Le directeur des opérations de la FIFA a été renvoyé après avoir exprimé son opposition au projet d'ouverture de l'instance à des investisseurs privés.
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Kevin Lamour avait publiquement critiqué le projet d'Infantino d'ouvrir la FIFA à des investisseurs privés fin juillet. Il est connu pour avoir démissionné de l'UEFA suite aux scandales financiers impliquant Michel Platini.
Fin connaisseur de l’animal politique qu’est Gianni Infantino, Kevin Lamour n’a pas dû être plus surpris que cela en apprenant son renvoi de la FIFA lundi soir en fin de soirée. En ayant osé critiquer Monseigneur Gianni après sa tentative avortée du projet d’ouverture de la FIFA à des investisseurs privés, le Français de 45 ans, numéro 3 de l’instance depuis 2024 en tant que directeur des opérations, savait parfaitement que sa tête ne tenait plus qu’à quelques fibres musculaires.
Dans un communiqué cinglant en forme de réquisitoire contre l’inarrêtable Infantino, le Breton et ancien modeste footballeur amateur de l’AS Gouesnou et du Stade Plabennecois avait pris les devants fin juillet. « Si cela signifie que je perds mon emploi, qu’il en soit ainsi. Je comprendrai et respecterai cette décision. Au moins, je dormirai bien cette nuit », avait-il écrit, sortant volontairement de son anonymat pour s’attaquer à celui que personne n’avait jamais vraiment osé affronter de face, craignant à la fois pour son poste et pour son Livret A.
Kevin Lamour, qui refuse toute demande d’interviews selon nos confrères de L’Equipe, doit aujourd’hui voir ce licenciement comme une juste récompense pour avoir suivi ses principes et ses valeurs, lui qui n’avait déjà pas hésité à démissionner de son poste à l’UEFA auprès de Michel Platini, dont il était très proche depuis son arrivée au pouvoir à la tête de l’instance européenne en 2007. Mais après la découverte du fameux versement secret de millions de francs suisse en 2015 de Sepp Blatter, alors big boss de la FIFA, à Platoche, Lamour est parti en claquant la porte, dénonçant ni plus ni moins qu’une « trahison » de la part de la légende du football français.
Revenu à l’UEFA un an plus tard lors de la prise du pouvoir d’Aleksander Ceferin, il paiera une fois de plus son opposition au président lorsque celui-ci fera le forcing pour élargir le nombre de mandats. S’il est d’un naturel discret, le natif de Brest au visage doux a la tête dure et des principes éthiques chevillés au corps. Le tout enrobé d’un calme et d’un sens de la diplomatie qui font de lui une bête un peu bizarre dans un monde du football où ça joue plus volontiers les gros bras que les pacificateurs.
Dans un portrait de L’Equipe daté du 5 août dernier, un ancien collaborateur le présentait en ces termes, lui le fils d’un ex-dirigeant du Stade Brestois, inspecteur de police et officier de sécurité auprès de l’équipe de France lors des années Platini : « Sa force c’est qu’il est très calme, élégant, il ne parle pas fort, ne fait pas de scandale, de show. Et il n’a pas semblé prendre le melon que tout le monde prend. Plus tu montes dans le système, plus tu marches avec tes bottes de cow-boys. C’est un peu ce qui a perdu Gianni. Kevin est respecté et apprécié parce qu’il est discret et fiable. »
C’est aussi pour cela que la FIFA et Gianni Infantino sont allés le débaucher à l’automne 2024 et lui proposer un poste aux responsabilités élargies de directeur des opérations. Il avait notamment pour mission de faire la paix avec les syndicats de joueurs, les Ligues européennes et l’UEFA, en froid avec la FIFA depuis de nombreuses années.
A l’arrivée, comme une vielle rengaine, le refus de Kévin Lamour de se plier à un énième délire du boss lui aura de nouveau coûté sa place. La paix intérieure et la qualité du sommeil sont à ce prix. « Il serait parfait comme président de la FIFA. Mais cela ne l’intéresse pas, ce n’est pas son style », disait à L’Equipe William Gaillard, son ancien compère à l’UEFA. C’est dommage, c’est peut-être la meilleure chose qui aurait pu arriver à l’instance internationale en cette nouvelle période de crise.

Depuis son arrivée en 2023, Luis Enrique a mené le PSG à de nombreux titres, notamment deux Ligue des champions, malgré une réduction de la voilure financière et un choix en faveur de la jeunesse.

Le président de la CONCACAF, Victor Montagliani, a exhorté le président de la FIFA, Gianni Infantino, à renoncer à sa visite en République dominicaine pour un tournoi junior, invoquant les risques de polémiques liées à la crise de gouvernance actuelle au sein de la FIFA.
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