Hommage à Catherine Ringer et aux Rita Mitsouko : florilège de leurs titres historiques des années 1980
Le Figaro consacre un florilège aux titres historiques des Rita Mitsouko et de Catherine Ringer, de Marcia Baïla au Petit Train.
Quick Look
Hommage à la chanteuse Catherine Ringer des Rita Mitsouko à travers un florilège de leurs titres historiques des années 1980, de Marcia Baïla au Petit Train.
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Why It Matters
Les Rita Mitsouko ont marqué la pop, le rock et la new wave française dans les années 1980 avec des titres emblématiques.
«Marcia, elle danse sur du satin, de la rayonne/Du polystyrène expansé à ses pieds/ Marcia danse avec des jambes/Aiguisées comme des couperets/Deux flèches qui donnent des idées/Des sensations…» Avec Fred Chichin, son double, son musicien Catherine Ringer chantait, de sa manière psychédélique sa vision de la folie ou plutôt d’une danse ivre qui lui ressemblait.
Les Rita Mitsouko, dans un style qui mêlait le rock, le punk et il faut le dire une poésie qui « souriait et qui aimait tellement la vie », donnèrent aux plus et aux moins de vingt ans des chansons qui les firent danser à la folie. En hommage à la chanteuse Catherine Ringer, Le Figaro a concocté un florilège de ses titres historiques des années 1980, de Marcia Baïla au Petit Train en passant par Andy, avec en bonus, le duo avec Marc Lavoine, Qu’est-ce que t’es belle. Et c’est vrai, qu’elle était, et ses titres aussi, d’une beauté aiguisée comme un couperet.
Marcia Baïla (1984)
La chanson fondatrice. Écrite après la disparition de la danseuse argentine Marcia Moretto, Marcia Baïla transforme un hommage funèbre en rituel pop d’une énergie saisissante. La voix de Catherine Ringer y est déjà théâtrale, découpée, affolée, capable de passer de la confidence au cri. Le refrain, les percussions, la guitare anguleuse et l’étrangeté du texte ont installé les Rita Mitsouko hors des sentiers battus : ni tout à fait rock, ni variété, ni new wave. Cela demeure un manifeste.
C’est comme ça (1986)
Catherine Ringer impose ici une désinvolture électrique. Le morceau tient dans une formule de refus : pas d’explication, pas d’excuse, pas de morale. Sa diction joue de l’attaque et de la provocation. Fred Chichin bâtit autour d’elle une mécanique sensuelle et électrique. À une époque où la pop française privilégie parfois un conformisme, les Rita Mitsouko assument une sophistication jubilatoire.
Andy (1986)
Andy est une des grandes chansons françaises sur le désir et l’ambiguïté, sans discours démonstratif. Ringer y décrit un personnage dont l’identité échappe aux assignations, avec une sensualité à la fois frontale et légère. Le titre frappe par son groove et sa construction, mais surtout par l’absence de jugement dans l’interprétation : Catherine Ringer ne juge pas Andy. Il doit dire oui, et puis c’est tout.
Les Histoires d’A. (1987)
C’est peut-être la chanson la plus élégante du duo. Une chanson d’amour, mais désaxée : l’initiale A laisse ouverte l’identité de l’être désiré, tandis que la mélodie enveloppe des paroles faites de manque, d’attente et de trouble. Catherine Ringer n’y force rien. Sa voix se fait plus souple, presque retenue, et cette réserve donne au morceau sa gravité.
Le Petit Train (1988)
Le Petit Train résume l’art des Rita Mitsouko : une situation quotidienne, un texte en apparence simple, puis une montée d’angoisse et de fantaisie. Catherine Ringer y incarne une voyageuse prise dans le mouvement du monde, entre impatience, désir de fuite et inquiétude. Mais la chanson dévoile une réalité beaucoup plus noire sur un air sautillant : une évocation des trains de déportés de la Seconde Guerre mondiale. Une allusion intime aussi : Sam Ringer, le père de la chanteuse, a été déporté et interné dans plusieurs camps.
Qu’est-ce que t’es belle (1988)
Enregistrée avec Marc Lavoine en 1988, mérite une place à part. Ce n’est pas le sommet de l’invention Ringer-Chichin, mais c’est l’un des grands duos de la variété française : une scène de séduction où la franchise brutale de Catherine Ringer déjoue en permanence le romantisme convenu.
De L’originalité révolutionnaire de Marcia Baïla à la grâce trouble des Histoires d’A., Catherine Ringer aura porté les Rita Mitsouko avec une voix unique : charnelle, ironique, parfois déchirante. Avec Fred Chichin, elle aura fait de la pop française un territoire de liberté.
Open Questions
- Quels autres hommages sont prévus pour Catherine Ringer ?


