Wildlife Photographer of the Year 2026 : les finalistes français et les images marquantes du concours
Quick Look
- Le concours Wildlife Photographer of the Year 2026, organisé par le Museum d’histoire naturelle de Londres, révèle ses finalistes, dont les jumeaux français Andrea et Maceo Grammatico ayant photographié un bothrops asper piqué par un moustique au Costa Rica.
- Parmi les autres images sélectionnées figurent un ours polaire inspectant un trou de phoque au Svalbard, un caméléon dans le désert du Namib en Namibie, une volée de queleas à bec rouge au parc national de Tsavo-Est au Kenya, des sauterelles mimétiques en Équateur, un banc de carangues aux Seychelles et un ours noir dans une piscine résidentielle à Los Angeles.
- L’exposition officielle ouvrira le 16 octobre à Londres, suivie d’un ouvrage le 15 octobre.
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Why It Matters
Le Wildlife Photographer of the Year est un concours annuel organisé par le Museum d’histoire naturelle de Londres, récompensant les meilleures photographies de nature et de biodiversité à travers le monde.
Organisé chaque année par le Museum d’histoire naturelle de Londres, le concours Wildlife Photographer of the Year reste la référence absolue de la photographie animalière. Pour cette édition 2026, des dizaines de milliers de clichés venus des quatre coins du globe ont été envoyés par de simples passionnés comme par de grands professionnels de l’objectif. Et, cocorico, parmi les finalistes figurent les jumeaux français qui ont immortalisé un bothrops asper, un serpent très venimeux et roi du camouflage, se faisant piquer par un moustique.
Au-delà de la claque visuelle, l’événement rappelle la beauté fragile de notre planète. Les photos retenues cette année ne se contentent pas de saisir un instant d’une grâce absolue ; elles témoignent aussi des menaces directes qui pèsent sur la biodiversité et le climat. Un mélange de poésie et de militantisme visuel qui fait la signature du prix.
Les gagnants du concours seront révélés le 13 octobre mais pour découvrir les tirages des 100 meilleures images, il faudra attendre l’exposition officielle à partir du 16 octobre à Londres. Un ouvrage (ed. Biotope) sortira le 15 octobre avec l’ensemble des photos finalistes.
Dans cette photo prise à Bushy Park à Londres, on peut voir un exemple parfait de biomimétisme, qui consiste à apprendre de la nature pour développer et améliorer nos propres inventions. Par exemple, le martinet commun (apus apus) possède des ailes incurvées qui lui permettent de voler efficacement, tout en améliorant sa vitesse et son agilité. Des avions ont été développés avec des caractéristiques similaires telles que des ailettes, des volets, pour améliorer leur efficacité. Jack Crockford explique : « J’avais cette image en tête, mais je n’aurais jamais pensé que ce serait possible, jusqu’à ce que cela se produise. Quelques secondes après avoir pris la photo, j’ai regardé l’écran de mon appareil photo, réalisant que je l’avais capturée exactement comme je l’avais imaginé. »
Un ours polaire regarde un phoque qui respire, vu du point de vue des phoques, dans la glace dérivante au nord du Svalbard (archipel norvégien) à presque 83 degrés nord.
Le photographe norvégien Audun Rikardsen a construit un dispositif submersible pour maintenir son appareil photo à 1,5 mètre à l’aplomb d’un trou creusé dans la banquise. En août 2025, sur la banquise au nord du Svalbard, il a repéré des traces d’ours polaire près d’un trou de phoque. Après huit heures d’attente, l’ours polaire s’est approché et a fini par inspecter le trou.
Les jumeaux français Andrea et Maceo Grammatico ont pris cette photo de bothrops asper au Costa Rica. Ils racontent : « Quoi de mieux pour démarrer notre série de photos sur le Costa Rica qu’avec l’emblématique bothrops asper. Il s’avère que nous, les humains, ne sommes pas les seuls à avoir affaire à des moustiques… Ce serpent était en train de se faire mordre pendant que nous prenions la photo. Le bothrops asper est l’un des serpents les plus répandus au Costa Rica. Au cours de notre voyage, nous avons eu la chance de rencontrer plusieurs d’entre eux. Ces serpents sont aussi fascinants que dangereux. En fait, ils sont responsables du plus grand nombre de décès par morsure de serpent en Amérique centrale chaque année. Grâce à sa coloration cryptique, le bothrops asper se fond parfaitement dans la litière de feuilles et devient presque invisible pour un œil non averti. Ce camouflage exceptionnel, combiné à son abondance et à sa proximité avec les établissements humains, explique pourquoi tant de rencontres accidentelles, et donc de morsures, surviennent chaque année. »
Le Namib est une vaste zone désertique sableuse en grande partie dépourvue de végétation au sud-ouest de la Namibie. Près de la côte, les précipitations annuelles moyennes ne dépassent pas 10 mm, et plusieurs années peuvent s’écouler entre deux averses. Le vent venait de se lever alors que Dewald Tromp photographiait ce caméléon. « En quelques secondes, on ne distinguait plus rien à quelques mètres », se souvient-il. Il était également devenu difficile de respirer. Contrairement au reptile, Dewald a pu se réfugier dans le confort d’un 4x4, où il a passé la soirée à retirer le sable incrusté dans son équipement.
