L'AMF alerte sur l'influence croissante des "fininfluenceurs" sur les jeunes investisseurs
Quick Look
- Une étude de l'AMF révèle l'influence grandissante des "fininfluenceurs" sur les jeunes investisseurs, qui privilégient les réseaux sociaux aux conseillers bancaires.
- L'AMF alerte sur les risques de manipulation de marché et de surréaction, appelant à une régulation accrue.
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Why It Matters
Une étude de l'Autorité des marchés financiers (AMF) publiée le 15 juillet constate l'essor de l'investissement des particuliers et l'influence croissante des "fininfluenceurs" sur les jeunes investisseurs, en parallèle des conseillers bancaires traditionnels.
Tony Chen, Sarah Mersel ou encore Nicolas Finance... Si ces noms ne vous évoquent rien, ils symbolisent pourtant une nouvelle catégorie de créateurs de contenus en plein essor : les influenceurs finance. Des figures des réseaux sociaux de plus en plus écoutés par les jeunes investisseurs, parallèlement aux conseillers bancaires traditionnels, constate une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publiée ce 15 juillet.
Dans son rapport, l’institution souligne d’abord «l’essor de l’investissement des particuliers», visible par exemple au troisième trimestre 2025 avec «10,9 millions de transactions sur actions». Or, cette forte activité boursière s’est traduite par une hausse de l’intérêt sur les sujets financiers sur les réseaux sociaux. Cette transition numérique est portée par l’apparition des «néo-brokers ou néo-courtiers» qui proposent des services financiers digitalisés, «des offres à coûts très faibles (voire nuls)» ainsi qu’un «accès à des titres internationaux (notamment nord-américains).»
Si «la première source d’information des investisseurs» reste les conseillers bancaires, l’importance des influenceurs financiers, appelés «fininfluenceurs», s’accroît, en particulier chez les plus jeunes. Parmi les investisseurs, dès 2023, «28 %» s’informaient sur «les réseaux sociaux avant de réaliser un investissement en bourse ou sur des crypto-actifs» selon un rapport de l’OCDE. Et, plus récemment, en décembre 2025, le Baromètre de l’épargne de l’AMF confirmait que 12% d’entre eux suivaient de près les publications des établissements financiers sur les réseaux avant d’investir.
Pour mieux comprendre ce phénomène, l’AMF s’est penchée sur le réseau social X et son impact sur les titres du CAC 40. Le constat est clair : les jeunes et les clients des néobrokers sont devenus «plus sensibles» à l’activité sur X qu’aux valeurs fondamentales des titres, comme les prix et les communications des émetteurs. L’AMF pointe du doigt une «sous-réaction» de ces investisseurs à la conjoncture économique, couplée à une «surréaction» aux messages envoyés sur les réseaux sociaux. «Les investisseurs sont davantage sensibles au nombre des messages publiés sur les réseaux sociaux qu’à leur contenu», résume l’étude.
Pourtant, s’informer sur les réseaux sociaux pour investir n’est pas sans risques. Le premier est une mauvaise identification des sources d’information, au point de confondre les sources professionnelles et les influenceurs, qui peuvent avoir des intérêts financiers cachés. L’AMF alerte également sur le fait que le trafic sur les réseaux sociaux peut mener à «une activité financière excessive» et à des «variations de cours exacerbées».
En effet, le rapport met en garde contre les manipulations de marchés possibles comme le «phénomène de pump and dump» qui consiste à créer un engouement autour d’un titre pour en faire gonfler le prix et le revendre ensuite. Les investisseurs risquent également de surréagir, et de se transformer en «day traders, réagissant à toute information favorable aux stratégies de (très) court terme, au détriment d’une détention des titres sur le moyen-long terme», souligne l’étude.
Malgré ces risques, cette tendance va continuer à croître dans les prochaines années, et les acteurs traditionnels n’auront d’autres choix que de s’adapter à ce nouveau mode d’information. De leur côté, les autorités ont déjà commencé à s’emparer du problème, en cherchant à encadrer davantage le statut d’influenceur, via le Parlement. «Dans ce contexte, le ministère de l’Économie a publié, en décembre 2023, un code de conduite à destination des influenceurs», rappelle l’AMF.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La tendance des influenceurs financiers continuera de croître dans les prochaines années.
Very likely · Within years
Les acteurs financiers traditionnels devront s'adapter à ce nouveau mode d'information.
Very likely · Within years
Open Questions
- Quelle sera l'efficacité du code de conduite pour les influenceurs ?
- Comment les acteurs financiers traditionnels s'adapteront-ils ?
- Comment l'AMF fera-t-elle respecter les nouvelles régulations ?






