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BackEN DIRECT - Violences urbaines : Marylise Léon estime «qu’on paie cash dix ans de verticalité», Sébastien Lecornu réunira les partis politiques jeudi
EN DIRECT - Violences urbaines : Marylise Léon estime «qu’on paie cash dix ans de verticalité», Sébastien Lecornu réunira les partis politiques jeudi
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EN DIRECT - Violences urbaines : Marylise Léon estime «qu’on paie cash dix ans de verticalité», Sébastien Lecornu réunira les partis politiques jeudi

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  • Moins de trois jours après l'incendie de la mairie de Limoges, un suspect fiché S a été interpellé.
  • Face aux violences urbaines et aux pillages du week-end, le gouvernement, les syndicats et l'opposition réagissent alors que se multiplient les comparutions immédiates et les enquêtes.

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Des violences urbaines et des dégradations, incluant l'incendie de la mairie de Limoges, ont touché plusieurs villes françaises à la mi-octobre.

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Moins de trois jours après l’incendie criminel qui a ravagé la mairie de Limoges (Haute-Vienne), classée au patrimoine historique, un suspect a été interpellé mardi matin à Val d’Issoire par le RAID de Bordeaux, a-t-on appris de sources concordantes. Selon une source policière, «Il s’agit d’un activiste d’ultragauche déjà fiché S».

Âgé de 40 ans et originaire de la Creuse, il est également connu des autorités, notamment pour des faits de «violences sur personne dépositaire de l’autorité publique». Contactée, la procureure de Limoges confirme l’interpellation du suspect.

Pour Marylise Léon, «le gouvernement tarde beaucoup trop pour répondre aux demandes» des jeunes, tout en qualifiant les violences «d’inadmissibles». Si la secrétaire générale de la CFDT affiche son «soutien pour la mobilisation des lycéens et des étudiants», elle ajoute qu’il «faut que chaque organisation sache rester à sa place».

«Le mouvement est loin d’être terminé, on appelle au 5 novembre avec d’autres organisations» syndicales, souligne Marylise Léon. Une réunion avec le gouvernement se tiendra mercredi 21 octobre mais la syndicaliste «veut des réponses et pas une leçon de responsabilité de la part du président». «Il y a une colère, une envie d’être considéré, respecté. On paie dix ans de verticalité, il faut de vraies réponses sociales», a-t-elle martelé.

Le coordinateur de La France Insoumise (LFI), Manuel Bompard, annonce saisir la Cour de Justice de la République contre le ministre de l’Intérieur, après une publication de Mediapart. Un article, publié hier soir, relate le témoignage d’un commissaire des services de renseignement, qui assure «avoir eu pour consigne de cibler le parti de Jean-Luc Mélenchon» dans les pillages.

«C’est absolument scandaleux», martèle l’Insoumis. «Fabriquer des faux documents, faire de l’abus d’autorité, ce sont des délits», accuse-t-il. «Il faut qu’il y ait des enquêtes qui soient menées. Ça s’appelle un scandale d’État», a encore martelé l’élu.

Le gouvernement dit avoir obtenu une «coopération» de la part des plateformes de revente comme Vinted ou Leboncoin, convoquées lundi soir après qu’elles ont hébergé des annonces de recel de produits volés lors des pillages. «Nous avons signé une charte avec elles», a assuré le ministre du Commerce Serge Papin sur Sud Radio, expliquant qu’elles ont «pris des engagements de traçabilité» et ont accepté «s’il y a un doute, de prévenir tout de suite les autorités».

«Le travail est à faire par les plateformes, il faut mettre en place de la modération», a ajouté le ministre, restant toutefois vague sur les engagements concrets obtenus de la part des plateformes. «On a demandé un travail d’investigation avec des retours dans les 48 heures», a-t-il ajouté.

«La soirée s’est bien passée, on a eu une nuit beaucoup plus calme» assure ce mardi matin Ariel Weil, maire PS de Paris Centre, où un couvre-feu a été déployé hier soir, suite aux violences de ce week-end. Des zones de filtrage ont aussi été organisées.

Sur BFMTV, l’élu avait évoqué lundi la possibilité de faire appel à l’armée pour empêcher de nouveaux pillages dans la capitale. «J’ai évoqué l’idée que l’on puisse avoir recours à l’armée si on avait un problème d’effectifs» explique-t-il au micro de RMC. «L’armée est déjà déployée à Paris, notamment avec l’opération sentinelle» justifie-t-il, proposant que les militaires puissent être déployés comme «présence dissuasive» dans certains quartiers pour éviter les pillages.

