Jordan Bardella conteste des écrits antisémites révélés par Mediapart et annonce une action en justice
Le président du Rassemblement national dénonce une « guerre totale » et une « opération de barbouzerie » après des révélations de Mediapart sur des propos qui lui sont attribués en 2013.
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Accusé par Mediapart d'avoir tenu des propos antisémites en 2013, le président du RN Jordan Bardella dénonce des accusations fallacieuses et annonce porter plainte en diffamation, tandis que la classe politique réagit vivement.
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Why It Matters
Mediapart a publié des révélations concernant des écrits antisémites et complotistes attribués à Jordan Bardella datant de 2013.
Au lendemain des révélations de Mediapart sur des écrits antisémites qui lui sont attribués, Jordan Bardella a pris la parole ce mardi devant les députés RN réunis à l’Assemblée nationale. Le président du parti a de nouveau «formellement» contesté avoir tenu ces propos et annoncé vouloir mener «une bataille judiciaire».
«Il va falloir sortir les casques lourds, parce que la campagne sera longue, parce que nous allons être attaqués», a-t-il prévenu devant son groupe. Jordan Bardella estime que le RN fait désormais face aux «prémices d’une guerre totale» et à des «tentatives de déstabilisation de la campagne présidentielle» qui pourraient, selon lui, viser les responsables du parti «un à un». Revenant directement sur l’enquête de Mediapart, il a qualifié les accusations de «fallacieuses». «Ces propos et ces positions n’ont jamais été les miens», a-t-il assuré, affirmant avoir été, au cours de sa carrière politique, «mis à nu» et «passé au crible» sans que de tels éléments aient jusqu’ici été mis au jour.
Le président du RN a également avancé que cette affaire aurait «très certainement été préparée depuis plusieurs mois», dans l’hypothèse où il serait candidat à l’élection présidentielle. «Soit Mediapart a mis en œuvre une opération de barbouze, soit une opération de barbouze s’est montée à l’extérieur et Mediapart lui-même s’est fait enfumer», a-t-il accusé.
Jordan Bardella affirme par ailleurs avoir demandé, notamment par l’intermédiaire de son avocat, à consulter les documents sur lesquels repose l’enquête et assure que Mediapart a refusé de les lui transmettre. «Nous allons nous battre, je vais me battre sur le terrain judiciaire», a-t-il insisté, estimant que le RN était désormais confronté à «un feuilleton». Il a enfin vivement attaqué le site d’investigation, qu’il a qualifié de «journal d’extrême gauche, composé de fanatiques» qui useraient, selon lui, de «tous les moyens, y compris les plus déloyaux», pour empêcher le RN de remporter l’élection présidentielle. «Ils sont dans une guerre totale», a-t-il conclu.
Laurent Jacobelli a défendu Jordan Bardella après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites qui lui sont attribués. «Ma conviction est inébranlable. Jamais Jordan Bardella n’a tenu ces propos et j’en ai l’intime conviction», a assuré le député de la Moselle, affirmant que le président du RN est «vraiment en pointe pour la lutte contre l’antisémitisme».
Le porte-parole du RN a surtout concentré ses attaques sur Mediapart, qu’il qualifie de «tract militant d’extrême gauche». «On assiste là à la machine à fabriquer des boules puantes de début de campagne. On s’y attendait, probablement pas si tôt», a-t-il lancé, dénonçant une «opération militante», un «détournement de campagne» et un «hold-up des électeurs».
«La justice tranchera», a-t-il ajouté, alors que Jordan Bardella a annoncé engager une action en justice contre le site d’information.
Invité de France Inter ce mardi matin, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a dit avoir eu «une réaction de stupéfaction» après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. «Ces propos sont absolument révoltants. S’ils sont exacts, et c’est ce qu’affirme le journal Mediapart, ils démontrent une nouvelle fois que l’antisémitisme est l’ADN de l’extrême droite française», a-t-il déclaré.
«Si ces propos sont avérés, je crois que Jordan Bardella doit en tirer absolument toutes les conséquences, et qu’il ne peut pas jouer un rôle majeur dans la vie politique française», a poursuivi le député des Bouches-du-Rhône.
«Je pense que le peuple français doit comprendre que ce serait une folie de confier le pouvoir à une famille politique comme est le Rassemblement national aujourd’hui. Il n’y avait pas besoin de ces propos pour le savoir, mais ils en donnent à mon avis une nouvelle dimension», a-t-il ajouté.
«Ces propos prêtés à Jordan Bardella sont d’une gravité extrême. Ils reprennent tous les clichés de l’antisémitisme tels qu’inventés par la pensée d’extrême droite depuis 120 ans», a fustigé sur RTL ce mardi matin Jean-François Copé, maire LR de Meaux, après que le président du Rassemblement national (RN) a été accusé, hier par Mediapart, d’avoir tenu des propos antisémites et complotistes en 2013. Des écrits démentis par l’intéressé.
