Jean-Charles Preira acquitté du meurtre d'Akhmed M. à Évreux
La cour d'assises de l'Eure a prononcé l'acquittement de l'accusé, malgré des réquisitions de 20 ans de réclusion criminelle.
Quick Look
- Jean-Charles Preira a été acquitté par la cour d'assises de l'Eure pour le meurtre d'Akhmed M. survenu en 2020 à Évreux.
- Malgré les réquisitions de 20 ans de prison, la défense a réussi à faire douter de la solidité des preuves matérielles et des témoignages.
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Why It Matters
Le meurtre d'Akhmed M. en 2020 avait exacerbé les tensions entre les communautés manjak et tchétchène dans le quartier de La Madeleine à Évreux.
Lors d’un épilogue judiciaire inédit, au terme de six jours de débats, Jean-Charles Preira a été acquitté pour le meurtre d’Akhmed M., dans le quartier de La Madeleine, à Évreux, le 25 septembre 2020. Devant la cour d’assises de l’Eure, qui vient de prononcer ce verdict, 20 ans de réclusion criminelle avaient été requis à l’encontre de cet homme de 31 ans par les avocats généraux, Rémi Coutin et Anaël Bonton. Le jugement a été rendu dans une salle comble, où un important dispositif policier était déployé pour prévenir toute explosion de colère des communautés tchétchènes et manjaks, qui se font face dans cette affaire. Au terme des débats, Jean-Charles Preira, cadre présumé de la «Black Manjak Family», sera reconduit à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe, où il est placé en détention provisoire dans le cadre de l’affaire Mohamed Amra.
Les faits pour lesquels il était jugé devant la cour d’assises de l’Eure, antérieurs à l’évasion de «La Mouche» à Incarville, ont été minutieusement décortiqués par les parties. Pendant six jours, enquêteurs, experts, témoins de cette rixe mortelle se sont succédé à la barre. La cour a aussi écouté les membres de la famille Preira, ceux de la famille M. et de la communauté tchétchène, leurs récits laissant entrevoir toute la tension qu’avait charriée ce meurtre au sein de la cité La Madeleine, quartier sensible situé à la périphérie sud d’Évreux. À l’automne 2020, le fragile équilibre entre communautés manjak (originaire de Guinée-Bissau) et tchétchène avait, alors, volé en éclats. Juste après les faits, Jean-Charles Preira avait fui Évreux, puis la France, pour se terrer à Malaga, un contrat ayant été placé sur sa tête par les proches d’Akhmed M..
Par la suite, les investigations de la police judiciaire de Rouen avaient permis de relier Jean-Charles Preira au meurtre grâce à la téléphonie, la balistique, et la vidéosurveillance de la ville, éléments dont la défense n’a cessé de blâmer la fragilité. Elle a avancé, au contraire, les «rumeurs» du quartier, où seul le frère aîné de la victime, Magomed M., assure avoir vu Preira tirer sur son petit frère dans la bagarre. «On sait que Magomed M. a demandé à plein de gens d’aller témoigner au commissariat contre Jean-Charles Preira, c’est acquis au dossier», a insisté lors de sa plaidoirie Me Frank Berton, l’un des trois avocats de la défense, ce jeudi. «“Quand la justice devient folle, l’humanité est perdue”, disait Beaumarchais. Ne rentrez pas dans cette folie. Ne condamnez pas un homme dont vous n’avez aucune preuve de la culpabilité.»
Au terme des plaidoiries, la présidente de la cour d’assises, Julie Arzuffi, avait ensuite demandé à l’accusé de se lever dans le box. Le dernier mot lui revenait. À quelques mètres de la mère de Akhmed M., effondrée, Jean-Charles Preira avait alors dit : «Je comprends la douleur de la famille après tant d’années. Mais je n’ai pas à payer pour les autres.»
Open Questions
- Qui est responsable du meurtre d'Akhmed M. ?







