
Lors du campus d'été du Parti socialiste à Blois, François Hollande s'est exprimé devant la presse, évoquant sa popularité, sa position sur la primaire socialiste d'octobre, ses propositions de réforme des retraites et de la TVA, ainsi que ses projets futurs, sans annoncer de candidature officielle.
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François Hollande, ancien président de la République, participe au campus d'été du Parti socialiste à Blois pour tester sa popularité et exprimer ses vues sur la primaire socialiste d'octobre, sans annoncer de candidature officielle.
Il est environ 17 heures sous le ciel capricieux de Blois (Loir-et-Cher), vendredi 28 août, et une nuée de journalistes fait le pied de grue depuis une petite demi-heure devant l'hôtel de ville. François Hollande en sort enfin, les micros se tendent, et l'ancien chef de l'Etat prend la parole. En ce premier jour du campus d'été du PS, l'événement de rentrée du parti à la rose, l'ex-chef de l'Etat est venu rencontrer une partie des socialistes et tester sa popularité, sans faire d'annonce fracassante.
À Blois comme ailleurs, l'ancien président de la République continue simplement à tracer son sillon, comme il le fait depuis plusieurs mois. Il s'applique d'ailleurs à bien se dissocier d'une famille politique qui s'apprête à vivre une primaire décisive pour son avenir, en octobre. "Elle risque non seulement de diviser, mais n'aura pas forcément la dynamique que nous avons connue à d'autres époques", balaie-t-il devant les journalistes. Un coup pour tous les partisans de ce vote interne, et notamment pour Raphaël Glucksmann, officiellement candidat à la présidentielle via la primaire, et qui est proche de sa sensibilité social-démocrate.
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Mais attention, à le croire, nulle envie chez lui de voir le processus capoter. "On ne peut jamais souhaiter quelque catastrophe que ce soit", assure-t-il, sans quitter l'idée que cette primaire n'apportera rien de bon sur le chemin de l'Elysée, comme une prophétie qu'il souhaite autoréalisatrice.
Devant la presse, celui qui est redevenu député de Corrèze après la dissolution de 2024 a répété les mesures avancées dans Le Point, hebdomadaire classé à droite, en milieu de semaine. Il veut notamment instaurer une part de retraite par capitalisation, avec un allongement de la durée de cotisation et la fixation de l'âge légal de départ à 63 ans. L'ancien président de la République propose aussi une hausse progressive de la TVA de quatre points, avec une baisse des cotisations salariales sur le travail. "Ça va loin", souffle un cadre PS favorable à Olivier Faure. "C'est un positionnement assumé d'ouverture et d'union un peu plus large, tout en étant quand même de gauche", défend l'entourage de François Hollande.
"Si ça se casse la gueule, ça se casse la gueule pour tout le monde"
À le voir disserter auprès de la presse sur les querelles du PS ou le débat du Medef, ou à le voir déambuler dans les rues de Blois en enchaînant les accolades, à signer des affiches à son effigie, on en oublierait presque qu'il n'est candidat à rien. Mais François Hollande se pose en recours, contrairement à ceux qui se sont déjà déclarés (Raphaël Glucksmann, Philippe Brun, Jérôme Guedj, Ségolène Royal) ou qui pourraient le faire, comme Olivier Faure, qui ne fait plus vraiment mystère de sa future candidature, début septembre.
Le pari du député de Corrèze est plus qu'incertain : apparaître après la primaire comme le seul capable d'incarner le camp social-démocrate face au bloc central, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, avec un "moment de vérité" anticipé pour le mois de décembre. Autrement dit, damer le pion à un vainqueur de la primaire affaibli par une campagne et une élection violentes, même si Olivier Faure promet qu'il n'y aura "pas de sang sur les murs" dans les prochaines semaines. "Si ça se casse la gueule, ça se casse la gueule pour tout le monde", met en garde un proche du premier secrétaire du PS, qui fustige la stratégie "hasardeuse" de François Hollande.
"Si c'est pour le collectif, il soutient le candidat. Il faudra qu'il mette son crédit national au service du gagnant."
