traite les idées à La France insoumise. À la fin, à force de sous-traiter, les sympathisants qui ont voté hier se sont dit qu’ils allaient aussi sous-traiter la candidature.»
«Je n’avais pas de doute, je savais qu’il gagnerait dès le premier tour à partir du moment où on n’a pas pu avoir un vrai débat de fond, et que la question était : pour ou contre LFI. […] Ce score-là, c’est aussi celui de la clarification de notre ligne politique», ajoute Philippe Brun, qui a été exclu de la primaire suite à des accusations de violences physiques, de harcèlement et d’emploi familial formulées par une de ses anciennes collaboratrices. Il a également été suspendu à titre provisoire du PS. Une suspension «complètement scandaleuse», fruit d’une «magouille» d’Olivier Faure, selon lui.
Philippe Brun voit d’ailleurs dans les résultats de la primaire un «plébiscite contre Olivier Faure», dont il appelle à «tirer les conséquences», sans explicitement prononcer le mot de démission. «On peut perdre une primaire socialiste et rester premier secrétaire du parti, mais faire 14%, c’est un lourd désaveu. […] Les gens se sont ultra mobilisés pour dire non à la ligne qu’il portait.[…] À sa place, j’en tirerais les conséquences qui s’imposent»
Est-ce l’envie ou le devoir qui, au fond de lui, a motivé ce dernier combat ? Peut-être un peu des deux, répondent les amis d’Olivier Faure. À 58 ans, le patron des socialistes n’a jamais été, dit-il, un « obsédé » de la présidentielle, pas plus qu’il n’est « né » avec l’ardente conviction d’un jour occuper le Palais de l’Élysée. Mais le premier secrétaire, aux manettes d’un parti tourmenté depuis bientôt huit ans, voulait lui aussi avoir son mot à dire dans la primaire de la grande famille socialiste. « Il ne souhaitait pas que ses années à la tête du parti soient totalement passées sous silence », décrypte l’un de ses proches.
En finir, aussi, avec cette image d’habile tacticien, capable de déjouer les mauvais coups, pour montrer celle, plus étoffée, d’un candidat aux plus hautes fonctions. Pari finalement perdu pour le quinquagénaire, qui a dû s’incliner, dimanche soir, dès le premier tour, ne réunissant que 14,46 % des voix, face à Raphaël Glucksmann (66,17 %), Ségolène Royal (7,62 %), Emmanuel Maurel (5,92 %) et Jérôme Guedj (5,83 %).
Auréolé de sa large victoire dimanche soir à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann doit désormais apaiser et rassembler une famille politique divisée et poursuivre la dynamique qui vient de s’enclencher. Le député européen a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate avec plus de 66% des voix, une victoire large dès le premier tour qui a étonné jusque dans son camp : c’est une «surprise» et une «bonne nouvelle pour la suite» a salué le chef des députés PS, Boris Vallaud.
Le leader de Place publique a affirmé dans la soirée être «investi d’une responsabilité immense», s’engageant à «rassembler». L’enjeu maintenant est de faire une place dans la campagne «à toutes les sensibilités et à tous les candidats», et en intégrant des propositions des candidats dans le programme, a souligné auprès de l’AFP Jérôme Auslender, un des responsables de Place publique. «On va constituer une équipe large autour de notre candidat» et ensuite «s’élargir au reste de la gauche démocratique», précise le même.
Désormais il s’agit d’«entrer dans une dynamique de campagne en s’adressant aux Français», pour poursuivre le mouvement lancé avec la primaire, mais sur une identité clairement sociale-démocrate, selon Jérôme Auslender. Raphaël Glucksmann a lancé «un appel à tous les citoyens écologistes, humanistes» et «républicains» à le rejoindre.
Si la patronne des Ecologistes Marine Tondelier a déploré la victoire de «celui qui fait le choix du repli», le camp Glucksmann fait mine de ne pas s’en inquiéter. Le sénateur écologiste Yannick Jadot, qui les a déjà rejoints, va bientôt présenter les 100 jours de la «révolution écologiste» que promet Raphaël Glucksmann. «On va affirmer cette identité écologiste qu’on a en partage», défend Jérôme Auslender, persuadé de pouvoir convaincre les Verts.
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