
Selon le baromètre Ipsos BVA pour Qualisocial, 74 % des salariés jugent les situations de harcèlement répandues en entreprise, un niveau stable depuis 2022.
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Deuxième édition du baromètre national Ipsos BVA pour Qualisocial en partenariat avec AvoSial, réalisé auprès de 2000 actifs.
L’exposition aux comportements inappropriés en entreprise n’a pas diminué d’un iota en quatre ans. La conscience du phénomène reste forte, avec 74% des salariés qui considèrent les situations de harcèlement comme répandues, selon la deuxième édition du baromètre national Ipsos BVA pour Qualisocial en partenariat avec AvoSial (1). Cette proportion demeure identique à celle de 2022, lors de la première étude, 59% des personnes interrogées jugeant même aujourd’hui que ces situations sont de plus en plus répandues.
En revanche le sentiment d’être bien informé sur la législation progresse nettement, passant de 35% à 50%. Mais cette meilleure connaissance générale ne suffit pas à qualifier les faits, puisque 77% jugent toujours difficile de reconnaître précisément une situation de harcèlement. Un cas caractérisé de harcèlement sexuel présenté dans l’enquête n’a d’ailleurs été correctement identifié que par 54% des sondés.
Selon cette enquête, l’exposition au harcèlement est plus forte dans la fonction publique (81%), chez des salariés à temps partiel (47%), ceux en CDD, intérim ou apprentissage (44%), les moins de 25 ans (42%) et les femmes (38%). Moins d’un tiers des salariés connaît l’existence d’un dispositif de signalement. Parmi les victimes présumées, 4% se sont tournées vers le référent harcèlement et 3% déclarent avoir reçu son soutien.
« Le harcèlement au travail est un sujet dont les actifs parlent davantage mais ils ne le maîtrisent pas », relève Camy Puech, le président-fondateur de Qualisocial, le cabinet spécialisé dans la santé mentale et le bien-être au travail. Pour ce dernier, deux facteurs expliquent que ce fléau ne recule pas. En premier lieu la situation économique des entreprises publiques et privées en France. La concurrence internationale exacerbée, la crise climatique et le développement de l’intelligence artificielle sont autant de sujets qui exercent une forte pression sur les entreprises qui la répercutent sur leurs collaborateurs. « Nous le constatons lors des entretiens menés avec les salariés. Sur le volet professionnel, ils évoquent les transformations qui secouent les organisations et leurs difficultés à se projeter dans ce que será leur travail demain. Sur le plan personnel, ils sont préoccupés par leur pouvoir d’achat, ils n’ont pas confiance dans les perspectives de la France et parlent d’insécurité économique », détaille Camy Puech.
Le second facteur tient à situation politique française. À sept mois de l’élection présidentielle, le sujet s’immisce dans les relations au travail avec des salariés qui n’hésitent plus à affirmer leurs préférences idéologiques. « Il y a une polarisation du débat politique en entreprise, avec la formation de clans se revendiquant de droite ou de gauche », pointe le président de Qualisocial. Il observe aussi que la violence qui émane de certains partis politiques, notamment des extrêmes, rejaillit sur les relations au travail. « Quand des leaders politiques pensent que la violence est une solution pour étayer leur discours ou affirmer leur action, cela contribue à la normaliser. Pour certains individus, il apparaît alors légitime d’être contre l’autre, de l’attaquer », poursuit Camy Puech qui constate une hausse des comportements violents en entreprise.
Lors de leur prise en charge, des salariés ayant tenu des propos méprisants et humiliants à l’égard de collègues ne comprennent pas toujours ce qui leur est reproché. Ils ont entendu des leaders politiques formuler des paroles similaires et n’ont pas intégré que celles-ci n’étaient pas admissibles dans l’univers professionnel. « En la matière, les entreprises doivent faire preuve de tolérance zéro et appliquer des sanctions. Ce sont des conditions sine qua non pour maintenir la cohésion des équipes. Non seulement les conflits impactent lourdement les organisations, mais en plus l’inaction les augmente », souligne Camy Puech.
Récemment ses équipes ont animé une conférence auprès de 2000 salariés d’une grande banque française dont le niveau de connaissance relatif aux comportements de harcèlement moral ou sexiste avait été jugé insuffisant, à l’issue d’une enquête interne. « Il y a un véritable enjeu à se saisir du sujet en amont. Faire de la prévention contribue à entretenir un état d’esprit sain dans un collectif qui se respecte», assure le président de Qualisocial.

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