Jordan Bardella contre-attaque après les révélations de Mediapart sur des messages antisémites attribués à 2013
Quick Look
Après la publication par Mediapart de captures d'écran de messages antisémites datant de 2013 attribués à Jordan Bardella, le président du RN dénonce des preuves manipulées et annonce une plainte pour faux et usage de faux, tandis que le parti fait bloc autour de lui et que certains adversaires comme Édouard Philippe estiment les accusations quasi établies.
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Why It Matters
Cette nouvelle polémique survient dans le contexte d'une enquête de Mediapart en deux volets visant à attribuer à Jordan Bardella des messages antisémites datant de 2013, publiés via des captures d'écran obtenues auprès de Meta et authentifiées par un huissier selon le média. Le président du RN conteste fermement ces accusations, les qualifiant de montage et de machination.
S’appuyer sur ce qu’ils considèrent comme les failles du dossier pour contre-attaquer. Voilà comment Jordan Bardella et plusieurs cadres du RN ont choisi de répliquer après que Mediapart a publié jeudi en fin d’après-midi des captures d’écran de messages antisémites datant de 2013 que le site d’information attribue au patron du parti à la flamme. Des documents issus d’une conversation Messenger obtenue auprès de Meta et authentifiée par un huissier, selon le média, destinés à étayer les accusations portées dans le premier volet de son enquête. Sans ébranler le principal intéressé, qui conteste une nouvelle fois ces allégations.
«Les pseudo-preuves de Mediapart sont enfin sorties : des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus», raille sur X l’eurodéputé nationaliste. Autrement dit : «Ces “preuves” n’en sont donc pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal», insiste Jordan Bardella, qui juge, à la lecture de cette deuxième salve, que la «prétendue “investigation” s’effondre déjà». Et qu’elle résulterait d’une «machination grossière » dont «les Français seront juges».
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Dès lors, Jordan Bardella dit avoir «chargé (son) avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux», comme il l’avait promis en guise d’avertissement sur CNews en début de semaine. Une procédure qui vient s’ajouter à celle déjà enclenchée pour diffamation. Car le trentenaire, dans l’œil du cyclone depuis les premières révélations de lundi, n’entend pas rester les bras croisés. «Pendant des jours, nos adversaires politiques et des dizaines de médias ont sali le premier parti de France, et porté une grave atteinte à mon honneur, sur la base de ragots diffusés par un média férocement anti-RN», tonne-t-il, dans une nouvelle flèche décochée contre le site cofondé par Edwy Plenel. Mercredi déjà, le président du RN affirmait affronter «l’accusation la plus ignoble qui (l’) ait jamais visé» et dénonçait «un traitement déloyal, injuste et mensonger».
Le RN fait bloc
Loin d’isoler le dauphin de Marine Le Pen, l’affaire a resserré les rangs autour de lui, même si elle ramène le parti à ses vieux démons «frontistes», longtemps nourris par les nombreux dérapages antisémites et racistes du fondateur du FN devenu RN, Jean-Marie Le Pen. Les troupes font donc bloc, y compris des élus réputés plus «marinistes» que «bardellistes». Comme Sébastien Chenu : le député du Nord estime que «les masques tombent», puisque Mediapart continuerait de s’appuyer sur des «sources inavouables», avant d’appeler à laisser la justice trancher. Comme Jean-Philippe Tanguy, sur France 5, pour qui, dans la deuxième partie de l’enquête, «rien ne prouve» la paternité des messages attribués à Jordan Bardella.
Toute autre lecture chez Édouard Philippe. À rebours de la prudence qu’il affichait jeudi matin sur TF1, refusant de «commenter» faute de preuves tout en indiquant que les faits seraient «graves et sérieux» s’ils étaient avérés, le patron d’Horizons sort de sa réserve. Et considère désormais qu’il est «quasiment établi» que Jordan Bardella a tenu des propos «scandaleusement antisémites». «Il appartiendra à lui et à la formation politique dont il fait partie d’en tirer les conséquences», a prévenu le candidat à la présidentielle, cinglant à son endroit : «Avec les extrêmes, lorsque vous chassez le naturel, il finit toujours par revenir au galop».
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La justice sera saisie pour examiner l'authenticité des captures d'écran et les plaintes pour faux et usage de faux déposées par Jordan Bardella.
Very likely · Within weeks
Le Rassemblement National maintiendra son soutien unifié autour de Jordan Bardella malgré la polémique.
Likely · Within days
Open Questions
- Les captures d'écran publiées par Mediapart sont-elles authentiques ou ont-elles été manipulées ?
- Quelles preuves concrètes Mediapart possède-t-il pour attribuer définitivement ces messages à Jordan Bardella ?
- Quel sera l'issue des procédures judiciaires engagées par Jordan Bardella pour faux et usage de faux et pour diffamation ?






