Justice pour l'enfance : les magistrats dénoncent les défaillances systémiques et critiquent Gérald Darmanin
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Les magistrats français dénoncent les défaillances systémiques de la justice dans la prise en charge des violences sexuelles sur enfants, critiquant les "fausses solutions" proposées par Gérald Darmanin et pointant un rapport de 2023 resté secret.
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Why It Matters
Le Syndicat de la magistrature dénonce depuis des années les défaillances de la justice face aux violences sexuelles sur enfants. Un rapport de 2023 sur l'état des enquêtes n'a pas été rendu public par Gérald Darmanin.
Depuis une semaine, Gérald Darmanin ne cesse de multiplier les plateaux de télévision et les conférences de presse. Pour échapper aux responsabilités qui sont les siennes, le garde des sceaux s’emploie à désigner, à la hâte et avant même les résultats des inspections qu’il a diligentées, des responsabilités individuelles et à proposer de fausses solutions, qui risquent d’accroître le danger qui pèse sur les enfants victimes.
Les magistrats et magistrates ne contestent pas les défaillances massives dont souffre la justice pour prendre en charge les violences sexuelles dénoncées par les enfants. Bien au contraire, depuis plusieurs années, et quatre fois déjà depuis la fin de l’année 2025, le Syndicat de la magistrature a été entendu sur des questions relatives aux violences sexuelles ou à la protection de l’enfance. A chaque fois, nous avons dénoncé les délais de traitement de ces procédures et le manque d’enquêteurs et d’enquêtrices en la matière.
Le caractère systémique de ces manquements est si ancré qu’en 2023 déjà, une mission d’inspection interministérielle était diligentée afin de procéder à l’évaluation du nombre de procédures en cours dans les services de police et d’en analyser les causes. Gérald Darmanin avait promis de rendre publiques les conclusions de cette mission, ce qu’il n’a pas fait depuis.
Un pur effet d’annonce
Ce rapport est édifiant. Il révélait que près de la moitié du stock des services d’enquête avait plus de deux ans, et que des dossiers d’agressions sexuelles et de viols étaient laissés à l’abandon pendant des années alors même que les auteurs étaient identifiés. Plus encore, il alertait déjà sur le fait qu’une telle embolie empêchait d’identifier les procédures prioritaires en matière de violences sexuelles sur mineurs, celles qui comportent des risques majeurs.
Open Questions
- Quand les conclusions du rapport de 2023 seront-elles publiques ?
- Quelles mesures concrètes seront prises pour remédier aux défaillances systémiques ?



