
Les géants de la tech ont dopé l'économie irlandaise mais ont aussi fait flamber les prix de l'immobilier à Dublin, rendant l'accès au logement difficile même pour leurs propres salariés.
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L'Irlande a attiré les géants de la tech comme Google, Amazon et Meta, faisant de Dublin leur capitale européenne et stimulant l'économie, mais cela a aussi entraîné une flambée des prix de l'immobilier.
Google, Amazon, Meta... Il y a une trentaine d'années, l'Irlande a lié son destin à ces Gafam. Ces géants du web américain ont tous fait de Dublin leur capitale européenne, dopant son économie. Sauf qu'ils ont aussi fait flamber les prix de l'immobilier, et enfoncent le pays dans une crise du logement sans précédent. Aujourd'hui, les logements disponibles se comptent au compte-goutte. La concurrence est telle que même les salariés de la tech, pourtant parmi les mieux payés du pays, peinent à trouver un toit.
C'est le cas de Constantina, responsable clientèle pour l'une de ces grandes multinationales américaines. Depuis ses bureaux, la vue est imprenable sur le quartier ultramoderne de Grand Canal Docks, aussi appelé les Silicon Docks, clin d'œil à la Silicon Valley américaine. Mais sur son téléphone, ce "rêve irlandais" se heurte à une autre réalité, celle de Daft, "le principal site de location en Irlande, explique-t-elle. Quand on regarde les annonces, un simple studio, c'est 2 750 euros par mois ! Celui-là est à 2 350 euros cet autre à 2 400 euros. Ces prix sont complètement absurdes", déplore la jeune femme qui montre par la fenêtre qu'il y a des chantiers et des grues partout.
"Si la majeure partie de ton salaire part dans le loyer, il ne te reste plus grand-chose pour vivre. Et dans ce cas… à quoi bon ?"
Après des années en colocation, Constantina vit désormais seule au nord du comté de Dublin, faute de logements disponibles dans la capitale. Ce compromis lui impose jusqu'à une heure et demie de trajet quotidien. "À chaque visite, 30 personnes attendent pour le même logement et tous les candidats auront le même profil : ils travaillent comme toi, dans la tech. Comment le propriétaire peut-il choisir ? C'est la loterie ! ", s'exclame-t-elle. Constantina ajoute que "le reste de la vie ici n'est pas donné non plus : sortir dîner, c'est facilement 30 à 40 euros."
Pour Ronan Lyons, économiste à l'université Trinity de Dublin, la transformation fulgurante de l'Irlande grâce aux géants de la tech, explique, en partie, la crise actuelle.
"Pendant des décennies, l'Irlande a surtout exporté ses habitants. Puis, avec son essor économique, elle s'est mise à créer ses emplois, à retenir ses jeunes, et même, à attirer des travailleurs du monde entier."
"Se pose donc la question de savoir si le pays est capable de construire les logements, les infrastructures, les écoles, les hôpitaux… Tout ce dont cette nouvelle population a besoin, soulève Ronan Lyons. Aujourd'hui, il faudrait construire 70 000 logements par an. Or, le pays n'en construira peut-être que 40 000 cette année et même cet objectif reste difficile à atteindre".
Ces dernières années, les mesures se sont pourtant multipliées : encadrement des loyers, aides aux primo-accédants, développement des logements sociaux. Mais la crise persiste car l'Irlande continue de courir derrière sa propre croissance.
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L'Irlande ne construira probablement que 40 000 logements cette année, un objectif difficile à atteindre et insuffisant pour répondre aux besoins.
Likely · Within months

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