Interrogé sur les formes d’autodéfense auxquelles se sont résolus certains commerçants, l’édile dit comprendre que «les habitants ont pu avoir le sentiment d’avoir été abandonnés». «Je peux essayer de comprendre ceux qui ont repoussé les attaquants» poursuit-il. «Mais si les gens commençaient à s’armer eux-mêmes ce serait terrible, ce serait que l’État a failli», alerte-t-il.

Pour faire toute la lumière sur la journée du 17 octobre, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a proposé dès dimanche la création d’une commission d’enquête. En conférence des présidents à 10h devrait être décidée la façon dont «on l’a créée» et «le champ que l’on définit ensemble». Sur France Inter, la responsable politique plaide pour «qu’à la fin de l’année, on puisse avoir les résultats».

«Il ne s’agit pas de mettre en accusation qui que ce soit», a-t-elle défendu, mais «de comprendre toutes les questions que l’on se pose». La députée des Yvelines, qui reconnaît «une faillite», entend comprendre les défaillances «au niveau des renseignements», «ce qui s’est passé sur les réseaux sociaux», ainsi que sur «la pénurie de munitions».

À ce jour, 123 personnes sont incarcérées depuis les violences qui ont émaillé les manifestations ce week-end, «soit en détention provisoire soit parce qu’ils ont eu des mandats de dépôt», annonce sur Europe 1-CNews le ministre de la Justice. Par ailleurs, «une cinquantaine d’informations judiciaires» ont été ouvertes, et «encore énormément de gens» sont encore en garde à vue.

«Il y a eu beaucoup de fermeté de la part des procureurs de la République. Je leur ai demandé d’être impitoyables envers ceux qui ont attaqué des policiers, des gendarmes, des pompiers, qui ont pillé des commerces et attaqué des bâtiments publics.»

«Je ne suis pas un spécialiste du maintien de l’ordre mais manifestement la menace a été sous-estimée», relève ce mardi matin Patrick Martin sur RMC. Pour le président du Medef, «l’État a été défaillant» face à «des populations étranges, archi violentes et ultra-déterminées». «J’ai vu des choses effrayantes, c’est inadmissible dans notre état de droit», a-t-il ajouté.

Quant au recours aux armes ou à des barres de fer de la part des commerçants pour se défendre, Patrick Martin partage sa vision : «Je les comprends mais je les dissuade de le faire car nous restons attachés à l’État de droit, il ne faut pas tomber dans le panneau que tend l’ultra-gauche et aux black blocs qui attendent une guerre civile.» Selon lui, il «faudrait peut-être hiérarchiser les priorités» afin de «tenir jusqu’à la présidentielle».

La chute du beffroi incendié de la mairie de Limoges résume, à elle seule, l’état de la France. Avec lui, c’est un peu la République qu’on avait l’impression de voir tomber. Une République où l’autorité est malmenée, insultée, piétinée par des individus décivilisés. Une longue suite de démissions explique cette faillite. À l’école, bien sûr, où l’élève a remplacé le maître, où l’effort et l’exigence sont devenus suspects. Sur la voie publique, où les forces de l’ordre sont assimilées à une bande ennemie qui empêche le narcotrafic et tue. Face à l’immigration et ses conséquences aussi, aujourd’hui hors de contrôle, dont il est interdit de parler, sous peine de procès en fascisme.

Il ne suffit pourtant pas d’être né à Paris, Lyon ou Marseille pour respecter et partager les valeurs et la culture de notre pays. Est-ce là le terreau de la « nouvelle France » chantée par Jean-Luc Mélenchon ? Les journées des 17 et 18 octobre ont démontré la convergence des haines exprimées par les adeptes du drapeau noir et par la racaille délinquante - qu’il faut cesser d’appeler « d’opportunité », Monsieur le ministre de l’Intérieur.

L’ÉDITORIAL D’YVES THRÉARD

« Ou vous prenez la mesure de votre dangerosité, ou vous restez sur le barbecue et ça va faire mal », prévient la présidente de la 23-3, la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, où se jouent les toutes premières comparutions immédiates après le 17 octobre. Dans le box, carrure massive dans un tee-shirt noir, MG finaude et enchaîne des réponses qui n’ont rien à voir avec les questions. Venu de Tours le matin même du 17, il a été pris avec, dans son sac à dos, neuf petites fioles vides, de l’alcool à 90, de l’étoupe à foison et trois briquets. « Un cocktail Molotov en pièces détachées », résumera un peu plus tard le procureur de la République.

