
Cinq lycées ont porté plainte après l'intrusion de personnes utilisant des pseudonymes liés au terrorisme lors de cours à distance.
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Suite à des blocages physiques, 28 lycées des Alpes-Maritimes ont basculé en enseignement à distance. Cette situation a favorisé des intrusions numériques malveillantes dans les visioconférences.
Des plaintes ont été déposées après que des intrus, probablement des lycéens, se sont inscrits avec des pseudonymes en lien avec le terrorisme ou l'apologie du terrorisme.
Dans les articles de presse et sur les réseaux sociaux, un nouveau terme a fait son apparition : "blocus virtuel", pour perturber les cours à distance. En effet, 28 lycées sur 52 ont été fermés dans les Alpes-Maritimes face aux blocages physiques et mobilisations lycéennes. À la place, les cours sont donnés en visioconférence mais de nombreuses perturbations ont déjà été relevées par les enseignants. Au-delà des blagues potaches, plusieurs incidents graves ont eu lieu selon le rectorat.
Cinq établissements concernés
Contacté par ICI Côte d'Azur, le rectorat de l'académie de Nice précise : "on a des cas qui nous ont été remontés où il y a eu soit des atteintes aux valeurs de la République, soit des insultes durant les visios. Et ça concerne 5 lycées sur les 28 en distanciel de l'Académie."
C'est le cas du lycée professionnel régional Vauban à Nice. Des cours y auraient été perturbés, par des personnes disposant d'un lien de connexion qui ont utilisé des pseudonymes comme "Abdeslam", "Mohamed Lahouaiej-Bouhlel" ou "Freeze Corleone". Les deux premiers sont des terroristes, dont Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l'auteur de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice qui a fait 86 morts et 400 blessés. Le dernier, Freeze Corleone est un rappeur qui a été condamné en avril dernier à quinze mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme dans l'une de ses chansons qui suggère une référence à l’attentat du 14 juillet 2016.
Le maire de Nice, Eric Ciotti est revenu sur ces faits dans un message sur Facebook mardi. Il déclare : "L’école ne peut pas devenir le théâtre de cette dérive. La réponse doit être immédiate, ferme et exemplaire."
Signalements et dépôts de plaintes
Face à ces perturbations des cours en visioconférence, "un dépôt de plainte a été déposé par établissement", pour les cinq lycées concernés, précise le rectorat de l'académie de Nice. Il y a également eu à chaque fois " un signalement via un article 40".
Il s'agit du code de procédure pénale qui stipule que : "Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs."
Le parquet de Nice a également précisé par le biais d'un communiqué, avoir reçu : "ce jour trois signalements pour des faits intervenus à l’occasion de cours en distanciel dans trois lycées de Nice." Et d'ajouter : "Ces faits, distincts les uns des autres, sont notamment susceptibles de caractériser les délits d’apologie du terrorisme, d’injures à caractère raciste, de provocation à la haine ou à la discrimination, d’injures sexistes, de divulgation d’informations personnelles d’une personne chargée de mission de service public avec un risque d’atteintes aux personnes et de menaces visant une personne chargée de mission de service public."
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli a également évoqué que les "tout premiers éléments ne permettent pas à ce stade de relier ces faits à des lycéens des classes concernées par ces enseignements". Des enquêtes distinctes, confiées au SLPJ de Nice vont être ouvertes, pour tenter d’identifier les mis en cause.
La salle d'attente numérique comme solution
Face à ces perturbations, le ministère de l'Éducation nationale a rappelé que pour les prochaines visios, il était possible de faire patienter les élèves dans une salle d'attente numérique avant de les laisser accéder au cours afin de s'assurer de leur identité. Il est également possible avec cet outil de l'État, utilisé pour les cours à distance, d'exclure des élèves de la visioconférence.
AI outlook — possibilities, not facts
Ouverture d'enquêtes par le SLPJ de Nice pour identifier les auteurs.
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