Sébastien Lecornu présente son budget 2027 et exclut une candidature présidentielle
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Sébastien Lecornu, Premier ministre français, a détaillé son projet de budget 2027 lors d'une interview au Parisien, annonçant le prolongement des aides au carburant, des mesures pour soutenir les agriculteurs et l'absence de hausse d'impôts, tout en excluant toute candidature à l'élection présidentielle de 2027.
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Why It Matters
Sébastien Lecornu est revenu d'un déplacement à Mayotte et a accordé une longue interview au Parisien publiée le 29 août, détaillant les priorités du gouvernement pour la rentrée politique, dans le contexte de la dernière année du quinquennat d'Emmanuel Macron et de l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
Il répète qu'il n'est toujours pas candidat à la présidentielle et annonce quelques nouveautés. De retour d'un déplacement à Mayotte, Sébastien Lecornu a évoqué avec nos confrères du Parisien les dossiers sur son bureau en cette rentrée, la dernière du quinquennat d'Emmanuel Macron, dans une longue interview publiée samedi 29 août. Le chef du gouvernement annonce le prolongement des aides à l'achat de carburant ainsi que des mesures pour soutenir les agriculteurs. Le Premier ministre évoque aussi les débats à venir sur le budget 2027, qui risquent d'enflammer le Parlement dès la fin du mois de septembre. Et il prévient les oppositions qui pourraient être tentées de bloquer les discussions sur les lois de finances : "Les candidats à la présidentielle seront les premières victimes de l'absence de budget".
Un budget 2027 "réversible" pour la future majorité
Lucide sur l'absence de majorité à l'Assemblée, le chef du gouvernement cherche la bonne martingale pour faire adopter un budget cet automne. Il s'agit selon lui de "préférer cinquante petites décisions efficaces et intelligentes, à trois ou quatre grandes spectaculaires, mais impossibles à faire voter", écartant d'emblée toute mesure de grande ampleur. "C'est un chemin étroit, mais c'est le seul réaliste", poursuit-il. A huit mois de la présidentielle, il promet "un budget différent, avec des mesures, pour beaucoup, réversibles, par la nouvelle majorité qui sortira des urnes", donc "un budget de premier semestre" uniquement.
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Le Premier ministre assure s'être "préparé depuis le premier jour à être censuré" par une Assemblée nationale sans majorité, et affirme qu'il reprendra sa "liberté" s'il vient à tomber sur le budget. En attendant, il continue à mettre la pression sur les oppositions dans l'espoir d'éviter un blocage au Parlement. Selon lui, une absence de budget viendrait "rajouter un désordre domestique au désordre international" ce qui "nous mettrait dans une situation gravissime" sur le plan financier.
Pas de hausse d'impôts ni de désindexation des petites retraites
S'il sait qu'il devra composer avec les oppositions lors des discussions budgétaires à l'Assemblée nationale puis au Sénat, Sébastien Lecornu a ébauché sa feuille de route. Et elle ne prévoit pas de coupes majeures du côté des dépenses sociales, ni de hausses d'impôts. Elle contient selon ses mots des "mesures difficiles", mais pas "brutales", que le Premier ministre n'a pas détaillées. Pour limiter la hausse du déficit public, "l'Etat portera l'essentiel de l'effort [en matière budgétaire]. Les dépenses de l'Etat continueront d'augmenter, mais moins que l'inflation", assure-t-il. "Les dépenses sociales, elles, seront mécaniquement au-dessus de l'inflation, notamment à cause du vieillissement de la population", poursuit Sébastien Lecornu, qui ne s'engage pas à rester sous les 5% de déficit public.
Plusieurs ministères verront leur budget augmenter, comme les Armées (de 6,4 milliards d'euros), l'Ecologie (de 1,1 milliard), l'Education nationale (de 800 millions), l'Intérieur (de 600 millions), la Recherche (de 500 millions) et la Justice (de 400 millions). Le logement social et l'apprentissage seront "préservés de toute baisse", comme la Complémentaire santé solidaire (la C2S, ex-CMU complémentaire). Le Premier ministre exclut aussi le gel du revenu de solidarité active (RSA) ou la désindexation des petites retraites, sans exclure celle des pensions des plus aisés, comme évoqué ces dernières semaines.
Il n'y aura pas non plus de hausse d'impôts, y compris pour les sociétés. Quant à la surtaxe sur les profits des grandes entreprises, le locataire de Matignon aimerait ne pas la reconduire pour une troisième année consécutive. "C'était un impôt exceptionnel, il doit donc rester exceptionnel", argue-t-il. Du côté des pistes d'économies, Sébastien Lecornu ne se fixe pas d'objectif chiffré, mais souhaite "lancer une vraie réforme, avec les partenaires sociaux" sur les arrêts maladie. "Tout le monde ne peut que constater les abus qui explosent ces dernières années", justifie-t-il. Concernant le déremboursement de certains médicaments, le Premier ministre veut "poser la question" quand le bénéfice thérapeutique est "faible". Du coté des dépenses, il souhaite reconduire l'aide à l'achat de carburant, dont le prix a augmenté depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Deux plans pour soutenir les agriculteurs
"L'agriculture, c'est mon dossier numéro un de la rentrée. Il faut agir, et vite", assure le Premier ministre, après un été marqué par les épisodes de canicule et de sécheresse qui ont mis en grande difficulté de nombreux cultivateurs, éleveurs et producteurs. Il promet "un plan de soutien et de sauvetage" pour aider les agriculteurs à "passer l'hiver", puis "un plan de relance pour 2027" pour la filière.
"La ministre [de l'Agriculture] Annie Genevard a démarré les consultations, je vais m'y impliquer à ses côtés. On va faire du sur-mesure. Ces dispositions seront dans le budget 2027", développe-t-il. Vendredi, la ministre de l'Agriculture a déclaré sur France Inter que des mesures seront présentées "la semaine prochaine". Des prêts sont notamment sur la table pour soulager la trésorerie des agriculteurs.
Pas d'ambition personnelle pour la présidentielle 2027
Interrogé sur ses ambitions présidentielles, Sébastien Lecornu ferme la porte à sa candidature. "Je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise ! Le gouvernement est un gouvernement de mission, pas un gouvernement en campagne", répond-il. "Comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Je ne me mêle pas de la campagne présidentielle". En retour, "je demande donc aux candidats à la présidentielle de ne pas entraver davantage l'action du gouvernement, au service de l'intérêt général", ajoute-t-il.
Alors que plusieurs ministres ont officialisé leur soutien à un candidat, comme le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui s'est engagé au côté d'Edouard Philippe, le chef du gouvernement assure que "les ministres ont bien le droit de dire du bien d'un candidat à la présidentielle". Mais "le gouvernement doit être un facteur d'apaisement. Je leur demande de se tenir loin de la campagne active et des affaires partisanes".
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le gouvernement présentera officiellement son projet de budget 2027 à l'automne pour examen parlementaire
Very likely · Within weeks
Les deux plans pour soutenir les agriculteurs seront détaillés et présentés dans le cadre du budget 2027
Likely · Within months
Open Questions
- Quelles sont précisément les « mesures difficiles » prévues pour limiter le déficit sans hausse d'impôts ni coupes sociales majeures ?
- Quel sera le contenu exact des deux plans pour soutenir les agriculteurs (soutien hivernal et relance 2027) ?
- Comment le gouvernement prévoit-il de faire adopter son budget sans majorité à l'Assemblée nationale ?