Dans la lumière dorée de la fin d’après-midi, une immense volée de queleas à bec rouge descend s’abreuver à un point d’eau du parc national de Tsavo-Est, dans le sud du Kenya. Pour Bence Mate, l’observation de cette masse tourbillonnante d’oiseaux était à couper le souffle : « On pouvait sentir le souffle provoqué par des dizaines de milliers d’ailes battant à l’unisson, même à une distance 30 m. […] C’était une rare convergence d’éléments, un mélange d’échelle, de mouvement et de lumière qui a créé une image inoubliable. »
La population mondiale de queleas est estimée à 1,5 milliard d’individus, ce qui en fait l’oiseau sauvage le plus abondant de la planète.
Les forêts tropicales qui entourent le volcan Sumaco, en Équateur, sont classées en réserve de biosphère de l’Unesco. On y trouve certaines sauterelles qui passent leur vie au milieu des enchevêtrements de lichens suspendus aux arbres et aux arbustes. Ces insectes se nourrissent exclusivement de lichens et, comme une illustration de l’adage « on est ce que l’on mange », ils ont évolué pour imiter leur plante nourricière dans les moindres détails.
Gil Wizen se confie sur cette spectaculaire image : « En visitant la forêt tropicale, j’ai eu la chance de rencontrer un "petit dragon des lichens". Les lichenodraculus sont assez rares, à en juger par les quelques informations les concernant dans la nature. Ils vivent et se nourrissent exclusivement de lichens, et la forme de leur corps et leurs couleurs ont évolué pour imiter parfaitement l’apparence des lichens, leur offrant un excellent camouflage dans cet habitat. »
Un banc de carangues à gros yeux se rassemble au large de l’île d’Arros, aux Seychelles, alors que le jour se lève et qu’une tempête se déchaîne au loin. Cette espèce, très prisée par les pêcheurs, peut atteindre 18 kg et fait l’objet d’une pêche intensive dans les eaux tropicales des océans Indien et Pacifique.
En 2023, les eaux entourant l’île d’Arros ont été classées en aire marine protégée (AMP), l’une des 13 créées par le gouvernement des Seychelles, et désignées comme zones d’interdiction de pêche. Des recherches ont démontré que les AMP ont des effets positifs sur la faune marine mondiale, augmentant dans certains cas la biodiversité marine de 45 %.
Le photographe Shane Gross raconte : « J’ai remarqué ce banc de poissons près du rivage tous les matins au lever du soleil. J’ai donc vérifié les prévisions météorologiques et je suis rentré à l’aube dès que le vent s’est calmé. J’espérais prendre une photo du poisson reflété sur la surface calme, mais j’ai vu la tempête approcher et l’arc-en-ciel qu’elle produisait. »
Un ours noir s’est arrêté pour piquer une tête dans une piscine dans un quartier résidentiel du comté de Los Angeles (États‑Unis). C’est un phénomène courant dans cette région où les lotissements se sont étendus jusqu’au pied des montagnes de San Gabriel, là où vivent les ours. Bien que les attaques contre les humains soient extrêmement rares, tout le monde n’apprécie pas ces rencontres avec les ours. Les conflits entre l’homme et la faune sauvage se multiplient dans la région : en raison des sécheresses et des feux de forêt de plus en plus extrêmes, les ours tendent à se rapprocher des zones habitées lorsque les ressources naturelles se font rares.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
L’exposition officielle à Londres attirera un grand nombre de visiteurs dès son ouverture le 16 octobre.
Likely · Within weeks
L’ouvrage publié par Biotope le 15 octobre connaîtra un bon accueil auprès des amateurs de photographie et de nature.
Possible · Within weeks
Open Questions
- Quels sont les critères exacts de sélection des 100 meilleures images ?
- Quel sera l’impact de l’exposition sur la sensibilisation publique aux enjeux environnementaux ?
- Les jumeaux Grammatico prévoient-ils de poursuivre leur série sur la faune du Costa Rica ?