Pour l’instant, le jeune homme de 21 ans, n’en démord pas : « C’était pour faire un barbecue chez une amie du 11e, pour mon anniversaire. » La présidente s’énerve : « Votre procès, c’est maintenant, pas dans deux heures, pas dans deux ans. » « C’est que je n’ai pas eu le temps de changer de sac à dos avant de partir à Paris », biaise-t-il. À l’écran, le tribunal visionne deux vidéos qui relèvent du gag : MG est filmé en train de faire des tests la veille, dans la nuit, face à une voie ferrée : on le voit allumer l’étoupe enfoncée dans une bouteille et attendre qu’elle s’enflamme bien. Puis une voix off dit « allez, vas-y, c’est bon », avant que ne soit lancé « l’engin inflammable et explosif », comme le décrit l’article 322-11 du code pénal. Ce dernier se brise et s’éteint instantanément de l’autre côté de barbelés. Un sourire parcourt la salle d’audience. « Mon but, ce n’était pas de blesser les gens », répond le jeune mis en cause, sans antécédent judiciaire, et ancien sapeur-pompier. « Les bras m’en tombent », soupire la présidente. Le procureur requiert « 10 mois de prison ferme aménageable ab initio ».

Ce cas - seulement quatre comparutions devant le tribunal correctionnel de Paris pour la journée de lundi - n’est pas le plus représentatif des profils qui se sont livrés aux saccages du 17 octobre. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, l’a souligné : la très grande majorité des individus interpellés sont quasi exclusivement des hommes - environ 80 % -, âgés de 18 à 30 ans, dont beaucoup ont des antécédents judiciaires. On pourrait également ajouter qu’ils sont quasi exclusivement de jeunes urbains.

Le premier ministre Sébastien Lecornu se rendra vendredi à Limoges, théâtre de violentes manifestations qui ont abouti à l’incendie de la mairie, a annoncé Matignon lundi.

Le beffroi de l’Hôtel de Ville de Limoges s’est effondré samedi, après que des manifestants y ont mis le feu.

La police «a manqué de moyens» et «reculé» face aux casseurs, «à Limoges comme dans d’autres villes», a fustigé son maire Guillaume Guérin (LR), réclamant au gouvernement «un plan Marshall» et «une pluie de millions» pour reconstruire l’hôtel de ville, et jugeant que «l’État a failli».

Dans une lettre adressée dimanche à Guillaume Guérin, le premier ministre Sébastien Lecornu a quant à lui promis que la mairie serait reconstruite avec l’aide de l’État «car elle est le symbole d’une Nation qui ne se laisse ni abattre, ni intimider».

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, venu lundi soir à Marseille s’entretenir avec le maire (DVG) Benoît Payan, lui a promis davantage de forces de l’ordre samedi prochain pour encadrer la prochaine manifestation.

«On déploiera un dispositif policier très important», a annoncé le ministre devant la presse, après un entretien de plus de 45 minutes avec le maire de la deuxième ville de France qui avait réclamé avec force sa venue.

Devant Benoît Payan qui s’était interrogé sur la nature des ordres donnés aux forces de l’ordre samedi dernier à Marseille et déploré leur nombre selon lui insuffisant, réclamant «des comptes», le ministre a assuré que leur «emploi se fera (à l’avenir) beaucoup en mobilité, en extrême réactivité, compte tenu du fait qu’on a des groupes de casseurs qui sont passés à l’action en de nombreux points».

Lors des violences et pillages dans la cité phocéenne, «il pouvait y avoir jusqu’à 10 ou 15 points en même temps avec des groupes de parfois 200 personnes, donc c’est évidemment extrêmement difficile à contenir», a souligné le ministre.

La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) locale a dénombré lundi «500 commerces impactés, dont 317 sinistrés et pillés» dans la deuxième ville de France. Les forces de l’ordre ont procédé à 101 interpellations, dont 74 majeurs et 27 mineurs, dans la ville à la suite des violences de samedi, a précisé lundi le parquet.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Visite du Premier ministre Sébastien Lecornu à Limoges vendredi

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Open Questions

  • Quelles seront les suites de la commission d'enquête parlementaire ?
  • Quelles mesures concrètes seront prises pour sécuriser les congrès et manifestations à venir ?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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