Un proche d'Olivier Faure
à franceinfo
Reste cette vérité, cependant : la direction actuelle du Parti socialiste a échoué à obliger l'ex-premier secrétaire (1997-2008) à passer par la case primaire dans la longue et périlleuse route vers l'Elysée au printemps prochain. Le camp d'Olivier Faure veut pourtant afficher sa sérénité. "François Hollande ne nous nuit pas spécialement, et rien n'indique qu'il y a un désir de Hollande dans le pays, estime un député. C'est compliqué de vouloir changer la donne quand vous êtes un revenant."
D'un fonctionnement "vaseux" à une équipe de "pré-campagne"
Il y a aussi, chez lui, cette forme de prudence : y aller pour gagner ou ne pas y aller pour apporter une simple "candidature de témoignage", comme il l'a affirmé, avec le spectre du retour raté de Nicolas Sarkozy dans la course à l'Elysée, en raison d'une élimination au premier tour de la primaire de la droite, en novembre 2016. Mais François Hollande peut compter sur des soutiens motivés avant la bataille.
Cinq cents affiches à son effigie ont été placardées en France le jour de son 72e anniversaire, mi-août. "Autour de lui, il y a 25 groupes qui ont l'impression d'être le premier cercle, c'est complètement vaseux. Il met tout ce beau monde en concurrence, et il prend partout, mais c'est un solitaire", explique un sénateur PS. Autour de lui néanmoins, les choses se structurent : une équipe de "pré-campagne" est en train d'être constituée avec une poignée de proches chargés de la communication, de la mobilisation ou encore des relations avec les élus, explique son entourage à franceinfo.
Pour appuyer l'idée d'un retour, François Hollande peut se targuer d'être populaire. Ses proches mettent en avant ses bons chiffres dans les enquêtes d'opinion. Dans le baromètre de confiance politique Harris Interactive pour TF1-LCI, publié fin août, il arrive en huitième position des personnalités politiques de tous bords, à égalité avec Raphaël Glucksmann (25%). Et chez les sympathisants socialistes, il talonne le candidat Place publique (62% contre 63%), loin devant les autres responsables comme Olivier Faure (50%) ou Bernard Cazeneuve (45%).
Débat avec Edouard Philippe, promotion du livre, braderie…
"Il soigne sa communication et son écoute du terrain. Tout ça est nécessaire, mais pas suffisant", assure un élu du camp de Boris Vallaud, soutien de Raphaël Glucksmann. "Comment les Français vont le percevoir s'il est candidat ? On le verra comme quelqu'un qui veut de nouveau le pouvoir. Il mesure ça et les gens doivent lui dire : 'Vous êtes super sympa, mais vous n'allez quand même pas revenir ?'" "Je ne vois pas qui l'appelle pour être candidat. Ni Olivier Faure ni nous n'allons l'appeler. Aucun candidat n'a jamais été débranché, ni Anne Hidalgo ni Fabien Roussel", prolonge un collaborateur parlementaire socialiste.
En attendant de profiter d'un élan et de faire l'unanimité derrière lui, ou du moins faire consensus, François Hollande continue de tracer sa route et de serrer des mains. Avant la publication jeudi de son livre (Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche), il n'a pas attendu le discours d'Olivier Faure, samedi, pour rallier Sens (Yonne) pour un débat avec Edouard Philippe.
Après une tournée des médias pour la promotion de son ouvrage, dont il commencera les dédicaces le 7 septembre à Paris, il sera aussi à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse, le 12 septembre, et doit également se rendre à la braderie de Carvin, dans le Pas-de-Calais, le lendemain. Des recherches de locaux sont également en cours dans la capitale pour faire la distinction avec ses bureaux d'ancien chef de l'Etat, rue de Rivoli. En revanche, rien en lien avec la primaire d'octobre, alors que ses rivaux du PS et de Place publique prendront la lumière. Ou comment tenter d'être au centre du jeu, sans en appliquer les règles.
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François Hollande annoncera sa candidature à l'élection présidentielle après la primaire socialiste d'octobre.
Possible · Within months
Les propositions de François Hollande sur les retraites et la TVA alimenteront le débat au sein de la gauche.
Likely · Within weeks

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