
Arrêtés en mai 2022 et incarcérés à la prison d'Evin, les deux otages français racontent leur calvaire, entre frappes israéliennes, condamnation pour espionnage et libération fin 2025.
Arrêtés en Iran en mai 2022, les Français Cécile Kohler et Jacques Paris reviennent sur leur détention cauchemardesque à la prison d'Evin, marquée par des bombardements, l'isolement et une condamnation pour espionnage avant leur libération.
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Cécile Kohler et Jacques Paris ont été arrêtés en mai 2022 en Iran et emprisonnés à Evin avant d'être libérés fin 2025.
Arrêtés sur la route de l'aéroport de Téhéran à leur retour de vacances en mai 2022 et jetés dans la sinistre prison d'Evin, ils pensaient avoir connu le pire derrière ses murs. Mais le cauchemar de Cécile Kohler et Jacques Paris est encore loin d'être terminé. La guerre dans laquelle est désormais plongé l'Iran ne fait qu'ajouter à l'atmosphère anxiogène qu'ils subissent depuis déjà trois ans. Au mois de juin 2025, les frappes d'Israël sur Téhéran s'intensifient, et le 23, le centre pénitentiaire est pris pour cible. Les deux otages français vont vivre une nuit de terreur.
Dans la prison d'Evin sous les bombes
Au premier bruit "très, très, très fort", celui d'"un avion qui rase le toit de la prison", une pensée les traverse : "Ça y est, c'est pour nous". La première bombe tombe à quelques mètres d'eux. "J'ai pris ma codétenue dans mes bras, raconte Cécile Kohler, parce que je me suis dit que ça serait plus facile de mourir comme ça. On voit s'effriter les murs, on voit des choses tomber, de la poussière tomber dans la cellule. Et puis il y a eu la deuxième bombe qui est tombée."
Le bâtiment à proximité de la section 209 où ils sont incarcérés est pulvérisé, un incendie se déclare. "Les prisonniers hurlaient, tapaient sur les portes, témoigne Jacques Paris. On est finalement sortis à l'extérieur, et on a vu le désastre. Il y a eu 79 morts dans ce bombardement. On a failli mourir."
Après trois mois sans aucune nouvelle du couple d'enseignants, Pierre Cochard, l'ambassadeur de France récemment nommé, est enfin autorisé à les rencontrer en prison. Il est porteur d'une nouvelle encourageante : "Les discussions ont repris avec les autorités iraniennes", mais il ne peut s'engager sur le délai dans lequel une issue est envisageable. Ce message "d'un optimisme mesuré" ne suffit pas à rassurer Jacques Paris, constate-t-il avec inquiétude. Le professeur retraité lui dit spontanément : "Si c'est quelques jours, quelques semaines ça va ; si c'est quelques mois, je ne tiendrai pas." La sœur de Cécile Kohler s'inquiète elle aussi : "Elle m'appelait en me disant 'ça ne va pas du tout, là. Il faut vraiment nous sortir de là parce qu'on va mourir, on va mourir'. Jacques nous a dit 'Je regarde la mort en face'."
Passibles de la peine de mort
Octobre 2025 : l'acharnement du régime iranien envers les deux Français franchit un nouveau palier. Cécile Kohler et Jacques Paris sont condamnés par la justice iranienne respectivement à 20 ans et 17 ans de prison pour "espionnage pour le compte du Mossad". Ils risquent désormais la peine de mort.
Pour Jacques Paris, qui se trouve à nouveau à l'isolement depuis plusieurs mois, c'est "limite, limite", confie-t-il. A force de ne voir personne ("Le seul contact humain dans la journée, c'est trois fois la trappe de la porte de la cellule qui s'ouvre pour vous passer la nourriture"), il s'est mis à parler aux murs, "juste pour entendre [s]a voix et [s']exprimer", tenter de garder le contrôle de son esprit.
Les deux Français sont à bout. Heureusement, en coulisses, les négociations avec Téhéran s'accélèrent. Les contours d'un accord politique entre les ministres des Affaires étrangères français et iranien se précisent chaque jour un peu plus. Jusqu'à ce 4 novembre 2025, où la gardienne annonce à Cécile Kohler : "Tu fais tes affaires, tu plies tes couvertures, tu mets tes sous-vêtements à la poubelle, et au revoir". Fin 2025, contre toute attente, les Iraniens libèrent enfin les deux Français, après trois ans et demi de calvaire. Ils seront ensuite assignés à résidence à l'ambassade de France jusqu'à leur retour dans l'Hexagone, le 7 avril 2026.

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