Incendie dans les Pyrénées-Orientales : évacuation d'Ille-sur-Têt et adaptation du Tour de France
Quick Look
- Un violent incendie dans les Pyrénées-Orientales a forcé l'évacuation de la ville d'Ille-sur-Têt et de 5000 habitants des Aspres.
- Le feu, attisé par la chaleur et le vent, impacte le parcours du Tour de France qui sera adapté et sans public.
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Le préfet des Pyrénées-Orientales a ordonné dimanche soir l’évacuation de la ville d’Ille-sur-Têt, menacée par un incendie qui a parcouru plus de 1.650 hectares en 24 heures, a indiqué la préfecture, confirmant une information d’ICI Roussillon. Les quelque 5500 habitants de cette commune s’ajoutent donc aux 5000 résidents du massif des Aspres dont l’évacuation avait été annoncée deux heures plus tôt, en raison d’un regain de virulence de ce feu combattu par 700 pompiers.
«Tous les habitants qui se situent dans ces communes du massif des Aspres sont en train d’être évacués (...) dans le bon ordre, progressivement, en fonction de priorité par zone géographique», a précisé Pierre Regnault de la Mothe après avoir listé la quinzaine de communes de ce massif de moyenne montagne à l’ouest de Perpignan. Attisé par le vent, une sécheresse exceptionnelle et de fortes chaleurs, avec le placement en vigilance orange canicule du département, l’incendie impacte la troisième étape du Tour de France, qui doit s’achever lundi dans les Pyrénées-Orientales, avec un départ de Granollers, en Espagne, à la mi-journée. Celle-ci sera «adaptée» et «sans public», a précisé le préfet.
«L’odeur de brûlé nous prenait le nez»
À la mi-journée, 160 habitants avaient déjà été évacués, des communes de Rodès et de Casfabre. Dans plusieurs autres villages aux alentours, les habitants sont appelés à se confiner ou à se mettre à l’abri dans les mairies, a détaillé le préfet à BFMTV. Quelque 700 sapeurs-pompiers, appuyés par 200 véhicules et neuf moyens aériens luttent contre ce feu qui s’est déclaré samedi soir sur la commune de Trévillach. Pour l’instant, le scénario le plus redouté ne s’est pas produit et l’incendie n’a pas atteint le massif des Aspres, très difficile d’accès. «En revanche, sous l’effet de la chaleur, de la tramontane et du faible degré d’hygrométrie, le feu a repris de la vigueur sur ses flancs droit et gauche», a indiqué le préfet. Hélicoptères, dash et canadairs se succèdent au-dessus des flammes qui dévorent la végétation entre Trévillach et Ille-sur-Têt, à quelque 35 km à l’ouest de Perpignan.
A l’Ille-sur-Têt, un gymnase a été ouvert pour accueillir les personnes évacuées dans la nuit. «On a commencé à voir de la fumée vers 22H30, puis elle a avancé et avancé. Quelqu’un de la mairie a frappé vers 01H00 du matin pour nous dire de partir. L’odeur de brûlé nous prenait le nez», raconte Charlotte Pignol, 30 ans, accompagnée de sa mère, son fils et ses trois chiens. «Le feu est passé à 300 mètres des maisons. On a été surpris par la vitesse de propagation, c’était impressionnant, limite la panique», confie Patrice, 53 ans, habitant de Trévillach qui n’a pas souhaité donner son patronyme.
Installée sur un lit de camp, Malicia, 14 ans, s’occupe d’un chien, d’un chat et d’une poule évacués du terrain où elle et sa famille accueillent des animaux abandonnés. Sur les hauteurs du village, un hélicoptère bombardier d’eau lâche son chargement sur le flanc d’une colline en flammes. Assis par terre ou allongés sur des lits de camp, des pompiers se reposent à l’ombre des arbres et des bâtiments. La salle des fêtes a été mise à leur disposition, avec nourriture et rafraîchissements, et des habitants s’organisent pour leur préparer de quoi déjeuner. Ce brusque départ de feu est intervenu alors que le département, comme six autres (Ardèche, Aude, Drôme, Gard, Vaucluse et Hérault), est repassé en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu’à 40°C et ce, quelques jours après une canicule historique.
Laurent Nunez «très inquiet»
Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l’évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, avant d’être fixé par les pompiers vendredi. De l’autre côté de la frontière espagnole toute proche, un incendie qui s’est déclaré vendredi près de la touristique Costa Brava a brûlé plus de 2000 hectares, mais était stabilisé dimanche. Dans le nord du Portugal, un important feu de forêt brûle depuis trois jours et a ravagé au moins 13.000 hectares de végétation.
Ailleurs en France, les pompiers luttent depuis la mi-journée dans le Gard contre un feu de forêt qui s’est déclenché près d’un circuit de karting à Ledenon. L’incendie a déjà parcouru plus de 350 hectares et l’autoroute A9 a été coupée dans les deux sens dans les directions de Lyon et de Barcelone. Dans la Drôme, plus de 300 pompiers luttent contre un incendie dans une zone inhabitée, qui a déjà parcouru 300 hectares depuis trois jours dans une zone très escarpée et difficilement accessible.
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Même si 90% des départs de feu sont d’origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et sécheresse sous l’effet du changement climatique. Le ministre de l’Intérieur s’est ainsi dit vendredi «très inquiet» que la saison des feux ait commencé dans le pays avec «un mois d’avance». Laurent Nuñez s’est rendu au centre opérationnel de gestion interministérielle de crise (COGIC) supervisé par les pompiers et situé à Beauvau. L’objectif est notamment d’effectuer un point de situation des feux de forêts et végétation dans le sud de la France, notamment sur la sur la situation dans les Pyrénées-Orientales.


