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L'avenir incertain des dauphins de Marineland et Planète sauvage après l'abandon du projet Beauval
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20 Minutes3 hours agoEnvironment2 min readFrance

L'avenir incertain des dauphins de Marineland et Planète sauvage après l'abandon du projet Beauval

Quick Look

  • L'abandon du projet de transfert des dauphins de Marineland et Planète sauvage vers le zoo de Beauval, prévu pour 2028, laisse 19 cétacés sans solution de relocalisation alors que l'interdiction des spectacles de cétacés en France prend effet en décembre 2026.
  • Huit dauphins ont déjà été envoyés en Espagne, tandis que d'autres transferts vers Valence, Tenerife ou un sanctuaire en Italie sont en discussion ou bloqués par des désaccords administratifs.
  • Les associations réclament des sanctuaires marins, jugés plus éthiques et moins coûteux, tandis que les parcs défendent leurs démarches actuelles comme la « moins mauvaise » solution en attendant.

AI-generated summary

Why It Matters

La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale interdit, à compter du 1er décembre 2026, les spectacles de cétacés et le contact avec le public dans les delphinariums en France. Cette échéance a poussé Marineland à fermer dès janvier 2025 et à chercher des solutions de relocalisation pour ses animaux. Le zoo de Beauval avait proposé d'accueillir dix-neuf dauphins dans un nouveau delphinarium prévu pour 2028, mais a abandonné le projet en raison du coût élevé (45 millions d'euros), de l'absence de garantie financière de l'État et de recours juridiques des associations de protection animale.

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Mais que vont-ils devenir ? Depuis mardi et l’annonce du zoo de Beauval, l’avenir des dauphins qui devaient y être transférés inquiète. L’année dernière, Rodolphe Delord, directeur de l’établissement, avait affirmé vouloir recueillir huit des douze dauphins du Marineland d’Antibes, fermé depuis le 1er janvier 2025, et les onze de Planète sauvage, près de Nantes.

L’abandon de ce projet, qui devait ouvrir en 2028, est dû, selon les mots du directeur, au coût du chantier (45 millions d’euros), à l’absence de garantie financière de l’Etat et aux recours juridiques des associations. Alors, sans cette solution « démentielle » pour ces 19 dauphins, où vont-ils aller ?

La course contre la montre vers l’Espagne

Si le dossier est aussi tendu, c’est parce qu’une échéance approche. La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale interdit, à compter du 1er décembre 2026, les spectacles de cétacés et le contact avec le public dans les delphinariums. A l’époque, Barbara Pompili avait assuré que ce délai de cinq ans laisserait largement le temps de trouver des solutions de reclassement pour les animaux. Raté.

C’est cette même échéance qui a poussé Marineland à fermer dès janvier 2025, et à se lancer, sans rentrées d’argent, ni subventions, dans une course contre la montre pour trouver une destination à ses animaux. Plusieurs pistes, dont le Japon, ont d’abord été refusées par l’Etat, seul habilité à autoriser ces transferts. Le gouvernement a finalement donné son feu vert pour l’Europe.

Face à l’urgence, l’état des bassins se dégradant, le parc azuréen, propriété du groupe espagnol Parques Reunidos, ne pouvait plus attendre. Huit de ses douze dauphins ont déjà quitté Antibes fin juillet pour rejoindre Selwo Aventura, un parc du même groupe à Benalmádena, près de Malaga. Ce sont ces mêmes cétacés qui devaient ensuite être transférés à Beauval, une fois le chantier achevé. « Marineland a bien fait de ne pas compter » sur cette solution et « anticiper les transferts espagnols », nous confie une source proche du dossier. Contacté, le parc n’a souhaité faire « aucun commentaire » sur le sujet.

Et les autres dauphins ?

Les quatre autres dauphines azuréennes, qui n’appartiennent plus au groupe Parques reunidos, vont « bientôt » être transférées à l’Oceanogràfic de Valence, toujours en Espagne. Leur déplacement a été retardé par l’arrivée prioritaire de bélugas canadiens cette semaine. La logistique est aussi complexe pour les orques Wikie et Keijo, qui devaient être déplacées vers le Loro Parque de Tenerife mais, faute d’accord entre l’Etat français et le gouvernement central espagnol et celui régional des Canaries, le dossier traîne encore. Tous ces cétacés devraient alors « rester dans ces parcs » ibériques et finir leur vie là-bas.

« Les solutions opérationnelles qui existent immédiatement, c’est un autre parc à l’étranger », poursuit la même source. « Le débat ce n’est pas la captivité, dit-elle. Ces animaux, qui sont en captivité, existent. Donc qu’est-ce qu’on en fait ? » En attendant les transferts espagnols, tout le monde reste à Antibes « mais il y a urgence », insiste-t-elle, faisant allusion au bassin des orques « en mauvais état ». « Il fait peser, de facto, un risque sur la santé des animaux », indique-t-on encore auprès de 20 Minutes. Malgré tout, la détention des animaux à Antibes reste « la moins mauvaise » des solutions, tout en continuant de « se battre pour les relocaliser au plus vite ».

