États-Unis : le taux d’intérêt de la dette flambe face à l’accélération de l’inflation
Les rendements des bons du Trésor américain grimpent suite à une hausse des prix à la consommation tirée par l'énergie.
Quick Look
- L'inflation aux États-Unis a atteint 3,7% en septembre, poussant les taux obligataires à la hausse.
- Cette accélération, portée par les prix de l'énergie, pèse sur les marchés boursiers new-yorkais.
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Why It Matters
L'inflation américaine est scrutée avant les élections de mi-mandat. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient affectent directement les prix de l'énergie.
Le taux d’intérêt de la dette publique des États-Unis s’envole ce mercredi après la publication des derniers chiffres de l’inflation dans le pays qui ont montré une pression accrue sur les prix. Le rendement de l’emprunt américain à deux ans, le plus sensible aux anticipations de politique monétaire, s’envolait à 4,90 % vers 15h45, contre 4,79 % la veille en clôture. Le taux à dix ans grimpait à 5,29 %, contre 5,21 % mardi.
L’inflation aux États-Unis a poursuivi son accélération au mois de septembre, avec une hausse des prix de 3,7% sur un an, sans surprise toujours largement tirée par les prix de l’énergie, selon les données officielles publiées ce mercredi. Sur un mois, l’indice des prix à la consommation (CPI) a montré la même trajectoire, avec une hausse de 0,6%, contre 0,4% un mois plus tôt, en ligne cependant avec les anticipations des analystes, selon le consensus publié par MarketWatch.
En août sur un an, l'inflation avait été mesurée à 3,4% et sur un an, les analystes prévoyaient bien une accélération, mais un peu moins marquée que celle observée, envisageant une inflation à 3,6% en rythme annuel. Sans surprise, la hausse des prix s'explique avant tout par l'augmentation de ceux de l'énergie, qui ont progressé de 5,2% sur un mois, et même 15,3% dans le cas du fuel, dans tous les cas en forte accélération par rapport au mois précédent.
Hausse des prix de l’énergie
Sur un an, les prix de l'énergie ont connu une hausse de plus de 20% et même de près de 75% dans le cas du fuel, du fait de la guerre lancée par Israël et les États-Unis contre l'Iran et ses conséquences sur la production d'énergie et le commerce mondial, notamment avec la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, par où transitent 20% des hydrocarbures mondiaux. La conséquence est également que le coût des transports augmente plus fortement, de 0,6% sur un an, la plus forte hausse depuis mars dernier, peu après le début du conflit.
L'alimentation n'a en revanche connu aucune hausse au mois de septembre, une bonne nouvelle pour le portefeuille des consommateurs américains, alors que la valse des étiquettes est l'un des thèmes majeurs de la campagne pour les élections de mi-mandat, qui se tiendront début novembre.
Autre bonne nouvelle pour les Américains, les frais de santé poursuivent leur décrue, avec un recul de 0,7% sur un mois et une baisse cumulée de 3,3% sur un an. Dans ces conditions, l'inflation dite sous-jacente, qui exclut l'alimentation et l'énergie, a également accéléré mais de manière moins marquée, atteignant 2,6% sur un an, contre 2,4% un mois plus tôt. Sur un mois, cette inflation sous-jacente progresse de 0,3%, soit une hausse similaire à celle observée en août, mais un peu supérieure aux attentes des marchés, qui espéraient la voir ralentir légèrement.
Minée par ces chiffres d’inflation, la Bourse de New York a ouvert orientée à la baisse mercredi. Vers 14h GMT, l’indice Nasdaq perdait 0,78% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,57%. Le Dow Jones évoluait proche de l’équilibre (+0,05%).
Open Questions
- Quelle sera la réaction de la Réserve fédérale face à cette inflation ?







