
Un outil développé avec Recidiviz sera testé à partir du 1er décembre dans les prisons pour hommes de l'État, sans utilisation d'intelligence artificielle selon l'organisation.
Le département correctionnel du Michigan teste à partir du 1er décembre un système de classification carcérale évaluant le risque de futurs actes de violence, développé avec l'organisation Recidiviz sans intelligence artificielle, face à une hausse de 77% des agressions contre le personnel et de 54% entre détenus entre 2019 et 2024.
AI-generated summary
Le département correctionnel du Michigan utilise quatre catégories de sécurité pour la population carcérale générale (niveaux I, II, IV et V), influençant la liberté de mouvement, le niveau de surveillance et les activités des détenus. Jusqu'ici, un comité du personnel nommé par le directeur de la prison appréciait le niveau de vigilance nécessaire pour chaque détenu.
Sera-t-il bientôt possible d’anticiper les violences dans le milieu carcéral ? C’est le pari que prend le département correctionnel de l’État du Michigan (MDOC), dans le nord-est des États-Unis, qui a annoncé le lancement d’un nouveau système de classification dans certaines de ses prisons. Des prisonniers seront répartis, à titre expérimental, à partir du 1er décembre, en fonction du risque de «futurs actes de violence» qu’ils présentent.
Un résultat soumis à l’examen d’un membre de la prison
Le média américain Newsweek évoque un recours à l’intelligence artificielle, mais Recidiviz, l’organisation technologique à but non lucratif qui a contribué à concevoir le système, assure que l’outil de classification n’en utilise pas. Elle précise que l’IA n’intervient jamais dans ses outils pour décider du niveau de sécurité ou de la libération d’une personne. Le système repérera les dossiers qui pourraient justifier un changement de classification, puis les soumettra à l’examen d’un membre du personnel de la prison.
Le département correctionnel du Michigan n’a en revanche pas rendu publics les critères sur lesquels se fonderont ces choix de Recidiviz. Selon des études menées dans des prisons californiennes et floridiennes, l’algorithme de risque de violence prend en compte le nombre d’événements violents, le temps écoulé depuis le dernier épisode, la race, l’âge, le sexe et la durée de détention déjà purgée. Les critères donneront lieu à un score qui sera attribué à chaque détenu et qui pourra évoluer en temps réel.
Une augmentation des violences en milieu carcéral
Cette refonte du système s’inscrit dans un contexte de multiplications des violences dans les pénitenciers du Michigan : les agressions contre le personnel pénitentiaire américain ont bondi de 77% et celles entre détenus ont augmenté de 54% entre 2019 et 2024, selon des chiffres dévoilés par l’État. Le Michigan ne généralisera pas tout de suite le système à l’ensemble des 32.000 détenus que compte l’État : il sera dans un premier temps testé dans les établissements pour hommes. Ce projet pilote lancé à partir du mois de décembre sera utilisé pour juger de l’efficacité de l’outil avant d’envisager de l’étendre.
Jusqu’ici, un comité du personnel, nommé par le directeur de la prison, se réunissait pour apprécier le niveau de vigilance nécessaire pour chaque détenu et les séparer en conséquence. L’État utilise quatre catégories de sécurité pour la population générale (niveaux I, II, IV et V). Ces classements influencent directement le quotidien des détenus : liberté de mouvement, niveau de surveillance et activités auxquelles ils ont accès en dépendent. Les profils jugés à haut risque sont en général soumis à des restrictions plus strictes, alors que les détenus à faible risque disposent de davantage d’opportunités, comme la formation professionnelle ou l’enseignement supérieur.
AI outlook — possibilities, not facts
Le système pilote sera évalué pour déterminer s'il est étendu à l'ensemble des 32 000 détenus du Michigan.
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