«Soit Mediapart n’est pas en situation de pouvoir le prouver, et dans ce cas ils rendent un service à Jordan Bardella. Soit Mediapart est capable de le prouver, en produisant des documents. Si cela est confirmé et démontré, la balle sera dans le camp de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, du Rassemblement national, qui depuis des années expliquent que le parti s’est dédiabolisé (…) Il faut que Marine Le Pen se positionne. Si les preuves sont là, ce sera plus compliqué pour Jordan Bardella de nier. Les limites de la dédiabolisation du RN sont dépassées depuis très longtemps. Simplement, beaucoup trop de gens font semblant», a ajouté Jean-François Copé.
«Je fais partie de ceux, chez LR, qui dénoncent depuis le début toute forme de connivence avec l’extrême droite. L’Histoire de France n’est pas une page blanche. Nous n’avons rien à voir avec le RN.»
Le premier ministre Sébastien Lecornu a promis 1,5 milliard d’euros supplémentaires aux départements dans le budget 2027 et proposé d’affecter à ces collectivités une partie de la contribution sociale généralisée (CSG), dans un courrier adressé lundi à leurs président(e)s. «J’ai voulu faire une exception en faveur des départements», écrit le locataire de Matignon dans cette lettre révélée par Le Monde et dont l’AFP a obtenu copie.
«Vos recettes progresseront ainsi au-delà de l’inflation : l’ensemble des départements disposera d’1,5 milliard d’euros supplémentaires», même s’ils devront tout de même participer à l’effort national de redressement des finances publiques, est-il ajouté. Le chef du gouvernement propose aussi de leur affecter «300 millions d’euros de CSG pour financer l’allocation personnalisée d’autonomie (APA)».
Les aides sociales, telles que le revenu de solidarité active (RSA) ou l’APA, représentent une part majeure et croissante des budgets des départements en France, absorbant une part très importante de leurs dépenses de fonctionnement. Le gouvernement présentera jeudi en Conseil des ministres une première copie de son budget pour 2027, laissant la main au Parlement pour tenter de trouver un compromis, à moins de sept mois de la présidentielle.
Place à la riposte. Quelques heures à peine après la publication par Mediapart d’un article imputant à Jordan Bardella des écrits antisémites et complotistes datant de 2013, à l’époque où il n’était encore qu’un adolescent, mais déjà adhérent au Front - devenu Rassemblement - national, le président du parti à la flamme a contre-attaqué sur CNews. Confronté à des propos qu’il juge «parfaitement délirants» et qu’il «conteste» avoir tenus, l’eurodéputé nationaliste a annoncé avoir déposé plainte pour «diffamation» contre le site d’information.
Une action justifiée par le caractère «extrêmement organisé» de ces révélations, qui, assure-t-il, auraient dû «sortir» dans l’hypothèse où il aurait repris le flambeau de Marine Le Pen pour la présidentielle, en cas d’empêchement judiciaire de celle-ci. Peu importe que l’article soit paru alors que la chef des députés RN a finalement pu rester en lice : Jordan Bardella persiste et signe. Pour lui, cette affaire s’apparente à «une opération de barbouzerie», destinée à «déstabiliser la campagne» d’un RN donné favori pour 2027, et à «tenter de l’abattre politiquement». Quant à savoir qui est à la manœuvre, il avance deux hypothèses. «Soit Mediapart en est à l’origine, et (comme) ça ne repose sur rien, c’est extrêmement grave ; soit Mediapart se fait enfumer par des gens qui ont un intérêt à cette opération de déstabilisation, et c’est encore plus grave», charge l’eurodéputé.
La popularité d’Emmanuel Macron, et de son premier ministre Sébastien Lecornu, chute fortement selon un sondage paru mardi, sur fond d’inquiétude des Français concernant les mesures prises pour atténuer la hausse des prix du carburant.
Le chef de l’État voit sa popularité chuter de 7 points par rapport à fin juin, pour atteindre son plus bas historique avec seulement 18% des sondés qui estiment qu’il est un bon président, selon ce baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale.
Selon cette enquête en ligne, réalisée avant l’intervention du président de la République jeudi aux JT de TF1 et France 2 sur la question des carburants, 75% des sondés estiment que l’élargissement des aides aux «gros rouleurs» annoncé par le gouvernement est insuffisant. Et 62% d’entre eux jugent que l’exécutif doit consacrer davantage d’argent à la question, malgré le niveau de déficit de la France.
What to Watch
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Le gouvernement présentera son budget pour 2027 en Conseil des ministres.
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Open Questions
- Mediapart va-t-il rendre publics les documents sur lesquels repose l'enquête ?
- Quelles suites judiciaires aura la plainte en diffamation déposée par Jordan Bardella ?






