La CNCDH demande la fin des espaces "no kids"
Quick Look
- La CNCDH appelle à interdire les espaces "no kids", jugés discriminatoires.
- La SNCF avait créé une classe "Optimum" réservée aux adultes, suscitant une vive polémique.
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Why It Matters
La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) appelle à interdire les espaces "no kids" qui se multiplient. La SNCF avait créé une classe "Optimum" réservée aux adultes, déclenchant une polémique.
Trop c’est trop. Alors que depuis plusieurs années les espaces interdits aux enfants, ou «no kids», se multiplient, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) appelle, dans un avis remis à la haute-commissaire à l’Enfance ce lundi, à mettre à terme un cette pratique. Une proposition choc, qui vise à avancer sur un sujet qui avait fait polémique, il y a quelques mois.
Si le phénomène existe depuis plusieurs années, une nouvelle étape a en effet été franchie fin janvier, quand la SNCF a annoncé la création d’une nouvelle classe «Optimum» réservée aux adultes. Justification de l’entreprise ferroviaire : «Garantir un maximum de confort à bord.» Cette décision a créé un fort émoi et poussé la haute-commissaire à l’Enfance à saisir la CNCDH, afin de réfléchir à ce «phénomène préoccupant d‘exclusion plus générale des enfants de l’espace public en raison de leur âge, et à ses conséquences en termes de respect des droits», explique le rapport, dévoilé à l’issue d’un travail de consultation.
De son côté, la Haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry se montre nettement plus vindicative envers la pratique. Celle-ci «est discriminatoire. Faire une distinction fondée sur l’âge, c’est une infraction pénale. À partir du moment où on ne peut discriminer personne, comme les femmes et les personnes âgées, on ne discrimine pas non plus les enfants», a-t-elle pointé au micro de RMC, ce lundi. Elle estime donc qu’il s’agit là d’une «discrimination qui tombe sous le coup de la loi».
Un phénomène nouveau en France
Plus largement, derrière cette question se pose celle du type de société auquel les Français aspirent, estime l’ancienne ministre. «Le débat sur le No Kids dépasse largement quelques établissements. Il pose une question simple : quelle société voulons-nous transmettre ? Une société qui s’adapte aux enfants ou une société qui demande aux enfants de disparaître ? Mon choix est clair : une République qui fait une place à tous ses enfants !», souligne Sarah El Haïry. Et d’ajouter qu’à «force de vouloir des lieux sans enfants, nous finirons par construire une société sans enfance. Ce serait une faute collective.»
La question de l’exclusion des enfants de certains espaces est encore un phénomène relativement récent. Selon la Commission des droits de l’Homme, le phénomène est «encore peu développé» en France par rapport à d’autres pays au vieillissement plus prononcé comme la Corée du Sud. Mais ici comme ailleurs, il est en pleine progression. Or, s’il est normal que les plus jeunes aient un statut spécifique avec des libertés en moins par rapport aux adultes, celles-ci ne peuvent se justifier que dans «l’intérêt supérieur de l’enfant». Cela vaut notamment pour l’accès à certains contenus (films, jeux...). Dans certains cas, elles peuvent même aller jusqu’à restreindre la liberté d’aller et venir. Mais cet objectif de sécuriser l’enfant est rarement le moteur de la mise en place des zones «no kids». Au contraire, l’institution y voit plutôt «un symptôme de ce que certains qualifient de domination adulte ou d’adultisme. Celle-ci repose sur un ensemble de préjugés fondant un système de discriminations envers les enfants au motif de leur jeune âge.»
Ainsi la CNCDH relève un paradoxe «selon lequel, d’un côté il existe une inquiétude accrue par rapport à la baisse de la natalité et de l’autre une intolérance croissante envers les enfants au point que le constat est unanime : la présence des enfants dans l’espace public s’est considérablement réduite depuis une quarantaine d’années.» Et le texte de citer des exemples comme le déplacement d’aires de jeux ou de jardins publics à la suite de plaintes des riverains.
Inverser la tendance
Il est donc urgent d’inverser la tendance, estime la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, qui propose une série de recommandations afin de mieux intégrer les plus jeunes. D’abord, «interdire les espaces no kids lorsqu’ils ne sont pas justifiés par la nécessité de protéger l’enfant.» En parallèle, l’institution propose de rendre l’espace public plus accueillant pour les enfants en réduisant la vitesse de la circulation automobile, ou encore en mettant en place des campagnes de sensibilisation du grand public afin d’améliorer la tolérance et la cohabitation intergénérationnelle.
Open Questions
- Quelles seront les conséquences de cette interdiction ?
- Comment sera appliquée la loi ?
- D'autres entreprises suivront-elles ?




