Le bastion de la presse indépendante en Russie jette l'éponge face aux pressions des autorités, à l'expulsion de ses locaux et au blocage de ses financements.
Le journal d'investigation russe Novaïa Gazeta a annoncé sa fermeture définitive sous la pression des autorités, évoquant une expulsion de ses locaux et le blocage de ses dons.
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Novaïa Gazeta s'était opposé à l'offensive en Ukraine dès février 2022 et avait été classé comme agent de l'étranger.
Le journal Novaïa Gazeta, bastion historique de la presse indépendante en Russie, a annoncé vendredi sa fermeture sous la pression des autorités russes.
«"Novaïa Gazeta" cesse d’exister. (...) Les autorités russes, les services spéciaux russes ont obligé la rédaction de mettre fin à son travail», a affirmé le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, Sergueï Sokolov dans une déclaration publiée sur YouTube.
Depuis l’attaque à grande échelle contre l’Ukraine, en février 2022, à laquelle Novaïa Gazeta s’était immédiatement opposée, le journal survivait en Russie dans un environnement de plus en plus hostile face à des répressions politiques exacerbées.
Dès mars 2022, il avait cessé sa publication papier mais continuait à publier des contenus en ligne. En septembre, il avait été classé par Moscou comme «agent de l’étranger» - une étiquette impliquant de nombreuses contraintes administratives et utilisée pour étouffer toute voix dissidente.
Cette fois, sa rédaction en Russie a annoncé que le pouvoir était enfin parvenu à ses fins. «Ils nous ont tués», a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle précise avoir reçu un avis d’expulsion l’obligeant à quitter ses locaux historiques à Moscou à partir du 9 novembre, tandis que, parallèlement, le système qui lui permettait de recevoir des dons a été bloqué, ce qui le prive «entièrement» de financement.
«Trente ans d’une vie partagée avec le pays et ses citoyens va se terminer, nous laissant à la rue, sans moyens d’existence, sous la menace constante des répressions», déplore-t-elle. Son rédacteur en chef Sergueï Sokolov a, lui, accusé le Kremlin d’avoir «anéanti» les droits humains en Russie, dont la défense est «désormais assimilée à un crime». «Les élections et les instances élues ont été, de facto, supprimées. Les institutions de la société civile ont été démantelées», énumère-t-il.
Selon lui, «l’assassinat de Novaïa Gazeta» est «une preuve supplémentaire» que l’État russe commet une «trahison» en reniant sa propre Constitution, qui interdit notamment la censure. «Merci à tous ceux qui nous ont écoutés», ajoute, le visage sombre, M. Sokolov, annonçant qu’un «dernier numéro» du journal paraîtra avant son extinction.
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Parution du dernier numéro du journal Novaïa Gazeta
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