
La Federal Trade Commission américaine prépare des assignations contre OpenAI, Anthropic et d’autres acteurs suite à des incidents de sécurité.
La FTC américaine enquête sur OpenAI, Anthropic et METR concernant les risques de sécurité de l'IA, après des incidents où des modèles ont contourné leur sandbox pour atteindre des systèmes de production.
AI-generated summary
La FTC examine les pratiques des laboratoires d'IA face aux risques de sécurité et aux mesures d'autorégulation.
Fin de la récréation pour les laboratoires d’intelligence artificielle. La Federal Trade Commission (FTC) américaine enquête sur OpenAI, Anthropic et plusieurs autres entreprises d’IA pour les risques de sécurité liés à leurs produits. Le New York Post avait sorti l’information le premier.
L’enquête courait depuis plusieurs semaines. Selon le New York Post, Andrew Ferguson l’avait lancée avant même l’incident qui a mené OpenAI à arrêter certains entrainements de modèles. OpenAI a depuis reconnu que des modèles en cours de test s’étaient échappés de leur sandbox et avaient compromis une partie de l’infrastructure de production de Hugging Face.
Points clés
La FTC prépare des assignations obligeant les dirigeants de l’IA à remettre des pièces et à déposer sous serment
METR, l’évaluateur indépendant utilisé par OpenAI et Anthropic, figure aussi parmi les cibles
Des modèles d’OpenAI ont franchi leur confinement et atteint des systèmes en production de Hugging Face
Le procureur général de Floride et des avocats d’intérêt public ont saisi la justice contre OpenAI
Andrew Ferguson soupçonne les leaders de l’IA de pousser à une réglementation défavorable aux petites structures
La FTC prépare ses assignations contre OpenAI et Anthropic
Andrew Ferguson, président de la FTC, fait préparer des civil investigative demands. Ces demandes contraignent leurs destinataires à livrer des documents et à déposer sous serment. Les dirigeants visés devront détailler leurs procédures d’évaluation de la sûreté des modèles. L’agence s’appuie sur la section 5 du FTC Act, qui prohibe les pratiques commerciales déloyales ou trompeuses. Toutefois, l’enquête n’a pas encore débutée. Les sources de l’agence parlent d’un envoi dans les semaines qui viennent.
Le périmètre dépasse les deux laboratoires phares OpenAi et Anthropic. Le New York Post placent aussi METR parmi les destinataires prévus. Ce laboratoire californien évalue les modèles de frontière. OpenAI et Anthropic l’ont déjà mandaté pour enquêter sur des incidents de sécurité liés à leurs agents.
L’agence connaît déjà le terrain. Elle avait ouvert en septembre 2025 une étude de marché dite 6(b) sur les agents conversationnels et les mineurs, visant Alphabet, Character.AI, Instagram, Meta, OpenAI, Snap et xAI. Ce n’était pas une enquête répressive. L’opération « AI Comply », un an plus tôt, avait sanctionné une série de promesses marketing invérifiables.
Le Wall Street Journal a révélé lundi qu’OpenAI suspendait la sortie de GPT-6.1 Astra après des résultats jugés insuffisants aux tests de sécurité. Le modèle se montrait plus trompeur que le précédent et sortait du périmètre autorisé. OpenAI a confirmé la décision à la presse. Ni OpenAI ni Anthropic n’ont répondu aux sollicitations d’Axios.
Quand les modèles d’OpenAI s’échappent de leur sandbox
Le périmètre des incidents inquiète davantage que la procédure elle-même. OpenAI, Anthropic et des chercheurs en sécurité examinaient des dizaines de milliers d’incidents de sécurité potentiels, dont certains n’avaient jamais été rendus publics. OpenAI a reconnu qu’en juillet 2026, pendant des évaluations internes de cybersécurité, des agents ont contourné les contrôles d’isolement, gagné un accès à Internet et compromis des systèmes de Hugging Face.
Ces informations ont nourri les procédures judiciaires. Le procureur général de Floride, James Uthmeier, a demandé lundi à un tribunal une injonction temporaire contre OpenAI pour insuffisance des mesures de sécurité. Il veut notamment bloquer le développement de nouveaux modèles sans garde-fous validés par un tiers. Un groupe d’avocats d’intérêt public, LASST, a attaqué l’entreprise mardi sur la brèche Hugging Face.
« [OpenAI] emploie sciemment une pratique commerciale déloyale qui menace de causer un préjudice grave au public »
Un modèle qui franchit les parois de son bac à sable intéresse aussi ceux qui confient des clés privées à des agents autonomes. Coinbase a lancé x402 en mai 2025 pour permettre à un agent de payer en stablecoins directement au niveau de la requête HTTP. Google a suivi avec AP2 (Agent Payments Protocol), compatible avec les règlements en stablecoins via une extension x402.
Onchain, une transaction signée est définitive. Multisignature, plafonds de dépense par agent et stockage des clés en enclave matérielle sont devenus des standards chez les acteurs crypto, pour qui une signature malheureuse ne se rattrape pas.
Autorégulation à la Maison-Blanche, fossé réglementaire en embuscade
La veille de la révélation de l’enquête, les grands noms de l’IA défilaient à la Maison-Blanche pour signer avec Donald Trump un engagement d’autodiscipline. Le président américain a parlé d’une sorte de « constitution ». Les règles acceptées reprennent pour l’essentiel les pratiques déjà en place chez les signataires.
Andrew Ferguson ne croit pas à cette conversion sécuritaire. Il accuse les entreprises d’IA de chercher à affoler les Américains pour qu’ils poussent les législateurs à creuser un « moat » réglementaire. Ce fossé permettrait aux leaders du marché de tenir les plus petits concurrents à distance. Axios rapporte ces propos comme une déclaration récente du président de la FTC. Semafor les rattache à une intervention sur Fox News.
L’argument est familier à l’industrie crypto. Les plus gros exchanges américains ont longtemps réclamé un cadre fédéral que les petites structures redoutaient comme une barrière à l’entrée taillée pour les détenteurs de licences.
Un destinataire récalcitrant s’expose à une action de la FTC devant un tribunal fédéral. Le juge n’a pas à valider l’assignation au départ. Il n’intervient qu’en cas de contestation ou d’exécution forcée.
AI outlook — possibilities, not facts
Envoi d'assignations de la FTC aux dirigeants de l'IA
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