Des soigneurs restent présents quotidiennement pour en prendre soin. Mais pour eux aussi, l’avenir est incertain, Beauval ayant proposé de les reprendre avec les dauphins.

« Pas de plan B »

Du côté de Planète Sauvage, près de Nantes, en Loire-Atlantique, « aucun plan B n’a été travaillé », confie Sacha Marguerite, directeur de l’établissement depuis un mois. « Le projet Beauval était l’idéal, extraordinaire, remplissait toutes les conditions pour les animaux, développe-t-il. On ne pensait pas en arriver là. » Depuis mardi, il s’est remis au travail avec ses équipes pour trouver un lieu de destination qui « érige en priorité le bien-être animal ». « On a repris contact avec le coordinateur de l’espèce, précise-t-il. Pour l’instant, il n’y a aucune alternative qui se dégage. Il faut tout reprendre à zéro. »

Dans l’attente d’une issue favorable, le parc va continuer ses démonstrations pédagogiques. « On a le droit de le faire et on le fait très bien », affirme-t-il. Non concerné par l’interdiction de décembre prochain, grâce à « un programme validé par l’Etat », il assure : « On avait déjà acté qu’en 2027, on fonctionnerait de la même façon. Donc il n’y a rien qui change pour nous cette année. Cette décision n’a aucune conséquence négative pour les animaux. »

Et d’ajouter : « On n’est pas pressé, il n’y a pas d’urgence. Les animaux ne seront pas envoyés quelque part sous prétexte qu’on doit s’en débarrasser. » Il balaie les rumeurs d’un départ en Asie. « Ils ne seront pas envoyés dans un endroit qui soit contraire à nos valeurs. Et notre leitmotiv c’est que l’endroit trouvé soit meilleur que chez nous. »

Le sanctuaire, vraie solution ?

Pour les associations, le renoncement de Beauval est « une victoire ». Christine Grandjean, présidente de C’est Assez !, à l’origine de deux recours contre le projet, réclame désormais que les quatre femelles de Marineland rejoignent le sanctuaire marin de Tarente, dans les Pouilles (Italie), plutôt que Valence en Espagne. Elle assure : « Il y a toutes les autorisations obtenues, sept hectares en mer, une clinique vétérinaire, un premier bassin de 1.600m2. »

Même satisfaction chez One Voice. « Demain, on va avoir un beau camion de cirque tout neuf pour y enfermer les lions et les tigres ? », ironise la présidente, Muriel Arnal, jugeant absurde de construire un delphinarium pour en fermer d’autres et pour prétendument « sauver des cétacés ». Elle y voit surtout la possibilité de parler enfin de la solution des sanctuaires, une alternative « balayée depuis un an car on ne parlait que du projet de Beauval, cinquante fois plus coûteux qu’une solution en enclos marin », affirme-t-elle. Mais pour les parcs, les sanctuaires ne sont « pas une solution viable » et ne restent que « des hypothèses » sans garantie.

Notre dossier sur la cruauté envers les animaux

Le gouvernement, lui, ne s’est pas exprimé sur ce type d’alternative. Le ministère de la Transition écologique a simplement regretté la décision de Beauval, un projet qui devait « apporter une réponse française, pérenne et responsable ». Il réaffirme sa « pleine détermination » à trouver une solution « conforme au droit français et au bien-être animal ». Sans dire laquelle. Affaire à suivre donc…

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Les quatre dauphins de Marineland appartenant encore à Parques Reunidos seront transférés à l'Oceanogràfic de Valence dans les prochains mois, une fois l'arrivée des bélugas canadiens terminée.

    Likely · Within months

  • Le dossier concernant le transfert des orques Wikie et Keijo vers le Loro Parque de Tenerife restera bloqué tant qu'aucun accord ne sera trouvé entre l'État français et les gouvernements espagnol et régional des Canaries.

    Likely · Within months

  • Les associations de protection animale vont intensifier leur campagne pour que les dauphins soient transférés vers un sanctuaire marin en Italie plutôt qu'en Espagne, en citant le coût inférieur et l'authenticité de cette solution.

    Possible · Within weeks

Open Questions

  • Quel sera le sort définitif des quatre dauphins de Marineland destinés initialement à Valence et des orques Wikie et Keijo destinées à Tenerife ?
  • Le gouvernement français va-t-il proposer une solution nationale ou financer des sanctuaires marins comme alternative aux delphinariums étrangers ?
  • Les soigneurs de Marineland et Planète sauvage seront-ils repris par d'autres établissements en cas de transfert définitif des animaux ?
  • Quel impact cette situation aura-t-elle sur la législation française concernant la captivité des cétacés à long terme ?

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This article was originally published by 20 Minutes.

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